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4-Harry Potter et la Coupe de Feu

 
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zakaria
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MessagePosté le: Mer 1 Juin - 15:59 (2011)    Sujet du message: 4-Harry Potter et la Coupe de Feu Répondre en citant

Extrait 1:

"Les habitants de Little Hangleton l'appelaient toujours la maison des « Jeux du sort », même
s'il y avait de nombreuses années que la famille Jedusor n'y vivait plus. Elle se dressait au
sommet d'une colline dominant le village, certaines de ses fenêtres condamnées par des
planches, le toit dépourvu de tuiles en plusieurs endroits, la façade envahie d'un lierre épais
qui poussait en toute liberté. Autrefois, le manoir avait eu belle apparence, c'était sans nul
doute le plus grand et le plus majestueux édifice à des kilomètres à la ronde mais, à présent, la
maison des « Jeux du sort » n'était plus qu'une bâtisse humide, délabrée, déserte.
Les villageois s'accordaient à dire que la maison faisait « froid dans le dos ». Un demi-siècle
plus tôt, un événement étrange et terrifiant s'y était produit, quelque chose que les plus
anciens du village se plaisaient encore à évoquer lorsqu'il n'y avait rien de plus récent pour
alimenter les potins. L'histoire avait été racontée tant de fois, enjolivée si souvent, que plus
personne n'aurait su dire où était vraiment la vérité. En tout cas, toutes les versions du récit
commençaient de la même manière : cinquante ans plus tôt, à l'aube d'une belle matinée d'été,
alors que la maison de la famille Jedusor était encore une imposante résidence soigneusement
entretenue, une servante était entrée dans le grand salon et y avait trouvé les cadavres des trois
Jedusor.
La servante s'était précipitée au village et avait alerté à grands cris tous ceux qu'elle
rencontrait sur son passage.
– Ils sont allongés par terre les yeux grands ouverts ! Froids comme la glace ! Encore habillés
pour le dîner !
On avait appelé la police et tout le village de Little Hangleton avait bouillonné d'une curiosité
indignée et d'une excitation mal déguisée. Personne, cependant, n'avait gaspillé sa salive à
déplorer la disparition des Jedusor qui n'avaient jamais suscité une grande sympathie alentour.
Mr et Mrs Jedusor, un couple âgé, étaient riches, arrogants, mal élevés, et leur fils déjà adulte,
Tom, se montrait encore pire que ses parents. Tout ce qui importait aux villageois, c'était de
connaître l'identité du meurtrier — le crime ne faisant aucun doute, car trois personnes
apparemment en bonne santé n'auraient pu mourir subitement de mort naturelle le même soir.
Au Pendu, le pub du village, le commerce avait bien marché, ce soir-là; tout le monde s'y était
rassemblé pour parler du triple meurtre. Et personne n'avait regretté d'avoir abandonné son
fauteuil au coin du feu lorsque, en plein milieu des conversations, la cuisinière des Jedusor
avait fait une entrée spectaculaire pour annoncer à l'assistance soudain silencieuse qu'un
homme du nom de Frank Bryce venait d'être arrêté.
– Frank ! s'étaient écriés plusieurs clients. C'est impossible !
Frank Bryce était le jardinier des Jedusor. Il vivait seul dans une maisonnette délabrée située
dans le domaine qui entourait le manoir. Frank était revenu de la guerre avec une jambe raide
et une profonde aversion pour la foule et le bruit. Depuis, il travaillait au service des Jedusor.
Tout le monde s'était précipité pour offrir à boire à la cuisinière et obtenir d'autres détails.
– J'ai toujours pensé qu'il était bizarre, avait-elle dit aux villageois pendus à ses lèvres, après
avoir vidé son quatrième verre de xérès. Pas très aimable, pour tout dire. Je crois même qu'il
ne m'est jamais arrivé de lui offrir la moindre tasse de thé. Il ne voulait pas se mêler aux
autres, jamais.
– Faut le comprendre, avait dit une femme accoudée au comptoir, Frank, il a beaucoup
souffert pendant la guerre. Maintenant, il aime bien être tranquille. Ce n'est pas pour ça qu'il
aurait...
– Et qui donc possédait la clé de la porte de service ? l'avait interrompue la cuisinière. Il y a
toujours eu une clé de cette porte dans la maison du jardinier ! Personne n'a forcé la serrure, la
nuit dernière ! Il n'y a pas de carreau cassé ! Tout ce que Frank a eu besoin de faire, c'était de
se glisser dans la maison pendant qu'on était tous en train de dormir...
Les villageois avaient alors échangé de sombres regards.
– Moi, je lui ai toujours trouvé l'air mauvais, avait grogné un homme au comptoir.
– La guerre lui a fait un drôle d'effet, si vous voulez mon avis, avait ajouté le patron du pub.
– Je te l'ai souvent dit que j'aimerais mieux ne jamais l'a voir contre moi, pas vrai, Dot ? avait
lancé une femme surexcitée, assise dans un coin.
– Un caractère épouvantable, avait approuvé la dénommée Dot en hochant vigoureusement la
tête. Je me souviens, quand il était petit...
Lé lendemain matin, il n'y avait quasiment plus personne, à Little Hangleton, pour douter que
Frank Bryce fût bel et bien l'assassin des Jedusor.
Mais dans la ville voisine de Great Hangleton, dans le poste de police sombre et miteux où il
était interrogé, Frank répétait obstinément, inlassablement, qu'il était innocent et que la seule
personne qu'il avait vue s'approcher de la maison, le jour de la mort des Jedusor, était un jeune
homme pâle aux cheveux bruns, étranger au village. Personne d'autre n'avait vu ce garçon et
la police était persuadée que Frank l'avait tout simplement inventé.
Puis, au moment où la situation devenait vraiment grave pour Frank, les conclusions de
l'autopsie pratiquée sur les cadavres des Jedusor étaient arrivées et avaient tout bouleversé.
La police n'avait jamais lu un rapport aussi étrange. Une équipe de médecins légistes avait
examiné les corps et en avait conclu qu'aucun des trois membres de la famille Jedusor n'avait
été ni empoisonné, ni poignardé, ni tué avec une arme à feu, ni étranglé, ni étouffé.
Apparemment, personne ne leur avait fait le moindre mal. Pour tout dire, concluait le rapport
sur un ton qui ne cherchait pas à dissimuler la stupéfaction de ses auteurs, les Jedusor
paraissaient en parfaite santé — en dehors du fait qu'ils étaient morts. Les médecins notaient
toutefois (comme s'ils avaient voulu à tout prix trouver quelque chose d'anormal) que les
Jedusor avaient tous les trois sur le visage une expression de terreur — mais, comme l'avaient
fait remarquer les policiers passablement contrariés, qui donc avait jamais entendu dire qu'on
puisse provoquer la mort simultanée de trois personnes en se contentant de leur faire peur ?
Comme il n'existait aucune preuve d'assassinat, la police avait dû relâcher Frank. On avait
enterré les Jedusor dans le cimetière de Little Hangleton, derrière l'église, et leurs tombes
étaient restées pendant longtemps un objet de curiosité. A la grande surprise de tous, et dans
une atmosphère de suspicion, Frank Bryce était retourné vivre dans sa maisonnette, sur le
domaine qui entourait la résidence des Jedusor.
– Si vous voulez mon avis, c'est lui l'assassin et je me fiche bien de ce que dit la police, avait
commenté Dot au pub du Pendu. Et s'il avait un peu de décence, il partirait d'ici. Il sait bien
que tout le monde est au courant que c'est lui qui les a tués.
Mais Frank n'était pas parti. Il avait continué à s'occuper du jardin pour le compte de la
famille qui avait racheté la maison des Jedusor, puis pour la famille qui lui avait succédé —
car personne n'y restait bien longtemps. Peut-être était-ce en partie à cause de Frank que
chaque nouveau propriétaire affirmait se sentir mal à l'aise dans cet endroit qui, en l'absence
d'occupants, avait commencé à tomber en ruine."

  
  


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MessagePosté le: Mer 1 Juin - 15:59 (2011)    Sujet du message: Publicité

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MessagePosté le: Mer 1 Juin - 16:06 (2011)    Sujet du message: 4-Harry Potter et la Coupe de Feu Répondre en citant

Extrait 2:

"Le minuscule professeur Flitwick, qui enseignait les enchantements, était assis sur une épaisse
pile de coussins, à côté de Mrs Chourave, professeur de botanique, qui portait un chapeau
posé de travers sur ses cheveux gris en désordre. Elle bavardait avec le professeur Sinistra,
chargée de l'astronomie. De l'autre côté, on apercevait le visage cireux, au nez busqué, de
Rogue, le maître des Potions — la personne que Harry aimait le moins, à Poudlard. Son
aversion pour Rogue n'avait d'égale que la haine de celui-ci envers Harry, une haine qui — si
c'était possible — s'était encore intensifiée l'année précédente, lorsque Harry avait aidé Sirius
Black à s'enfuir sous le gros nez de Rogue. Rogue et Sirius étaient ennemis depuis l'époque où
ils avaient été eux-mêmes élèves à Poudlard.
A côté de Rogue, il y avait une chaise vide, qui devait être celle du professeur McGonagall.
Au centre de la table, vêtu de sa magnifique robe de sorcier vert foncé brodée d'étoiles et de
lunes, était assis le professeur Dumbledore, le directeur du collège, ses longs cheveux et sa
barbe argentés scintillant à la lumière des chandelles. Dumbledore avait joint ses longs doigts
fins sous son menton et contemplait le plafond à travers ses lunettes en demi-lune, comme
perdu dans ses pensées. Harry leva également les yeux vers le plafond enchanté qui
reproduisait exactement l'aspect du ciel au-dehors. Jamais Harry ne l'avait vu aussi sombre et
orageux. Des nuages noirs et pourpres s'y entremêlaient et, lorsqu'un coup de tonnerre retentit
au-dessus du château, un éclair fourchu traversa le plafond magique.
– Bon, ils se dépêchent, oui, grommela Ron, à côté de Harry. J'ai tellement faim que je
pourrais manger un hippogriffe.
Il avait à peine achevé sa phrase que les portes de la Grande Salle s'ouvrirent et le silence se
fit. Le professeur McGonagall entra, à la tête d'une longue file d'élèves de première année
qu'elle amena au bout de la salle, près de la table des professeurs. Si Harry, Ron et Hermione
étaient mouillés, ce n'était rien comparé au spectacle qu'offraient les malheureux nouveaux.
On aurait dit qu'ils avaient traversé le lac à la nage plutôt qu'en barque. Lorsqu'ils se mirent en
rang face aux autres élèves, tous frissonnaient de froid et d'anxiété. Tous, sauf un : un garçon
aux cheveux clairs et ternes, plus petit que les autres, enveloppé dans le manteau en peau de
taupe de Hagrid. Le manteau était si grand pour lui qu'il paraissait enroulé dans une tente de
fourrure. Son visage, qui dépassait tout juste du col, exprimait une telle excitation qu'elle en
paraissait presque douloureuse. Quand il eut rejoint le rang de ses camarades terrorisés, le
garçon croisa le regard de Colin Crivey, leva le pouce par deux fois et ses lèvres formèrent
silencieusement les mots : « Je suis tombé dans le lac ! », ce qui semblait le plonger dans la
plus totale félicité.
Le professeur McGonagall posa alors sur le sol un tabouret à trois pieds et y plaça un très
vieux chapeau de sorcier, sale et rapiécé. Les nouveaux élèves, comme les anciens,
l'observèrent attentivement. Pendant un moment, il y eut un grand silence. Puis une déchirure
dans l'étoffe élimée du chapeau, tout près du bord, s'ouvrit comme une bouche et le chapeau
se mit à chanter :
Voici un peu plus de mille ans,
Lorsque j'étais jeune et fringant,
Vivaient quatre illustres sorciers
Dont les noms nous sont familiers :
Le hardi Gryffondor habitait dans la plaine,
Poufsouffle le gentil vivait parmi les chênes,
Serdaigle le loyal régnait sur les sommets,
Serpentard le rusé préférait les marais.
Ils avaient un espoir, un souhait et un rêve,
Le projet audacieux d'éduquer des élèves,
Ainsi naquit Poudlard
Sous leurs quatre étendards.
Chacun montra très vite
Sa vertu favorite
Et en fit le blason
De sa propre maison.
Aux yeux de Gryffondor, il fallait à tout âge
Montrer par-dessus tout la vertu de courage,
La passion de Serdaigle envers l'intelligence
Animait son amour des bienfaits de la science,
Poufsouffle avait le goût du travail acharné,
Tous ceux de sa maison y étaient destinés,
Serpentard, assoiffé de pouvoir et d'action,
Recherchait en chacun le feu de l'ambition.
Ainsi, tout au long de leur vie,
Ils choisirent leurs favoris,
Mais qui pourrait les remplacer
Quand la mort viendrait les chercher ?
Gryffondor eut l'idée parfaite
De me déloger de sa tête,
Les quatre sorciers aussitôt
Me firent le don d'un cerveau
Pour que je puisse sans erreur
Voir tout au fond de votre coeur
Et décider avec raison
Ce que sera votre maison.
Lorsque le Choixpeau magique eut fini sa chanson, la Grande Salle éclata en
applaudissements.
– Ce n'est pas la même que celle qu'il a chantée pour notre première année, dit Harry en
applaudissant avec les autres.
– Il en chante une différente chaque fois, dit Ron. Ça ne doit pas être très drôle, comme vie,
d'être un chapeau. J'imagine qu'il doit passer toute l'année à préparer la prochaine chanson.
Le professeur McGonagall déroulait à présent un grand rouleau de parchemin.
– Quand j'appellerai votre nom, vous mettrez le chapeau sur votre tête et vous vous assiérez
sur le tabouret, dit-elle aux nouveaux. Lorsque le chapeau annoncera le nom de votre maison,
vous irez prendre place à la table correspondante. Je commence : Ackerley, Stewart !
Un garçon s'avança, tremblant de la tête aux pieds, prit le Choixpeau, le posa sur sa tête et
s'assit sur le tabouret.
– Serdaigle ! cria le Choixpeau.
Stewart Ackerley ôta le chapeau et se précipita à la table des Serdaigle, où tout le monde
l'applaudit. Harry aperçut Cho, l'attrapeuse de l'équipe des Serdaigle, qui accueillait le
nouveau avec des cris de joie. Pendant un instant, Harry éprouva l'étrange désir d'aller lui
aussi s'asseoir à leur table.
– Baddock, Malcolm !
– Serpentard !
Des acclamations enthousiastes retentirent à la table située de l'autre côté de la salle. Harry vit
Malefoy applaudir Baddock qui rejoignait les Serpentard. Harry se demanda si Baddock
savait que Serpentard avait produit plus d'adeptes de la magie noire qu'aucune autre maison.
Fred et George sifflèrent Baddock lorsqu'il s'assit à la table.
– Branstone, Eleanor !
– Poufsouffle !
– Cauldwell, Owen !
– Poufsouffle !
– Crivey, Dennis !
Le minuscule Dennis Crivey s'avança d'un pas titubant, se prenant les pieds dans le manteau
de Hagrid, tandis que Hagrid lui-même entrait dans la Grande Salle en se glissant par une
porte située derrière la table des professeurs. A peu près deux fois plus grand qu'un homme
normal et au moins trois fois plus large, Hagrid, avec sa barbe et ses cheveux noirs et hirsutes,
avait l'air un peu inquiétant — mais c'était une apparence trompeuse : Harry, Ron et Hermione
savaient qu'au contraire il était d'une nature particulièrement généreuse. Il leur lança un clin
d'oeil en s'asseyant au bout de la table des professeurs et regarda Dennis Crivey coiffer le
Choixpeau magique. La déchirure, près du bord, s'ouvrit largement :
– Gryffondor ! s'écria le Choixpeau.
Hagrid applaudit en même temps que les élèves de Gryffondor lorsque Dennis Crivey, le
visage rayonnant, ôta le Choixpeau magique, le reposa sur le tabouret et se hâta d'aller
s'asseoir à la table où se trouvait déjà son frère.
– Colin, je suis tombé dedans ! s'exclama-t-il d'une voix perçante en se jetant sur une chaise
vide. C'était formidable ! Et il y a quelque chose dans l'eau qui m'a attrapé et m'a remis dans
le bateau !
– Super ! dit Colin du même ton enthousiaste. C'était sans doute le calmar géant !
– Wouaoh ! s'écria Dennis comme si on ne pouvait rêver mieux que de tomber dans les eaux
déchaînées d'un lac insondable et d'en être rejeté par un monstre aquatique.
– Dennis ! Dennis ! Tu vois ce garçon, là-bas ? Celui avec les cheveux noirs et les lunettes ?
Tu le vois ? Et tu sais qui c'est, Dennis ?
Harry détourna les yeux et fixa son regard sur le Choixpeau magique qui choisissait la maison
d'Emma Dobbs.
La Répartition se poursuivit. Garçons et filles, dont le visage exprimait divers degrés
d'appréhension, s'approchaient un par un du tabouret à trois pieds, la file diminuant lentement
à mesure que le professeur McGonagall avançait dans l'alphabet. Elle en était à présent aux
noms qui commençaient par un M."

 
 


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zakaria
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MessagePosté le: Mer 1 Juin - 16:08 (2011)    Sujet du message: 4-Harry Potter et la Coupe de Feu Répondre en citant

Extrait 3:

"Sirius envoyait des hiboux quotidiens, à présent. Comme pour Hermione, la seule chose
importante à ses yeux, c'était d'aider Harry à accomplir la dernière tâche. Dans chacune de ses
lettres, il lui rappelait que ce qui se passait hors de Poudlard ne relevait pas de sa
responsabilité et qu'il n'avait pas le pouvoir d'y changer quoi que ce soit.
Si véritablement Voldemort est en train de devenir plus puissant (écrivait-il),
mon souci prioritaire consiste à assurer ta sécurité. Il ne peut espérer mettre la
main sur toi tant que tu es sous la protection de Dumbledore mais ce n'est pas
une raison pour prendre des risques. Occupe-toi plutôt de sortir de ce labyrinthe
sans dommage, nous pourrons ensuite nous intéresser à d'autres sujets.
Harry se sentait de plus en plus nerveux à mesure qu'approchait le 24 juin, mais ce n'était rien
comparé à la panique qu'il avait éprouvée avant les deux tâches précédentes. D'abord, il était
sûr que, cette fois, il avait fait tout ce qui était en son pouvoir pour se préparer. Ensuite, c'était
la dernière épreuve et, quel qu'en soit le résultat, au moins le tournoi serait terminé, ce qui
constituerait un immense soulagement.
Au matin du jour où la troisième tâche devait avoir lieu, un grand vacarme s'élevait de la table
autour de laquelle les élèves de Gryffondor prenaient leur petit déjeuner. Lorsque les hiboux
postaux apparurent, l'un d'eux apporta à Harry une carte de Sirius pour lui souhaiter bonne
chance. C'était un simple morceau de parchemin plié en deux qui portait l'empreinte boueuse
d'une patte de chien, mais Harry y fut très sensible. Un hibou moyen duc déposa comme
d'habitude devant Hermione un exemplaire de La Gazette du sorcier. Elle déplia le journal,
jeta un coup d'oeil à la première page et recracha la gorgée de jus de citrouille qu'elle
s'apprêtait à avaler.
– Qu'est-ce qu'il y a ? demandèrent Harry et Ron d'une même voix.
– Rien, répondit précipitamment Hermione en essayant de cacher le journal.
Mais Ron fut plus rapide. Il le lui arracha des mains et lut la manchette.
– Ah non ! s'exclama-t-il. Pas aujourd'hui ! Cette vieille pie !
– Quoi ? dit Harry. Encore Rita Skeeter ?
– Non, dit Ron.
Tout comme Hermione, il essaya de cacher le journal.
– On parle de moi ? demanda Harry.
– Non, répondit Ron, d'un ton qui ne pouvait convaincre personne.
Mais avant que Harry ait eu le temps de réclamer le journal, Malefoy, assis à la table des
Serpentard, s'écria à travers la Grande Salle :
– Hé, Potter ! Potter ! Comment ça va, la tête ? Tu te sens bien ? J'espère que tu ne vas pas
piquer ta crise !
Malefoy, lui aussi, avait à la main un exemplaire de La Gazette du sorcier. Avec des sourires
narquois, ses camarades se tortillaient sur leurs chaises pour mieux voir la tête de Harry.
– Laisse-moi lire, dit celui-ci à Ron. Donne-moi ça.
Bien malgré lui, Ron lui tendit le journal. Harry regarda la première page et se retrouva face à
sa propre photo, sous une manchette qui proclamait :
HARRY POTTER « PERTURBÉ ET DANGEREUX »
Le garçon qui a vaincu Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-
Nom est instable et potentiellement dangereux, écrit Rita
Skeeter, notre envoyée spéciale. Des témoignages alarmants
concernant l'étrange comportement de Harry Potter font douter
de sa capacité à participer à une compétition aussi exigeante
que le Tournoi des Trois Sorciers. On peut même se demander
s'il est véritablement apte à fréquenter l'école Poudlard.
La Gazette du sorcier est en mesure de révéler en exclusivité à
ses lecteurs que Potter est sujet à des évanouissements
réguliers et qu'on l'entend souvent se plaindre de douleurs à
la cicatrice qu'il porte au front (souvenir du mauvais sort par
lequel Vous-Savez-Qui a tenté de le tuer). Lundi dernier, en
pleine leçon de divination, l'envoyée spéciale de La Gazette du
sorcier a vu Potter quitter la classe en toute hâte en
affirmant que sa cicatrice lui faisait trop mal pour qu'il
puisse continuer à suivre le cours.
D'après des experts de l'hôpital Ste Mangouste pour les
maladies et blessures magiques, il est possible que le cerveau
de Potter ait été affecté par l'attaque de Vous-Savez-Qui et
que son insistance à se plaindre d'une douleur à sa cicatrice
soit en fait une manifestation de sa profonde confusion
mentale.
« Il pourrait même s'agir d'une simulation, déclare un
spécialiste, une façon d'attirer l'attention sur lui. »
La Gazette du sorcier a cependant découvert certains faits
inquiétants qu'Albus Dumbledore, le directeur de Poudlard, a
soigneusement cachés au public.
« Potter parle le Fourchelang, révèle Drago Malefoy, un élève
de quatrième année. Il y a deux ans, des élèves se faisaient
attaquer sans arrêt et nous étions nombreux à penser que
c'était lui le coupable. Surtout depuis qu'on l'avait vu se
mettre en colère lors d'un club de duel et envoyer un serpent
sur un de ses camarades. L'affaire a été étouffée, bien
entendu. Mais il a également noué des liens d'amitié avec des
loups-garous et des géants. Il serait prêt à n'importe quoi
pour avoir la moindre parcelle de pouvoir. »
Le Fourchelang, qui donne la faculté de converser avec les
serpents, est depuis longtemps considéré comme une pratique de
magie noire. Et il est vrai que le plus célèbre expert en
Fourchelang de notre temps n'est autre que Vous-Savez-Qui en
personne. Un membre de la Ligue de défense contre la magie
noire, qui souhaite garder l'anonymat, déclare que, selon lui,
quiconque parle le Fourchelang devrait « faire l'objet d'une
enquête. Personnellement, j'aurais les plus grands soupçons à
l'égard de quelqu'un qui a la capacité de parler avec les
serpents. Les serpents sont en effet utilisés dans les pires
pratiques de la magie noire et sont historiquement associés aux
adeptes des forces du Mal ». De même, « quiconque recherche la
compagnie de créatures aussi malfaisantes que les loups-garous
et les géants a forcément un goût prononcé pour la violence ».
Albus Dumbledore devrait sans nul doute se demander s'il est
bien raisonnable qu'un garçon présentant une telle personnalité
soit autorisé à participer au Tournoi des Trois Sorciers.
Certains craignent en effet que Potter ait recours à la magie
noire dans une tentative désespérée pour remporter le tournoi,
dont la troisième tâche doit avoir lieu aujourd'hui même.
– On dirait qu'elle m'aime un peu moins qu'avant, dit Harry d'un ton léger en repliant le
journal.
A la table des Serpentard, Malefoy, Crabbe et Goyle, hilares, se tapotaient la tempe de l'index,
faisaient des grimaces de déments et dardaient la langue à la manière d'un serpent.
– Comment a-t-elle su que ta cicatrice te faisait mal pendant le cours de divination ? s'étonna
Ron. Elle ne pouvait pas être là, elle ne pouvait pas entendre...
– La fenêtre était entrebâillée, dit Harry. C'est moi qui l'avais ouverte pour respirer.
– Vous étiez au sommet de la tour nord ! fit remarquer Hermione. Ta voix n'aurait pu porter
jusque dans le parc !
– C'est toi qui es censée mener des recherches sur les méthodes magiques pour écouter aux
portes ! répliqua Harry. Si on ne peut pas poser de micros à Poudlard, c'est à toi de me dire
comment elle fait pour cafarder dans son journal !
– J'ai essayé ! assura Hermione, mais je... mais...
Le visage d'Hermione prit soudain une étrange expression, un peu lointaine. Elle leva
lentement une main et passa les doigts dans ses cheveux.
– Ça va ? Tu te sens bien ? s'inquiéta Ron en fronçant les sourcils.
– Oui, répondit Hermione, dans un souffle.
Elle se passa une nouvelle fois les doigts dans les cheveux puis elle mit sa main devant ses
lèvres, comme si elle parlait dans un talkie-walkie invisible. Harry et Ron échangèrent un
regard.
– Je viens d'avoir une idée, dit Hermione, le regard vague. Je crois que je sais... Parce que
personne n'aurait pu voir.. Même pas Maugrey... Et elle aurait pu se mettre sur le rebord de la
fenêtre... Mais elle n'a pas le droit... elle n'a absolument pas le droit... Je crois qu'on la tient !
J'ai besoin de passer deux secondes à la bibliothèque, simplement pour être sûre !
Hermione prit son sac et se précipita hors de la Grande Salle.
– Attends ! lui cria Ron. On a un examen d'histoire de la magie dans dix minutes ! Alors, ça,
ajouta-t-il en se tournant vers Harry, elle doit vraiment la haïr, cette Rita Skeeter, pour risquer
d'être en retard à un examen. Qu'est-ce que tu vas faire pendant la classe de Binns ? Réviser ?
Comme champion du Tournoi des Trois Sorciers, Harry était dispensé d'examens et, pendant
que les autres se penchaient sur leurs copies, il restait au fond de la classe à étudier de
nouveaux maléfices qui pourraient lui servir dans la troisième tâche.
– Sans doute, répondit Harry.
Mais à cet instant, le professeur McGonagall s'avança vers la table des Gryffondor et
s'approcha de lui.
– Potter, dit-elle, les champions doivent se réunir dans la salle du fond juste après le petit
déjeuner.
– Mais la tâche n'a lieu que ce soir ! s'exclama Harry.
Il craignit soudain de s'être trompé dans les horaires et, sous le coup de l'émotion, renversa ses
oeufs brouillés sur sa robe.
– Je le sais très bien, Potter, mais les familles des champions sont invitées à assister à la
dernière tâche. Il s'agit simplement d'aller leur dire bonjour.
Elle s'en alla, laissant Harry bouche bée.
– Elle n'imagine quand même pas que les Dursley vont venir ici, non ? demanda-t-il à Ron,
l'air interdit.
– Je ne sais pas, répondit Ron. Excuse-moi, il faut que je me dépêche, je vais être en retard
chez Binns. A tout à l'heure.
Harry termina son petit déjeuner tandis que la Grande Salle se vidait. Il vit Fleur Delacour se
lever de la table des Serdaigle et rejoindre Cedric qui se dirigeait vers la salle du fond où ils
entrèrent ensemble. De sa démarche gauche, Krum alla les rejoindre quelques instants plus
tard. Mais Harry resta où il était. Il n'avait pas la moindre envie d'aller là-bas. Il n'avait pas de
famille — aucune famille, en tout cas, qui prendrait la peine de venir jusqu'ici pour le voir
risquer sa vie. Mais, au moment où il se levait en pensant qu'il ferait peut-être bien de se
rendre à la bibliothèque pour réviser un peu ses formules magiques, la porte du fond s'ouvrit
et Cedric passa la tête par l'entrebâillement.
– Harry, viens, ils t'attendent !
Stupéfait, il se dirigea vers la petite salle. Les Dursley n'étaient quand même pas venus à
Poudlard ! Il ouvrit la porte et entra. Cedric et ses parents étaient juste derrière. Viktor Krum
se trouvait à l'autre bout de la pièce et parlait en bulgare avec sa mère, une femme aux
cheveux bruns, et son père dont il avait hérité les traits. De l'autre côté, Fleur bavardait avec
sa mère qui tenait par la main sa petite soeur Gabrielle. Elle adressa un geste de la main à
Harry qui lui fit signe à son tour. Enfin, il vit Mrs Weasley et Bill, debout devant la cheminée.
Le visage rayonnant, ils s'avancèrent vers lui avec un grand sourire.
– Surprise ! s'exclama Mrs Weasley, l'air surexcité. On a pensé que ce serait une bonne idée
de venir te voir, Harry !
Elle se pencha et l'embrassa sur la joue."

 
 


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