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2-Harry Potter et la Chambre des Secrets

 
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zakaria
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MessagePosté le: Mer 1 Juin - 15:43 (2011)    Sujet du message: 2-Harry Potter et la Chambre des Secrets Répondre en citant

Nous poursuivons la lecture des extraits de la série Harry Potter. Aujourd'hui nous aborderons le deuxième roman intitulé "Harry Potter et la Chambre des Secrets"

Bonne lecture


Dernière édition par zakaria le Mer 1 Juin - 15:52 (2011); édité 1 fois
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MessagePosté le: Mer 1 Juin - 15:43 (2011)    Sujet du message: Publicité

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MessagePosté le: Mer 1 Juin - 15:46 (2011)    Sujet du message: 2-Harry Potter et la Chambre des Secrets Répondre en citant

Extrait 1:

"UN TRÈS MAUVAIS ANNIVERSAIRE
Ce n'était pas la première fois qu'une dispute éclatait au petit déjeuner dans la maison du 4, Privet Drive. Mr Vernon Dursley avait été réveillé à l'aube par un hululement sonore qui provenait de la chambre de son neveu Harry.
—C'est la troisième fois cette semaine ! hurlait-il. Si tu n'es pas capable de surveiller cette chouette, il faudra qu'elle s'en aille !
Harry tenta une fois de plus d'expliquer ce qui se passait.
—Elle s'ennuie, dit-il. Elle a l'habitude d'aller voler un peu partout. Si je pouvais au moins la laisser sortir la nuit.
—Tu me prends pour un imbécile ? ricana l'oncle Vernon. un morceau de jaune d'oeuf accroché dans sa grosse moustache touffue. Je sais bien ce qui arrivera si on laisse sortir cette chouette.
Il échangea un regard sombre avec Pétunia, son épouse.
Harry essaya de répondre quelque chose, mais un rot bruyant et prolongé étouffa ses paroles. C'était Dudley, le fils des Dursley.
—Je veux encore du lard, dit celui-ci.
—Il y en a dans la poêle, mon trésor adoré, dit la tante Pétunia en tournant un regard embué vers son énorme fils. Il faut qu'on te donne à manger pendant qu'il en est encore temps. Cette cantine du collège ne me dit rien qui vaille.
—Allons, Pétunia, c'est absurde, je n'ai jamais souffert de la faim quand moi-même j'étais au collège de Smeltings, dit l'oncle Vernon d'un ton convaincu. Tu as assez à manger, là-bas, n'est-ce pas fiston ?
Dudley qui était si gras que son derrière débordait de chaque côté de sa chaise, eut un sourire et se tourna vers Harry.
—Passe-moi la poêle, dit-il.
—Tu as oublié de prononcer le mot magique, répliqua Harry avec mauvaise humeur.
Cette simple phrase produisit un effet stupéfiant sur le reste de la famille : Dudley poussa un cri
étouffé et tomba de sa chaise dans un grand fracas qui ébranla toute la cuisine; Mrs Dursley laissa échapper un petit cri et plaqua ses mains contre sa bouche; quant à Mr Dursley. il se leva d'un bond, les veines de ses tempes battant sous l'effet de la fureur.
—Je voulais simplement dire « s'il te plaît ! » précisa Harry d'un ton précipité. Je ne pensais pas du tout à...
—QU'EST-CE QUE JE T'AI DIT ? tempêta son oncle en projetant sur la table un nuage de postillons. JE NE VEUX PAS QU'ON PRONONCE CE MOT DANS MA MAISON !
—Mais je...
—COMMENT AS-TU PU AVOIR L'AUDACE DE MENACER DUDLEY ! rugit l'oncle Vernon en martelant la table de son poing.
—J'ai simplement...
—JE T'AVAIS PRÉVENU ! J'INTERDIS QU'ON FASSE ALLUSION A TON ANORMALITÉ SOUS CE TOIT !
Harry regarda tour à tour le visage violacé de son oncle et celui de sa tante qui était devenue livide. Avec des gestes tremblants, elle s'efforça d'aider Dudley à se relever.
—D'accord, dit Harry. D'accord...
L'oncle Vernon se rassit en soufflant comme un rhinocéros prêt à charger et surveilla attentivement Harry du coin de ses petits yeux perçants.
Depuis qu'il était revenu à la maison pour les vacances d'été, l'oncle Vernon l'avait traité comme une bombe sur le point d'exploser. Harry, en effet, n'était pas un garçon normal. Pour tout dire, il était même difficile d'être aussi peu normal que lui.
Car Harry Potter était un sorcier—un sorcier qui venait de terminer sa première année d'études au collège Poudlard, l'école de sorcellerie. Et si les Dursley n'étaient pas très heureux de le revoir pendant les vacances, leur infortune n'était rien comparée à celle de Harry.
Poudlard lui manquait tellement qu'il avait l'impression de ressentir en permanence une douleur dans le ventre. Le château lui manquait, avec ses passages secrets, ses fantômes, ses cours (sauf peut-être celui de Rogue, le maître des potions), le courrier apporté par des hiboux, les banquets dans la Grande Salle, les nuits dans le lit à baldaquin du dortoir de la tour, les visites à Hagrid, le garde-chasse, qui habitait une cabane en lisière de la forêt
interdite, et surtout, le Quidditch, le sport le plus populaire dans le monde des sorciers (six buts, quatre balles volantes, quatorze joueurs évoluant sur des manches à balai).
Dès que Harry était rentré à la maison, l'oncle Vernon s'était empressé de ranger dans un placard sous l'escalier ses livres de magie, ses robes de sorcier, son chaudron, sa baguette magique et son balai haut de gamme, un Nimbus 2000. Peu importait aux Dursley que le manque d'entraînement fasse perdre à Harry sa place d'attrapeur dans l'équipe de Quidditch. Et peu leur importait qu'il ne puisse pas faire ses devoirs de vacances. Les Dursley étaient ce que les sorciers appellent des
Moldus, c'est-à-dire des gens qui n'ont pas la moindre goutte de sang magique dans les veines. Pour eux, avoir un sorcier dans la famille représentait une honte infamante. L'oncle Vernon avait exigé que la cage d'Hedwige, la chouette de Harry, soit cadenassée pour l'empêcher de porter quelque message que ce soit dans le monde des sorciers.
Harry ne ressemblait en rien au reste de la famille. L'oncle Vernon était grand, avec une énorme moustache noire et quasiment pas de cou. La tante Pétunia avait un visage chevalin et une silhouette osseuse. Dudley était blond, rosé et gras comme un porc. Harry, au contraire, était petit et maigre, avec de grands yeux verts étincelants et des cheveux d'un noir de jais qu'il n'arrivait jamais à coiffer. Il portait des lunettes rondes et une mince cicatrice en forme d'éclair marquait son front.
Cette cicatrice faisait de Harry un être exceptionnel, même pour un sorcier. Seule trace d'un passé mystérieux, ce petit éclair sur le front lui avait valu de se retrouver sur le perron des Dursley onze ans auparavant, alors qu'il n'était encore qu'un bébé.
A l'âge d'un an, Harry avait réussi à survivre au terrible maléfice que lui avait lancé le mage le plus redoutable de tous les temps, Lord Voldemort, dont le nom restait si effrayant que la plupart des sorcières et sorciers n'osaient pas le prononcer. Les parents de Harry avaient succombé à l'attaque de Voldemort, mais Harry avait survécu, avec pour seul souvenir cette cicatrice en forme d'éclair. Par un mystère que personne n'était jamais parvenu à éclaircir, les pouvoirs de Voldemort avaient été détruits à l'instant même où il avait tenté sans succès de tuer Harry.
Ainsi, Harry avait été élevé par la soeur de sa mère disparue et par son mari. Il avait passé dix ans chez les Dursley, en croyant ce que les Dursley lui avaient dit de ses parents, c'est-à-dire qu'ils s'étaient tués dans un accident de voiture, et sans jamais comprendre pourquoi, sans le vouloir, il provoquait toujours d'étranges phénomènes autour de lui.
Enfin, un an plus tôt exactement, le collège Poudlard lui avait écrit une lettre. La vérité lui avait alors été révélée et Harry avait pris sa place à l'école des sorciers où lui et sa cicatrice étaient déjà célèbres... Mais à présent, l'année scolaire était terminée et il était revenu passer l'été chez les Dursley où on avait recommencé à le traiter comme un chien qui aurait traîné dans un lieu malodorant.
Les Dursley ne se souvenaient même pas qu'aujourd'hui était le jour du douzième anniversaire de Harry. Bien sûr, il ne s'était pas attendu à des merveilles : jamais les Dursley ne lui avaient offert de véritable cadeau, encore moins de gâteau, mais de là à l'oublier complètement...
A cet instant, l'oncle Vernon s'éclaircit la gorge d'un air grave et dit :
—Comme vous le savez, aujourd'hui est un jour particulièrement important.
Harry leva la tête. Il osait à peine en croire ses oreilles.
—C'est peut-être le jour où je conclurai la plus belle affaire de ma carrière, dit l'oncle Vernon.
Harry recommença à manger son toast. Bien sûr. pensa-t-il avec amertume, l'oncle Vernon parlait de ce dîner idiot qui devait avoir lieu le soir même. Depuis quinze jours, il ne parlait plus que de ça. Un riche promoteur immobilier et sa femme devaient venir dîner et l'oncle Vernon espérait
décrocher une énorme commande (l'entreprise qu'il dirigeait fabriquait des perceuse et toute sorte d'appareils pour faire des trous).
—Je crois que nous ferions bien de revoir le programme une fois de plus, dit l'oncle Vernon. Nous devrons tous être à nos postes à huit heures précises. Pétunia, tu seras ?
—Dans le salon, répondit aussitôt la tante Pétunia. Prête à recevoir nos invités avec la distinction qui s'impose.
—Bien, très bien. Et toi, Dudley ?
—J'attendrai près de la porte pour leur ouvrir dès qu'ils auront sonné. Il ajouta d'une voix fausse et maniérée :
—Puis-je me permettre de vous débarrasser de vos manteaux, Mr et Mrs Mason ?
—Ils vont l'adorer ! s'exclama la tante Pétunia avec ravissement.
—Excellent, Dudley, approuva l'oncle Vernon. Il se tourna alors vers Harry.
—Et toi ?
—Je resterai dans ma chambre en silence et je ferai semblant de ne pas être là, répondit Harry d'une voix monocorde.
—Exactement, dit l'oncle Vernon d'un ton mauvais. Je les conduirai au salon, je te les présenterai, Pétunia, et je leur servirai l'apéritif. A huit heures quinze...
—J'annoncerai que le dîner est servi, dit la tante Pétunia.
—Et toi, Dudley, tu diras...
—Puis-je vous accompagner jusqu'à la salle à manger, Mrs Mason ? dit Dudley en offrant son bras grassouillet à une dame invisible.
—Mon parfait petit gentleman ! s'exclama la tante Pétunia avec émotion.
—Et toi ? dit l'oncle Vernon d'une voix méchante en se tournant vers Harry.
—Je resterai dans ma chambre en silence et je ferai semblant de ne pas être là, répondit sombrement Harry.
—Exactement. Maintenant, nous devrions préparer quelques compliments à leur servir au cours du dîner. Une idée, Pétunia ?
—Vernon m'a dit que vous étiez un joueur de golf exceptionnel, Mr Mason... Où donc avez-vous trouvé cette robe si merveilleusement élégante, Mrs Mason ?
—Parfait... Dudley ?
—Je pourrais dire : « On avait une rédaction à faire à l'école sur notre héros préféré, Mr Mason,
et c'est vous que j'ai choisi... »
C'en était trop, à la fois pour la tante Pétunia et pour Harry. Mrs Dursley fondit en larmes en serrant son fils contre elle, tandis que Harry plongeait sous la table pour cacher son fou rire.
—Et toi, mon garçon ?
Harry se redressa en s'efforçant de retrouver son sérieux.
—Je resterai dans ma chambre en silence et je ferai semblant de ne pas être là, dit-il.
—J'y compte bien ! lança l'oncle Vernon d'une voix forte. Les Mason ne connaissent pas ton existence et c'est très bien comme ça. Lorsque nous aurons fini de dîner, Pétunia, tu retourneras dans le salon avec Mrs Mason et j'orienterai la conversation sur les perceuses. Avec un peu de chance, j'aurai conclu le marché avant le dernier journal du soir. A la même heure demain matin, nous nous occuperons d'acheter une villa à Majorque.
Cette idée n'avait rien d'enthousiasmant pour Harry. Les Dursley ne seraient pas plus contents de le voir à Majorque qu'à Privet Drive.
—Bien, maintenant, je vais en ville chercher les vestes de smoking pour Dudley et moi. Et toi, lança-t-il à Harry, ne t'avise pas de déranger ta tante pendant qu'elle fait le ménage.
Harry sortit par la porte de derrière. Le ciel était clair, le soleil éblouissant. Il traversa la pelouse, se laissa tomber sur le banc du jardin et chanta à mi-voix : « Joyeux anniversaire, joyeux anniversaire, joyeux anniversaire, cher Harry... »
Pas de cartes de voeux, pas de cadeaux et en plus, il fallait qu'il passe la soirée à faire semblant de ne pas exister. Il contempla la haie d'un air abattu. Jamais Il ne s'était senti aussi seul. Ce qui manquait le plus à Harry, c'était ses amis de Poudlard, Ron Weasley et Hermione Granger. Ils lui manquaient plus que tout le reste, plus encore que les matches de Quidditch. Mais lui ne semblait pas leur manquer du tout. Ni l'un ni l'autre ne lui avait écrit, bien que Ron lui eût promis de l'inviter à passer quelques jours chez lui.
Très souvent, Harry avait songé à ouvrir la cage d'Hedwige en se servant d'une formule magique pour l'envoyer porter une lettre à Ron et à Hermione, mais le risque était trop grand. Les sorciers débutants n'avaient pas le droit de recourir à la magie en dehors du territoire de l'école, mais Harry n'en avait rien dit aux Dursley : seule la terreur d'être changés en scarabées les retenait de l'enfermer lui aussi sous l'escalier, dans le placard où étaient rangés sa baguette magique et son balai. Les quinze derniers jours, Harry s'était amusé à marmonner des mots sans suite en regardant Dudley s'enfuir aussi vite que pouvaient le porter ses grosses jambes
dodues. Mais le long silence de Ron et d'Hermione l'avait tellement coupé du monde de la magie qu'il en avait même perdu le goût de faire des farces à Dudley. Et pour couronner le tout, Ron et Hermione avaient même oublié son anniversaire."

 
 


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MessagePosté le: Mer 1 Juin - 15:48 (2011)    Sujet du message: 2-Harry Potter et la Chambre des Secrets Répondre en citant

Extrait 2:

"Octobre arriva, répandant un froid humide dans le château et ses alentours. Madame Pomfresh, l'infirmière, dut faire face à une épidémie de rhumes parmi les élèves et les enseignants. La
Pimentine, une potion qu'elle fabriquait elle-même, se révélait d'une efficacité fulgurante, mais elle avait pour effet secondaire de faire fumer les oreilles pendant plusieurs heures. Harcelée par Percy, Ginny Weasley, qui n'avait pas très bonne mine, fut forcée d'en prendre et la vapeur qui lui sortait de la tête, sous ses cheveux flamboyants, lui donnait l'air d'avoir pris feu.
Pendant des jours entiers, la pluie frappa à grosses gouttes les fenêtres du château. Le niveau du lac monta, les massifs de fleurs se transformèrent en mares de boue et les citrouilles de Hagrid eurent bientôt la taille d'une cabane à outils. L'enthousiasme d'Olivier Dubois pour les séances d'entraînement n'avait pas faibli, cependant, et c'est ainsi qu'un samedi après-midi particulièrement pluvieux, Harry rentra trempé et maculé de boue dans la tour de Gryffondor. C'était quelques jours avant Halloween.
Même en faisant abstraction de la pluie et du vent, la séance d'entraînement ne s'était pas bien passée. Fred et George qui avaient espionné l'équipe des Serpentard, avaient vu les performances des nouveaux Nimbus 2001. D'après eux, les Serpentard allaient si vite qu'on ne voyait plus d'eux que des traînées vertes qui sillonnaient les airs à la vitesse d'un avion.
Alors qu'il avançait dans le couloir désert avec ses chaussures boueuses, Harry croisa quelqu'un qui semblait aussi préoccupé que lui. Nick Quasi-Sans-Tête, le fantôme de la tour de Gryffondor, regardait par la fenêtre d'un air morose.
—Je ne remplis pas les conditions... marmonnait-il. Pour un centimètre...
—Bonjour, Nick, dit Harry.
—Bonjour, bonjour, répondit le fantôme qui sursauta et jeta un coup d'oeil autour de lui.
Il avait coiffé un magnifique chapeau à plume sur ses longs cheveux bouclés et portait un pourpoint orné d'une fraise qui dissimulait son cou presque entièrement tranché. Il était pâle comme un panache de fumée et Harry voyait au travers de son corps le ciel sombre d'où s'abattait une pluie torrentielle.
—Vous m'avez l'air bien soucieux, mon jeune Potter, dit Nick en repliant une lettre transparente qu'il rangea dans son vêtement.
—Vous aussi, dit Harry.
—Oh, ce n'est pas très important, répondit Nick Quasi-Sans-Tête avec un mouvement gracieux de la main. En fait, je n'avais pas tellement envie d'en faire partie. Bien sûr, j'ai envoyé ma candidature, mais il paraît que je ne remplis pas « les conditions requises ».
Malgré son ton léger, son visage exprimait une profonde amertume.
—Mais quand même, s'exclama-t-il soudain en sortant la lettre de sa poche, on pourrait penser que recevoir dans la nuque quarante-cinq coups d'une hache émoussée suffirait à vous faire admettre au club des Chasseurs sans tête, non ?
—Certainement, répondit Harry dont il attendait, de toute évidence, l'approbation.
—Personne plus que moi n'aurait souhaité que le travail soit fait proprement et que ma tête soit
tranchée net. Cela m'aurait épargné beaucoup de souffrance et de ridicule. Et pourtant...
Nick Quasi-Sans-Tête secoua sa lettre pour la déplier et lut d'un ton furieux :
Nous ne pouvons accepter dans notre club que des membres dont la tête a été complètement séparée du corps. Vous comprendrez bien que, dans le cas contraire, il nous serait impossible de participer à des activités telles que le lancer de tête à cheval, ou la course sans tête. J'ai donc le très profond regret de vous informer que vous ne remplissez pas les conditions requises pour être admis dans notre club. Nous vous prions d'agréer, etc... et c'est signé : Sir Patrick Delaney-Podmore.
Furieux, Nick Quasi-Sans-Tête fourra la lettre dans sa poche.
—Ma tête ne tient que par un centimètre de peau et de tendon, Harry ! Tout le monde penserait que j'ai été bel et bien décapité, eh bien, non ! Ce n'est pas encore assez pour ce monsieur Coupé-Court-Podmore.
Nick Quasi-Sans-Tête respira profondément à plusieurs reprises, puis il reprit d'un ton plus calme :
—Et vous, Harry, qu'est-ce qui vous tracasse ainsi ? Je peux faire quelque chose ?
—Non, répondit Harry. A moins que vous sachiez où nous pourrions nous procurer sept Nimbus 2001 pour notre match contre les Serp...
La fin de la phrase de Harry fut étouffée par un miaulement perçant qui retentit près de ses chevilles. Il regarda par terre et vit deux yeux jaunes qui brillaient comme des lampes. C'était Miss Teigne, la chatte grise et efflanquée qui jouait le rôle d'assistante d'Argus Rusard, le concierge, dans son implacable bataille contre les élèves de Poudlard.
—Vous feriez mieux de filer d'ici, Harry, dit précipitamment Nick. Rusard n'est pas de bonne humeur. Il a la grippe et des élèves de troisième année ont accidentellement projeté de la cervelle de crapaud au plafond du cachot n°5. Il a passé la matinée à tout nettoyer, alors, s'il voit que vous mettez de la boue partout...
—Vous avez raison, dit Harry en fuyant le regard accusateur de Miss Teigne.
Il ne fut pas assez rapide, cependant. Attiré par le mystérieux pouvoir qui semblait le lier à son horrible animal, Argus Rusard surgit soudain à travers une tapisserie, la respiration sifflante, le regard flamboyant. Sa tête était enveloppée dans une écharpe écossaise et son nez avait pris une teinte violette.
—De la saleté ! s'écria-t-il, les bajoues frémissantes, les yeux exorbités.
Il pointa du doigt la mare de boue qui s'était formée autour de Harry.
—Désordre et cochonneries ! J'en ai assez ! Suivez-moi, Potter !
La mine sombre, Harry adressa à Nick Quasi-Sans-Tête un signe de la main et suivit Rusard au rez-de-chaussée, ajoutant de nouvelles traces de pas boueuses à celles qui existaient déjà.
Harry n'avait encore jamais eu l'occasion d'entrer dans le bureau de Rusard. C'était un endroit que les élèves évitaient soigneusement. La pièce, misérable et dépourvue de fenêtres, était éclairée par une simple lampe à pétrole suspendue au plafond bas. Une vague odeur de poisson frit flottait dans l'air. Des placards en bois s'alignaient le long des murs, remplis de dossiers dans lesquels Rusard conservait le détail des punitions qu'il avait infligées aux élèves de Poudlard tout au long de sa carrière. Fred et George Weasley avaient droit à un casier entier pour eux tout seuls. Une collection de chaînes et de menottes soigneusement astiquées était accrochée au mur, derrière le bureau de Rusard. Il était de notoriété publique qu'il avait toujours demandé à Dumbledore l'autorisation de suspendre les élèves au plafond par les chevilles.
Rusard prit une plume et un morceau de parchemin qu'il étala devant lui.
—Allons-y... marmonna-t-il d'un air furieux, remplissons le formulaire... Nom : Harry Potter. Crime...
—N'exagérons rien, ce n'était qu'un peu de boue, coupa Harry.
—Pour vous, ce n'est qu'un peu de boue, mon garçon, mais pour moi, c'est une heure de plus passée à récurer vos saletés ! s'exclama Rusard. Nous disions donc, crime : souillure du château... Châtiment proposé...
La plume en l'air, Rusard lança un regard sournois à Harry qui attendait en retenant son souffle que tombe la sentence. Mais au moment où le concierge abaissa à nouveau sa plume, un grand BOUM ! juste au-dessus du bureau fit vaciller la lampe à pétrole suspendue au plafond.
—PEEVES ! s'écria Rusard en jetant sa plume dans un accès de rage. Cette fois, je t'aurai !
Et sans un regard vers Harry, Rusard se rua hors du bureau, Miss Teigne sur ses talons.
Peeves était l'esprit frappeur de l'école : une menace permanente qui flottait dans les airs en répandant sur son passage désordre et consternation. Harry n'aimait pas beaucoup Peeves mais il lui était reconnaissant de s'être manifesté en cet instant.
En attendant Rusard, Harry se laissa tomber dans le fauteuil mangé aux mites, devant le bureau. A côté du formulaire que le concierge n'avait pas fini de remplir, Harry vit une grosse enveloppe violette sur laquelle était écrit en lettres d'argent :
VITMAGIC Cours par correspondance pour sorciers débutants
Intrigué, Harry ouvrit l'enveloppe, retira le morceau de parchemin qu'elle contenait et Harry lut le texte qu'il avait sous les yeux :
Vous vous sentez déboussolé dans le nouveau monde de la magie ? Vous n'osez plus jeter de sort en public par peur de paraître ridicule ? Tout le monde éclate de rire quand on vous voit tenir votre baguette magique ? Il existe une solution à vos problèmes !
Suivait une longue description de la méthode proposée, accompagnée de témoignages enthousiastes. Fasciné, Harry jeta un coup d'oeil aux autres prospectus qu'il trouva dans l'enveloppe. Pourquoi donc Rusard voulait-il suivre un cours de magie par correspondance ?
Cela signifiait-il qu'il n'était pas un sorcier à part entière ? A ce moment, il entendit le pas du concierge dans le couloir. Harry remit aussitôt les prospectus dans l'enveloppe qu'il jeta sur le bureau à l'instant où la porte s'ouvrait. Rusard avait l'air triomphant.
—Cette armoire à disparaître avait une grande valeur ! dit-il à Miss Teigne d'un air joyeux. Cette fois-ci, ma mignonne, Peeves est coincé !
Il posa les yeux sur Harry puis sur l'enveloppe de la méthode VITMAGIC. Harry se rendit compte trop tard qu'il l'avait jetée à une bonne cinquantaine de centimètres de l'endroit où elle se trouvait auparavant.
Le visage d'ordinaire livide de Rusard vira au rouge brique. Harry se prépara à être submergé par une vague de fureur. Rusard saisit l'enveloppe d'un geste vif et la rangea dans un tiroir.
—Vous... Vous avez lu ? balbutia-t-il.
—Non, mentit Harry. Rusard se tordait les mains.
—Si j'avais pensé que vous liriez ma correspondance privée... D'ailleurs, ce n'est pas à moi... C'est pour un ami... Néanmoins... Cependant...
Harry le regardait avec inquiétude. Rusard n'avait jamais paru aussi en colère. Ses yeux lui sortaient de la tête et ses joues flasques étaient agitées de tics.
—Très bien... Dans ce cas... Sortez... Et pas un mot... Non pas que... Enfin, si vous ne l'avez pas lu... Allez-vous-en, il faut que j'écrive un rapport sur Peeves...
Stupéfait d'avoir une telle chance, Harry se précipita hors du bureau, fila le long du couloir et monta l'escalier quatre à quatre. Sortir du bureau de Rusard sans la moindre punition représentait sans doute un exploit unique dans l'histoire de l'école.
—Harry ! Harry ! Ça a marché ?
Nick Quasi-Sans-Tête sortit d'une salle de classe. Derrière lui, Harry vit les restes d'une grande armoire noir et or qui avait dû tomber de haut et s'était fracassée sur le sol.
—J'ai réussi à convaincre Peeves de la laisser tomber juste au-dessus du bureau de Rusard, dit Nick. J'espérais détourner son attention...
—C'était vous ? dit Harry avec reconnaissance. Oui, ça a très bien marché, je n'ai même pas eu de retenue. Merci, Nick !
Ils repartirent ensemble le long du couloir. Harry remarqua que Nick Quasi-Sans-Tête tenait toujours à la main la lettre de refus de Sir Patrick.
—J'aimerais bien faire quelque chose pour vous à propos de cette histoire de club... dit Harry.
Nick s'arrêta net. Surpris, Harry n'eut pas le temps de l'éviter et lui passa au travers. Il eut l'impression d'avoir franchi une cascade glacée.
—Il y a quelque chose que vous pouvez faire, s'exclama Nick d'une voix surexcitée. Harry... serait-ce trop vous demander de... Non, vous n'allez pas accepter...
—De quoi s'agit-il ?
—Le jour d'Halloween sera le cinq centième anniversaire de ma mort, dit Nick Quasi-Sans-Tête en se rengorgeant.
—Ah, dit Harry qui ne savait pas s'il devait avoir l'air joyeux ou désolé.
—A cette occasion, j'organise une petite fête dans le plus grand des cachots. Des amis viendront de tout le pays et ce serait pour moi un tel honneur si vous acceptiez de vous joindre à nous. Mr Weasley et Miss Granger seraient également les bienvenus, cela va sans dire. Mais je me doute que vous préférerez assister à la fête de l'école ? Il regarda Harry d'un air anxieux.
—Oh, non, dit aussitôt Harry, je serai ravi de venir...
—Ah, cher ami ! Harry Potter présent à l'anniversaire de ma mort ! Et...—Il hésita un instant, l'oeil brillant d'excitation—croyez-vous que vous pourriez éventuellement dire à Sir Patrick combien vous me trouvez impressionnant et même terrifiant ?
—Bien... Bien sûr...
Nick Quasi-Sans-Tête eut alors un sourire radieux.
—Un anniversaire de mort ? dit Hermione avec enthousiasme lorsque Harry fut redescendu dans la salle commune après s'être changé. Il ne doit pas y avoir beaucoup de vivants qui peuvent se vanter d'avoir assisté à ce genre de fête. Ça va être passionnant !
—Fêter l'anniversaire de sa mort, quelle idée ! bougonna Ron qui était en train de faire ses devoirs. Je ne vois pas ce que ça a de réjouissant !
La pluie continuait de marteler les fenêtres d'un noir d'encre. La salle commune, en revanche, était claire et chaleureuse. Le feu qui ronflait dans la cheminée répandait sa lumière dansante sur les élèves assis dans les fauteuils défoncés et occupés à lire, à bavarder ou à faire leurs devoirs. Fred et George, eux, se livraient à une curieuse expérience. Ils avaient donné à manger des pétards du Dr Flibuste à une salamandre et observaient le résultat avec attention.
Harry était sur le point de raconter à Ron et à Hermione ce qui s'était passé dans le bureau de Rusard, notamment sa découverte du prospectus de VITMAGIC, lorsque la salamandre s'éleva soudain dans les airs et se mit à tournoyer autour de la pièce en crachant des étincelles dans un bruit d'explosion assourdissant. Devant le spectacle de la salamandre entourée d'une pluie d'étoiles qui jaillissait de sa gueule et de Percy qui se déchaînait contre Fred et George en hurlant à s'en casser la voix, Harry oublia complètement le concierge et sa méthode VITMAGIC.
Lorsque arriva le jour d'Halloween, Harry regretta d'avoir promis un peu hâtivement d'assister à la fête de Nick Quasi-Sans-Tête. Les élèves de l'école se préparaient avec enthousiasme au grand festin qui allait les réunir. La Grande Salle était décorée avec des chauves-souris vivantes, les énormes citrouilles de Hagrid avaient été évidées pour en faire des lanternes où on aurait pu
s'asseoir à trois et, d'après les rumeurs, Dumbledore avait fait venir une troupe de squelettes dansants pour assurer le spectacle.
—Une promesse est une promesse, dit Hermione à Harry d'un ton autoritaire. Et tu as dit que tu irais à cette fête.
Ainsi, à sept heures du soir, au lieu de se rendre dans la Grande Salle, Harry, Ron et Hermione prirent la direction des cachots."

 
 


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MessagePosté le: Mer 1 Juin - 15:51 (2011)    Sujet du message: 2-Harry Potter et la Chambre des Secrets Répondre en citant

Extrait 3:

"Harry, Ron et Hermione savaient depuis toujours que Hagrid avait malheureusement un faible pour les créatures géantes et monstrueuses. Au cours de leur première année à Poudlard, il avait essayé d'élever un dragon dans sa cabane. Sans parler de l'énorme chien à trois têtes, baptisé « Touffu », qu'ils n'étaient pas près d'oublier ! Si, au temps où il était élève à Poudlard, Hagrid avait entendu parler d'un monstre caché dans le château, il n'y avait rien d'étonnant à ce qu'il ait tout fait pour le découvrir et l'apprivoiser. Sans doute scandalisé par la longue captivité de la créature, il avait dû estimer qu'elle méritait bien de dégourdir un peu ses nombreuses pattes. Harry imaginait très bien Hagrid à treize ans essayant de passer au monstre un collier et une laisse. Mais il était également certain que jamais Hagrid n'aurait cherché à tuer quelqu'un.
A présent, Harry regrettait presque d'avoir découvert le secret du journal de Jedusor.
—Peut-être que ce n'était pas Hagrid le coupable ? suggéra Hermione. Peut-être que c'était un autre monstre qui attaquait les élèves ?
—Tu crois qu'il y a tellement de monstres dans ce château ? répliqua Ron d'un ton maussade.
—On a toujours su que Hagrid avait été renvoyé, dit Harry, consterné. Et les agressions ont dû cesser après l'expulsion de Hagrid. Sinon, Jedusor n'aurait pas obtenu sa récompense.
Ron essaya de voir les choses sous un angle différent.
—Ce Jedusor me fait penser à Percy, dit-il. Et d'abord, qui lui a demandé de dénoncer Hagrid ?
—Mais, Ron, le monstre avait tué quelqu'un, fit remarquer Hermione.
—Et Jedusor aurait été obligé de retourner dans un orphelinat de Moldus si Poudlard avait été fermé, dit Harry. Je comprends qu'il ait préféré rester ici...
Ron se mordit les lèvres.
—Tu as rencontré Hagrid dans l'Allée des Embrumes, n'est-ce pas, Harry ? risqua-t-il.
—Il cherchait un produit contre les limaces, répondit aussitôt Harry.
Il y eut un très long silence, puis, d'une voix hésitante, Hermione aborda la question cruciale :
—Vous croyez qu'on devrait aller voir Hagrid et lui parler de tout ça ?
—Ce serait joyeux, comme visite, répliqua Ron. Bonjour Hagrid, est-ce que vous pourriez nous dire si vous avez lâché dans le château un monstre sanguinaire et poilu, ces temps derniers ?
Finalement, ils décidèrent de ne rien dire à Hagrid, sauf s'il y avait une nouvelle agression. Les jours passèrent sans que la voix désincarnée se manifeste à nouveau et ils avaient à présent l'espoir de ne jamais avoir à lui demander pourquoi il avait été renvoyé. Il y avait maintenant près
de quatre mois que Justin et Nick Quasi-Sans-Tête avaient été pétrifiés et tout le monde ou presque semblait convaincu que l'agresseur, quel qu'il fût, avait définitivement renoncé à agir. Peeves s'était lassé de ses « Potter la vipère » et Ernie Macmillan lui-même s'était montré aimable avec Harry pendant le cours de botanique. Au mois de mars, les racines de mandragore organisèrent une fête bruyante et endiablée dans la serre n°3. Le professeur Chourave en fut enchantée.
—Dès qu'elles commenceront à sortir de leurs pots pour se rendre visite les unes aux autres, ce sera le signe qu'elles ont atteint la maturité, dit-elle à Harry. Nous pourrons alors ramener à la vie les malheureux qui ont été pétrifiés.
Lorsque Pâques arriva, les élèves de deuxième année eurent de quoi réfléchir pendant leurs vacances, car le moment était venu pour eux de choisir les matières qu'ils souhaitaient étudier en troisième année. Bien entendu, Hermione prenait le sujet très au sérieux.
—C'est déterminant pour notre avenir, dit-elle à Harry et à Ron en examinant la liste des options proposées.
—Moi, tout ce que je veux, c'est abandonner les cours de potions, dit Harry.
—Impossible, dit Ron d'un air sombre. On est obligé de garder les matières fondamentales, sinon, j'aurais laissé tomber la Défense contre les Forces du Mal.
—Mais c'est très important ! protesta Hermione, ulcérée.
—Pas de la façon dont l'enseigne Lockhart, dit Ron. La seule chose qu'il m'ait apprise, c'est qu'il ne faut pas libérer des lutins en cage.
Harry ne savait pas très bien quelles matières choisir. La seule chose pour laquelle il était vraiment doué, c'était le Quidditch. Il finit donc par prendre les mêmes options que Ron : comme ça, s'il avait des difficultés à suivre, il aurait au moins un ami pour l'aider !
Le prochain match de Quidditch devait opposer l'équipe de Gryffondor à celle de Poufsouffle. Des séances d'entraînement eurent lieu tous les soirs et, la veille du match, Harry estima que jamais les chances de Gryffondor de remporter la coupe n'avaient été meilleures.
Son humeur joyeuse fut de courte durée, cependant. En haut des marches qui menaient au dortoir, il tomba sur Neville Londubat qui semblait dans tous ses états.
—Harry, dit-il. Je ne sais pas qui a fait ça... J'ai trouvé...
Neville poussa la porte du dortoir en regardant Harry d'un air apeuré.
Harry vit aussitôt que sa valise avait été vidée et son contenu jeté en tous sens. Sa cape déchirée était étalée par terre. Draps et couvertures avaient été arrachés de son lit et les tiroirs de sa commode retournés sur le matelas.
Stupéfait, Harry contempla le désastre. Ron, Dean et Seamus arrivèrent au même moment. Dean poussa un juron d'une voix toniruante.
—Qu'est-ce qui s'est passé, Harry ?
—Aucune idée, répondit celui-ci. Ron examina les vêtements répandus alentour. Toutes les poches avaient été retournées.
—Celui qui a fait ça cherchait un objet précis, dit-il. Il y a quelque chose qui te manque ?
Harry rassembla ses affaires et les remit dans sa valise. Ce fut seulement lorsqu'il eut rangé le dernier livre de Lockhart qu'il sut ce qui avait disparu.
—Le journal de Jedusor n'est plus là, chuchota-t-il à l'oreille de Ron.
—Quoi ?
Harry fit un signe de tête en direction de la porte du dortoir et Ron le suivit au-dehors. Ils redescendirent en hâte dans la salle commune qui était à moitié vide et rejoignirent Hermione occupée à lire dans un coin.
Lorsqu'ils lui eurent raconté ce qui s'était passé, Hermione eut l'air atterré.
—C'est forcément un élève de Gryffondor qui l'a volé, dit-elle. Personne d'autre ne connaît le mot de passe...
—Exactement, approuva Harry.
Le lendemain, il faisait un soleil radieux et une petite brise rafraîchissait l'atmosphère.
—Un temps idéal pour un match de Quidditch ! s'exclama Dubois avec enthousiasme en attaquant son petit déjeuner.
Harry n'avait cessé d'observer les visages des élèves de Gryffondor rassemblés autour de la table en se demandant si c'était vraiment l'un d'eux qui avait volé le journal intime. Hermione
l'avait incité à signaler le vol, mais Harry n'aimait pas trop cette idée. Il aurait fallu qu'il révèle toute l'histoire du journal de Jedusor et il ne souhaitait pas raviver le souvenir de l'expulsion de Hagrid.
Lorsqu'il quitta la Grande Salle en compagnie de Ron et d'Hermione pour aller chercher son équipement de Quidditch, un autre souci, plus grave encore, revint le tourmenter. A peine avait-il posé le pied sur la première marche de l'escalier qu'il entendit à nouveau la voix :
—... Tuer, cette fois... déchirer... écorcher...
Il poussa un cri qui fit sursauter Ron et Hermione.
—La voix ! s'exclama-t-il en regardant par-dessus son épaule. Je viens encore de l'entendre. Pas vous ?
Ron, les yeux écarquillés, fit « non » de la tête. Mais Hermione se frappa soudain le front du plat de la main.
—Harry ! dit-elle. Je crois que je viens de comprendre quelque chose ! Il faut que j'aille à la bibliothèque ! Et elle monta l'escalier quatre à quatre.
—Qu'est-ce qu'elle a compris ? demanda Harry qui regardait toujours autour de lui pour essayer de localiser la voix.
—Beaucoup plus de choses que moi, dit Ron en hochant la tête.
—Mais pourquoi faut-il qu'elle aille à la bibliothèque ?
—C'est toujours ce qu'elle fait, répondit Ron avec un haussement d'épaules. Dès qu'elle a un doute, elle fonce à la bibliothèque.
Indécis, Harry n'avait pas bougé, essayant d'entendre à nouveau la voix. Mais derrière lui, les autres élèves quittaient à leur tour la Grande Salle dans un grand bruit de conversations et sortaient dans le parc pour se rendre au stade de Quidditch.
—Tu ferais bien d'y aller, dit Ron. Il est presque onze heures, le match va bientôt commencer.
Harry se dépêcha d'aller chercher son Nimbus 2000 et rejoignit la foule nombreuse qui se pressait au-dehors. Mais la voix désincarnée continuait de le préoccuper, il n'arrivait pas à la chasser de son esprit. Sa seule pensée réconfortante, lorsqu'il se retrouva dans les vestiaires, c'était que les élèves ne subiraient aucune agression tant qu'ils seraient dans le stade.
Les deux équipes s'avancèrent sur la pelouse dans un tonnerre d'applaudissements. Madame Bibine lâcha les balles tandis que les joueurs de Poufsouffle, vêtus de robes jaune canari, écoutaient les conseils de dernière minute de leur capitaine.
Harry venait d'enfourcher son balai lorsque le professeur McGonagall traversa soudain le stade, moitié marchant, moitié courant. Elle avait à la main un énorme mégaphone violet.
Harry eut l'impression que son coeur tombait comme une pierre dans sa poitrine.
—Le match est annulé, annonça le professeur McGonagall dans le mégaphone.
Une explosion de cris et de huées monta aussitôt des gradins. Olivier Dubois, l'air atterré, se précipita vers le professeur McGonagall sans prendre la peine de descendre de son balai.
—Mais, professeur, s'écria-t-il, il faut absolument qu'on joue... La coupe... Gryffondor...
Le professeur McGonagall ne lui prêta aucune attention et continua de crier dans son mégaphone.
—Tous les élèves doivent immédiatement retourner dans leur salle commune où il leur sera donné de plus amples informations. Dépêchez-vous, s'il vous plaît !
Elle fit alors signe à Harry de la suivre.
—Potter, il vaut mieux que vous veniez avec moi, dit-elle.
En se demandant de quoi on pouvait bien le soupçonner cette fois, Harry vit Ron se détacher de la foule des élèves en colère et courir vers lui. A sa grande surprise, le professeur McGonagall
l'autorisa à les accompagner au château.
—Il vaut mieux que vous veniez aussi, Weasley, dit-elle.
Les réactions étaient partagées parmi les élèves qui les entouraient : certains protestaient ouvertement contre l'annulation du match, d'autres avaient l'air inquiet. Harry et Ron suivirent le professeur McGonagall dans l'escalier de marbre, mais, cette fois, ce n'était pas dans un bureau qu'on les emmenait.
—Vous allez avoir un choc, avertit le professeur d'une voix étonnamment douce. Elle avait pris la direction de l'infirmerie.
—Il y a eu une autre agression, dit-elle. Une double agression, encore une fois.
Harry sentit son estomac se contracter douloureusement. Le professeur McGonagall poussa la porte de l'infirmerie et les fit entrer.
Madame Pomfresh était penchée sur une élève de cinquième année. Elle avait de longs cheveux bouclés et Harry la reconnut aussitôt : c'était l'élève de Serdaigle à qui ils avaient demandé par erreur où se trouvait la salle commune des Serpentard. Et sur le lit à côté, il y avait...
—Hermione ! s'exclama Ron. Elle était totalement immobile, et ses yeux vitreux étaient grands ouverts.
—On les a trouvées près de la bibliothèque, dit le professeur McGonagall. Elle leur montra alors un petit miroir circulaire.
—Ce miroir était par terre, à côté d'elles. J'imagine que vous n'avez pas d'explication ?
Harry et Ron firent « non » de la tête, sans quitter Hermione des yeux.
—Je vais vous ramener à la tour de Gryffondor, dit le professeur McGonagall d'un ton grave. Il faut également que je parle aux autres élèves.
—A compter d'aujourd'hui, tous les élèves devront regagner leurs salles communes à six heures du soir. Passée cette heure, aucun élève ne devra plus quitter son dortoir. A la fin de chaque cours, un professeur vous accompagnera dans la classe suivante. Tous les entraînements et les matches de Quidditch sont reportés à une date ultérieure et il n'y aura plus aucune activité le soir.
Les élèves de Gryffondor, rassemblés dans la salle commune, écoutèrent en silence le professeur McGonagall. Elle roula le parchemin qu'elle venait de lire et reprit d'une voix étouffée :
—Je n'ai pas besoin d'ajouter que j'ai rarement été aussi bouleversée. Si le coupable n'est pas bientôt arrêté, il faudra s'attendre à une fermeture pure et simple de l'école. Je demande à tous ceux qui pourraient avoir des renseignements à fournir en rapport avec ces agressions de les communiquer sans délai.
Elle sortit avec une certaine maladresse par l'ouverture cachée derrière le portrait de la grosse dame et les commentaires des élèves commencèrent aussitôt.
—Deux Gryffondor pétrifiés, sans compter un fantôme, une élève de Serdaigle et un de Poufsouffle, récapitula Lee Jordan, l'ami des jumeaux Weasley. Aucun professeur ne semble avoir remarqué que tous les élèves de Serpentard son sains et saufs. Toute cette histoire vient des Serpentard, c'est évident, non ? L'héritier de Serpentard, le monstre de Serpentard... Pourquoi est-ce qu'ils ne renvoient pas tous les Serpentard ? ajouta-t-il en provoquant des hochements de tête approbateurs et quelques applaudissements discrets.
Assis dans un fauteuil, derrière Lee, Percy ne semblait guère soucieux, pour une fois, d'exprimer son point de vue. Il avait l'air pâle et abattu.
—Percy est sonné, chuchota George à l'oreille de Harry. Cette fille de Serdaigle, Pénélope Deauclaire, elle était préfète, elle aussi. Et il ne pensait pas que le monstre oserait s'en prendre à un préfet.
Mais Harry n'écoutait qu'à moitié. Il n'arrivait pas à chasser de son esprit l'image d'Hermione, étendue sur son lit d'hôpital, raide comme une statue. En plus, si le coupable n'était pas bientôt découvert, il risquait fort d'être condamné à passer sa vie chez les Dursley. Tom Jedusor avait dénoncé Hagrid pour ne pas finir dans un orphelinat de Moldus si jamais l'école fermait et Harry comprenait très bien ce qu'il avait pu ressentir.
—Qu'est-ce qu'on va faire ? murmura Ron à l'oreille de Harry. Tu crois qu'ils soupçonnent Hagrid ?
—Il faut aller le voir et lui parler, décida Harry. Je n'arrive pas à croire que ce soit lui le coupable, cette fois, mais si c'est vraiment lui qui a libéré le monstre il y a cinquante ans, il doit savoir comment pénétrer dans la Chambre des Secrets, et c'est un début.
—Mais McGonagall a dit qu'on n'avait pas le droit de sortir de la tour en dehors des heures de classe.
—Je crois que le moment est venu d'utiliser à nouveau la vieille cape de mon père, dit Harry en baissant encore la voix.
Harry n'avait hérité qu'une seule chose de son père : une cape d'invisibilité, longue et argentée. C'était le seul moyen de se faufiler hors de l'école pour aller voir Hagrid sans que personne s'en aperçoive. Ron et Harry allèrent se coucher à l'heure habituelle. Ils attendirent que Neville, Dean et Seamus se soient endormis, puis ils se rehabillèrent et s'enveloppèrent dans la cape d'invisibilité.
La traversée du château n'eut rien d'une partie de plaisir. Harry, qui était un vieil habitué des promenades nocturnes, n'avait jamais vu autant de monde à cette heure-là : professeurs, préfets et fantômes sillonnaient les couloirs en marchant deux par deux, à l'affût de tout signe suspect. Certes, la cape rendait Ron et Harry invisibles mais elle ne supprimait pas les bruits et ils faillirent se faire repérer lorsque Ron se cogna l'orteil à quelques mètres du poste d'observation qu'occupait Rogue. Par chance, Rogue éternua bruyamment au moment précis où Ron laissa échapper un juron.
Enfin, ils atteignirent avec soulagement le portail de chêne et se glissèrent au-dehors. La nuit était claire, le ciel rempli d'étoiles. Ils se hâtèrent en direction de la cabane de Hagrid dont ils voyaient
les fenêtres éclairées et n'ôtèrent leur cape que lorsqu'ils furent arrivés devant la porte.
Lorsqu'ils frappèrent, la porte s'ouvrit presque aussitôt. Hagrid se tenait sur le seuil, une arbalète à la main, pointée sur eux. Crockdur, son molosse, aboyait bruyamment derrière lui.
—Oh, c'est vous, dit Hagrid qui baissa aussitôt son arme.
—Qu'est-ce que vous fabriquez avec ça ? demanda Harry en montrant l'arbalète.
—Oh, rien... rien du tout... marmonna Hagrid. Je m'attendais à... mais ça ne fait rien... Entrez... Asseyez-vous, je vais vous faire du thé...
Il semblait incapable de regarder ce qu'il faisait. Il faillit éteindre le feu en renversant la bouilloire et cassa la théière d'un geste malheureux de son énorme main.
—Ça va, Hagrid ? s'inquiéta Harry. Vous êtes au courant de ce qui est arrivé à Hermione ?
—Oui, oui, je sais, dit Hagrid d'une voix brisée.
Il ne cessait de jeter des regards vers la fenêtre et leur versa deux grandes tasses d'eau bouillante—il avait oublié d'ajouter le thé. Il tenait à la main une tranche de cake qu'il s'apprêtait à poser sur une assiette lorsqu'on frappa vigoureusement à la porte.
Hagrid laissa tomber le cake. Harry et Ron échangèrent un regard de panique et se recouvrirent aussitôt de la cape d'invisibilité avant d'aller se réfugier dans un coin de la
cabane. Hagrid vérifia rapidement qu'ils étaient bien cachés, puis il saisit son arbalète et alla ouvrir la porte.
—Bonsoir, Hagrid.
C'était Dumbledore. Il entra, le visage grave, suivi par un homme d'aspect étrange, petit, corpulent, avec des cheveux gris en désordre et une expression anxieuse. L'homme portait des vêtements disparates qui formaient un curieux mélange : costume à rayures, cravate rouge, longue cape noire et bottes violettes à bouts pointus. Il tenait sous son bras un chapeau melon de couleur verte."

 
 


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