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La Boîte à merveilles

 
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zakaria
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MessagePosté le: Ven 20 Mai - 12:12 (2011)    Sujet du message: La Boîte à merveilles Répondre en citant



Fiche de lecture:


Titre: La boîte à merveille

Genre: Roman

Auteur: Ahmed Sefrioui

Date de parution:1954

Edition: Librairie des Ecoles.

L’auteur:

Ahmed Sefrioui est un écrivain marocain qui passe pour l’initiateur de la littérature marocaine d’expression française. Il est né à Fès en 1915 de parents Amazighs. Il a grandit dans la médina, d’où la présence prégnante et cet espace dans son œuvre et particulièrement dans “la Boîte à merveilles”.

Sefrioui fut fondateur du musée Al Batha à Fès, une ville omniprésente dans la majorité de ses écrits. De l’école coranique aux écoles de Fès puis arrivé à la langue française, se manifeste tout un parcours qu’on trouve aussi présent dans ses écrits (historiques). Jeune journaliste dans « l’action du peuple », puis conservateur dans le musée « Addoha » à Fès, en citant des fonctions publics à partir de 1938 aux ministères de la culture, de l’éducation nationale et du tourisme à Rabat. Il est mort en 25 février 2004.


PARMI SES OEUVRES
Le Chapelet d’ambre (Le Seuil, 1949) : son premier roman où il évoque Fès (il obtient le grand prix littéraire du Maroc, pour la première fois attribué à un Marocain).

La boîte à merveille (Le Seuil, 1954) : La ville de Fès vue à travers le regard du petit Mohammed. Ce roman ethnographique apparaît comme le texte inaugural de ce qui est aujourd’hui la littérature marocaine d’expression française.

La Maison de servitude (SNED, Algérie, 1973).

Le jardin des sortilèges ou le parfum des légendes (L’Harmattan, 1989).


LES ANECDOTES SUR AHMED SEFRIOUI

Argent : Dans le film qu’il a tourné, l’écrivain marocain s’est révélé un homme très simple sans autre ambition que de révéler la culture de son pays au monde entier. Il disait lui-même : ‘Je n’ai jamais fait d’argent. Je ‘Je n’ai jamais fait d’argent. n’ai même pas de quoi me payer un lopin de terre pour mon enterrement.’

Film : En mai 1994, la télé marocaine a consacré un film à Ahmed Sefrioui, sur sa vie. Juste avant de mourir, il avait demandé à le revoir mais sa requête s’est perdue dans les couloirs de la chaîne.


L'histoire:

La Boîte à Merveille
La symphonie des trois saisons...

Premier roman de Sefrioui, La boîte à merveille, une suite de scènes et de tableaux, raconte la vie quotidienne d’une famille populaire dans la vieille ville de Fès. Dès son ouverture, le roman ne manque pas d’installer une ambiance exotique. Un regard pittoresque sur un monde plein de tendresse, de couleurs et de parfums, qui ne manque pas d’ambiguïté sur le sens du récit.
C’est bel et bien un album, pour reprendre l’expression du narrateur, dont le lecteur tournera les pages. Un album haut en couleurs qui nous fera parcourir trois saisons et nous mènera de découverte en découverte, explorer la société marocaine du début du XXème siècle : mode de vie, traditions, rituels et vision du monde. D’avoir masqué la réalité politique de l’époque, laisse entrevoir un parfum d’exotisme et fait penser à un film documentaire d’ethnographe.


Dernière édition par zakaria le Lun 30 Mai - 13:01 (2011); édité 1 fois
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MessagePosté le: Ven 20 Mai - 12:12 (2011)    Sujet du message: Publicité

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MessagePosté le: Ven 20 Mai - 12:13 (2011)    Sujet du message: La Boîte à merveilles Répondre en citant

Résumé chapitre par chapitre

L’hiver

Chapitre I:

-Dar Chouafa
Deux éléments déclenchent le récit : la nuit et la solitude. Le poids de la solitude. Le narrateur y songe et part à la recherche de ses origines : l’enfance.Un enfant de six ans, qui se distingue des autres enfants qu’il côtoie. Il est fragile, solitaire, rêveur, fasciné par les mondes invisibles. A travers les souvenirs de l’adulte et le regard de l’enfant, le lecteur découvre la maison habitée par ses parents et ses nombreux locataires. La visite commence par le rez-de-chaussée habité par une voyante. La maison porte son nom : Dar Chouafa. On fait connaissance avec ses clientes, on assiste à un rituel de musique Gnawa, et on passe au premier où Rahma, sa fille Zineb et son mari Aouad, fabricant de charrues disposaient d’une seule pièce. Le deuxième étage est partagé avec Fatma Bziouya. L’enfant lui habite un univers de fable et de mystère, nourri par les récits de Abdellah l’épicier et les discours de son père sur l’au-delà. L’enfant de six ans accompagne sa mère au bain maure. Il s’ennuie au milieu des femmes, Cet espace de vapeur, de rumeurs, et d’agitation était pour lui bel et bien l’Enfer. Le chapitre se termine sur une sur une querelle spectaculaire dont les acteurs sont la maman de l’enfant et sa voisine Rahma.

Chapitre II

-Visite d’un sanctuaire
Au Msid, école coranique, l’enfant découvre l’hostilité du monde et la fragilité de son petit corps. Le regard du Fqih et les coups de sa baguette de cognassier étaient source de cauchemars et de souffrance. A son retour, il trouve sa mère souffrante. La visite que Lalla Aicha, une ancienne voisine, rend ce mardi à Lalla Zoubida, la mère de l’enfant, nous permet de les accompagner au sanctuaire de Sidi Boughaleb. L’enfant pourra boire de l’eau de sanctuaire et retrouvera sa gaieté et sa force. L’enfant découvre l’univers du mausolée et ses rituels. Oraisons, prières et invocations peuplaient la Zaouia. Le lendemain, le train train quotidien reprenait. Le père était le premier à se lever. Il partait tôt à son travail et ne revenait que tard le soir. Les courses du ménage étaient assurées par son commis Driss. La famille depuis un temps ne connaissait plus les difficultés des autres ménages et jouissait d’un certain confort que les autres jalousaient.

Chapitre III:

-Le repas des mendiants aveugles
Zineb, la fille de Rahma est perdue. Une occasion pour lalla Zoubida de se réconcilier avec sa voisine. Tout le voisinage partage le chagrin de Rahma. On finit par retrouver la fillette et c’est une occasion à fêter. On organise un grand repas auquel on convie une confrérie de mendiants aveugles. Toutes les voisines participent à la tâche. Dar Chouafa ne retrouve sa quiétude et son rythme que le soir.

Le printemps

Chapitre IV:

-Les ennuis de Lalla Aicha
Les premiers jours du printemps sont là. Le narrateur et sa maman rendent visite à Lalla Aicha. Ils passent toute la journée chez cette ancienne voisine. Une journée de potins pour les deux femmes et de jeux avec les enfants du voisinage pour le narrateur. Le soir, Lalla Zoubida fait part à son mari des ennuis du mari da Lalla Aîcha, Moulay Larbi avec son ouvrier et associé Abdelkader. Ce dernier avait renié ses dettes et même plus avait prétendu avoir versé la moitié du capital de l’affaire. Les juges s’étaient prononcés en faveur de Abdelkader. L’enfant, lui était ailleurs, dans son propre univers, quand ce n’est pas sa boîte et ses objets magiques, c’est le légendaire Abdellah l’épicier et ses histoires. Personnage qu’il connaît à travers les récits rapportés par son père. Récits qui excitèrent son imagination et l’obsédèrent durant toute son enfance.

Chapitre V :

L’école coranique.
Journée au Msid. Le Fqih parle aux enfants de la Achoura. Ils ont quinze jours pour préparer la fête du nouvel an. Ils ont congé pour le reste de la journée. Lalla Aîcha , en femme dévouée, se dépouille de ses bijoux et de son mobilier pour venir au secours de son mari. Sidi Mohamed Ben Tahar, le coiffeur, un voisin est mort. On le pleure et on assiste à ses obsèques. Ses funérailles marquent la vie du voisinage et compte parmi les événements ayant marqué la vie d de l’enfant.

Chapitre VI :

Préparatifs de la fête.
Les préparatifs de la fête vont bon train au Msid. Les enfants constituent des équipes. Les murs sont blanchis à la chaux et le sol frotté à grande eau. L’enfant accompagne sa mère à la Kissaria. La fête approchait et il fallait songer à ses habits pour l’occasion. Il portera un gilet, une chemise et des babouches neuves. De retour à la maison, Rahma insiste pour voir les achats fait à la Kissaria.Le narrateur est fasciné par son récit des mésaventures de Si Othman, un voisin âgé, époux de Lalla Khadija, plus jeune que lui.

Chapitre VII :

La fête de l’Achoura.
La fête est pour bientôt. Encore deux jours. Les femmes de la maison ont toutes acheté des tambourins de toutes formes. L’enfant lui a droit à une trompette. L’essai des instruments couvre l’espace d’un bourdonnement sourd. Au Msid, ce sont les dernières touches avant l e grand jour. Les enfants finissent de préparer les lustres. Le lendemain , l’enfant accompagne son père en ville. Ils font le tour des marchands de jouets et ne manqueront pas de passer chez le coiffeur. Chose peu appréciée par l’enfant. Il est là à assister à une saignée et à s’ennuyer des récits du barbier. La rue après est plus belle, plus enchantée. Ce soir là, la maison baigne dans l’atmosphère des derniers préparatifs.
Le jour de la fête, on se réveille tôt, Trois heures du matin. L’enfant est habillé et accompagne son père au Msid célébrer ce jour exceptionnel. Récitation du coran, chants de cantiques et invocations avant d’aller rejoindre ses parents qui l’attendaient pour le petit déjeuner. Son père l’emmène en ville.
A la fin du repas de midi, Lalla Aicha est là. Les deux femmes passent le reste de la journée à papoter et le soir, quand Lalla Aicha repart chez elle, l’enfant lassé de son tambour et de sa trompette est content de retrouver ses vieux vêtements.

L’été.

Chapitre VIII :

Les bijoux du malheur.
L’ambiance de la fête est loin maintenant et la vie retrouve sa monotonie et sa grisaille. Les premiers jours de chaleur sont là. L’école coranique quitte la salle du Msid, trop étroite et trop chaude pour s’installer dans un sanctuaire proche. L’enfant se porte bien et sa mémoire fait des miracles. Son maître est satisfait de ses progrès et son père est gonflé d’orgueil. Lalla Zoubida aura enfin les bracelets qu’elle désirait tant. Mais la visite au souk aux bijoux se termine dans un drame. La mère qui rêvait tant de ses bracelets que son mari lui offre, ne songe plus qu’a s’en débarrasser. Ils sont de mauvais augure et causeraient la ruine de la famille. Les ennuis de Lalla Aicha ne sont pas encore finis. Son mari vient de l’abandonner. Il a pris une seconde épouse, la fille de Si Abderahmen, le coiffeur.
Si l’enfant se consacre avec assiduité à ses leçons, il rêve toujours autant. Il s’abandonne dans son univers à lui, il est homme, prince ou roi, il fait des découvertes et il en veut à mort aux adultes de ne pas le comprendre. Sa santé fragile lui joue des tours. Alors que Lalla Aîcha racontait ses malheurs, il eut de violents maux de tête et fut secoué par la fièvre. Sa mère en fut bouleversée.

Chapitre IX :

Un ménage en difficulté.
L’état de santé de l’enfant empire. Lalla Zoubida s’occupe de lui nuit et jour. D’autres ennuis l’attendent. Les affaires de son mari vont très mal. Il quitte sa petite famille pour un mois. Il part aux moissons et compte économiser de quoi relancer son atelier. L’attente, la souffrance et la maladie sont au menu de tous les jours et marquent le quotidien de la maison. Lalla Zoubida et Lalla Aicha, deux amies frappées par le malheur, décident de consulter un voyant, Sidi Al Arafi.

Chapitre X :

Superstitions.
Les conseils , prières et bénédictions de Sidi Al Arafi rassurèrent les deux femmes. L’enfant est fasciné par le voyant aveugle. Lalla Zoubida garde l’enfant à la maison. Ainsi, elle se sent moins seule et sa présence lui fait oublier ses malheurs. Chaque semaine, ils vont prier sous la coupole d’un saint. Les prédications de Sidi A Arafi se réalisent. Un messager venant de la compagne apporte provisions, argent et bonne nouvelles de Sidi Abdesalam. Lalla Aicha invite Lalla Zoubida. Elle lui réserve une surprise. Il semble que son mari reprend le chemin de la maison.

Chapitre XI :

Papotage de bonnes femmes.
Thé et papotage de bonnes femmes au menu chez Lalla Aicha. Salama, la marieuse, est là. Elle demande pardon aux deux amies pour le mal qu’elle leur a fait. Elle avait arrangé le mariage de Moulay Larbi. Elle explique que ce dernier voulait avoir des enfants. Elle apporte de bonnes nouvelles. Plus rien ne va entre Moulay Larbi et sa jeune épouse et le divorce est pour bientôt. Zhor, une voisine, vient prendre part à la conversation. Elle rapporte une scène de ménage. Le flot des potins et des médisances n’en fint pas et l’enfant lui , qui ne comprenait pas le sens de tous les mots est entraîné par la seule musique des syllabes.

Chapitre XII :

Un conte de fée a toujours une chute heureuse.
La grande nouvelle est rapportée par Zineb. Maâlem Abdslem est de retour. Toute la maison est agitée. Des you you éclatent sur la terrasse Les voisines font des vœux. L’enfant et sa mère sont heureux . Driss, est arrivé à temps annoncer que le divorce entre Moulay Larbi et la fille du coiffeur a été prononcé. La conversation de Driss El Aouad et de Moulay Abdeslem, ponctuée de verres de thé écrase l’enfant. Il est pris de fatigue mais ne veut point dormir. Il se sent triste et seul. Il tire sa Boite à Merveille de dessous son lit, les figures de ses rêves l’y attendaient.


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zakaria
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MessagePosté le: Ven 20 Mai - 12:14 (2011)    Sujet du message: La Boîte à merveilles Répondre en citant

Lire l'incipit de La Boite à merveilles de Sefrioui
 

Pour lire l'incipit de la Boite à Merveilles d’Ahmed Sefrioui

(P.3 et 4 – éd. librairie des écoles 2006)

Pour étudier le fonctionnement d'une première page d'une œuvre romanesque, il est pertinent de repérer les choix, implicites ou explicites, des procédés utilisés par le narrateur.

Quel est donc le mode de fonctionnement de cette ouverture ? Quelle est sa fonction ?

En fait, dès la première lecture du passage, ce qui frappe c'est la coprésence de deux systèmes, le discours et le récit, tout les deux pris en charge par une seule instance «je ».

1er centre d'intérêt : les diverses figures du "je".

A- Le « je » énonciateur : « Je » produit un discours souligné par :

a- Les déictiques (termes qui articulent 1'énoncé sur une réalité extra-linguistique en faisant référence à la situation de communication).

*-Les pronoms personnels de la première personne »je, « me ».

*-Le système des temps : le présent.

*-Les marques de localisation temporelle : « hier », « ce »

b- les modalisateurs (ils signalent 1'attitude de 1'énonciateur face aux contenus énoncés) : Les adverbes :(Jamais, tant, effectivement).

c- Les commentaires et explications mis en apposition dans le récit, qui renvoient explicitement à 1'auteur et relèvent d'une énonciation actuelle : « la maison de la voyante », «les gens de guinée », « école coranique ».

Un autre «je » apparaît également dans le texte a partir du second paragraphe.

B- le « je » personnage / narrateur

Un effet de rupture semble être crée. Nous passons d'un discours à un récit dont le personnage central est un petit garçon de six ans.

Cependant, de par la source du récit: «je songe-»——› je vois », effectué au présent, la rupture est atténuée.

Plus encore, la présence du monologue narrativisé «je désire tant ce moineau...compagnon » (p3) crée une fusion parfaite entre la voix du narrateur et la voix du personnage. L'absence des signes le plus évidents d'écarts entre la conscience du narrateur et celle du personnage renforce 1'unité des deux points de vue et rend « il » une autre figure du «je »/narrateur.

Ce dernier va d'ailleurs, et dans la suite du texte, s’identifier à ce «il »/ enfant de six ans et c'est cette figure qui va prédominer par la suite.

Diverses figures qui tous renvoient à une seule référence et permettent de créer un pacte autobiographique.

Plusieurs figures qui vivent tous un même sentiment: La solitude.

2eme centre d'intérêt: un «je » solitaire

a- Le champ lexical de la solitude est prédominant.

b -La syntaxe employée met en évidence cet état: dés 1'ouverture du texte : «je » s'oppose à «tous » (profusion de plusieurs pluriels renvoyant aux personnes et aux objets).

c- Le rythme de la première phrase met en relief ce sentiment: le «je » s'isole de manière très éloquente dans ce premier paragraphe : «tous » accomplissent une même action « dormir », «je » nie (négation totale) faire comme eux, tout en cassant le rythme ascendant de la phrase. II est seul à « songer ».

L'image de «je » solitaire se retrouve également à travers 1'enfant aux pieds nus à le recherche d'un « compagnon ».

d- Mais c'est surtout à travers 1'usage de la modalité négative vers la fin du texte que se trouve mise en évidence cette solitude.

En effet lors de la situation décrite, (le rituel) tous les sens de 1'enfant sont invoqués (la vue, 1'ouïe, 1'odorat) et pourtant il ne comprenait rien.

Le sentiment atteint son point culminant dans la séquence finale, qui met en relief la peur de 1'enfant: «je sentais les Jnouns... j'entendais leurs rires... Je criais ». II ne criait pas à la recherche d'un secours, mais c'est juste un cri intérieur, un cri de désespoir.

Et justement il se trouve que « désespoir » qui ferme le texte rime avec « soir » qui 1'ouvre et qui le ponctue.

Le texte sombre dans le noir : le terme soir (3 occurrences), va céder la place à «toute la nuit » qui se démultiplie vers la fin du texte pour devenir « les nuits d'orage ».

Bilan :

Une première page qui donne plusieurs informations sur un «je» qui est narrateur, personnage principal et auteur du texte. C'est donc une première page d'un texte autobiographique.

Elle offre une de premières spécificités du genre à savoir 1'apparition de deux voix, celle relatant des faits antérieurs, déjà vécus, et celle qui les commente au moment de 1'écriture.

C'est aussi une première page, qui en mettant 1'accent sur 1'image d'un «je » solitaire, incapable de comprendre le monde qui 1'entoure, ouvre des horizons d'attente : resterait il ainsi ? Chercherait-il à créer un autre monde ou il se sentirait moins seul?


Dernière édition par zakaria le Lun 30 Mai - 12:12 (2011); édité 1 fois
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MessagePosté le: Ven 20 Mai - 12:15 (2011)    Sujet du message: La Boîte à merveilles Répondre en citant

Schéma narratif :

-Etat initial :

L'auteur-narrateur personnage vit avec ses parents. Rien ne perturbe sa vie heureuse. Cette phase occupe une place importante dans le récit (Ch. I jusqu'au Ch. VIII). L'ampleur de cette étape traduit la félicité dans laquelle baigne le petit enfant. D'ailleurs, il est plongé dans un monde merveilleux.

-Elément perturbateur :

Ce qui trouble cette félicité c'est la ruine du père qui a perdu son capital : l'argent qu'il portait sur lui est tombé quelque part dans un souk.

-Péripéties :

Le voyage du père à la campagne, où il exerce un travail pénible afin de pouvoir amasser de l'argent nécessaire pour se rétablir dans son atelier. (Ch. VIII, IX, X, XI). Le congé accordé au petit qui ne va pas à l'école coranique à cause de sa faiblesse. La tristesse de la mère qui se rend aux mausolées et consulte les voyants.

-Dénouement :

Le retour du père.

-Situation initiale :

Le retour de l'équilibre : le bonheur. La réouverture par le petit de sa boite à Merveilles.
 


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MessagePosté le: Ven 20 Mai - 12:17 (2011)    Sujet du message: La Boîte à merveilles Répondre en citant

Personnages principaux de l'œuvre :

Je :
C'est l'auteur-narrateur-personnage. Il est le fils de lalla Zoubida et de Sidi Abdeslem. Il s'appelle Sidi Mohamed.âgé de six ans, il se sent seul bien qu'il aille au M'sid. Il a un penchant pour le rêve. C'est un fassi d'origine montagnarde qui aime beaucoup sa boite à Merveilles, contenant des objets mêlés. Il souffre de fréquentes diarrhées.
La boite à merveille :
Le véritable ami du narrateur. Elle contenait des boules de verre, des anneaux de cuivre, un minuscule cadenas sans clef, des clous à tête dorée, des encriers vides, des boutons décorés, des boutons sans décor, un cabochon (=bouchon en verre ou en cristal de forme arrondie) de verre à facettes offert par Rahma et une chaînette de cuivre rongée de vert-de-gris offerte par Lalla Zoubida et volée par le chat de Zineb.
Lalla Zoubida :
la mère du narrateur. Une femme qui prétend être la descendante du prophète et s'en vante (s'en flatte). Elle croit aux superstitions. Ses yeux reflètent une âme d'enfant ; elle a un teint d'ivoire, une bouche généreuse et un nez court. Elle n'est pas coquette. Agée de vingt-deux ans, elle se comporte comme une femme vieille.
Sidi Abdeslem :
le père du narrateur, homme d'origine montagnarde. Il s'installe à Fès avec sa famille après avoir quitté son village natal situé à une cinquante de kilomètre de la ville. Il exerce le métier de tisserand (=fabriquant des tissus) Grâce à ce métier, il vit à l'aise. Homme fort et de haute taille. Un homme barbu que le fils trouve beau. Il a la quarantaine.
La chouaffa :
Voyante, c'est la principale locataire de Dar Chouaffa et on l'appelle tante kanza.
Dris El Aouad :
C'est un fabriquant de charrues. Il est époux de Rahma. Il a une fille âgée de sept ans qui s'appelle Zineb.
Fatma Bziouya :
Elle partage avec la famille du narrateur le deuxième étage, son mari Allal est jardinier.
Abdelleh :
Il est épicier. Le narrateur lui attribue toutes les histoires merveilleuses qu'il a eu l'occasion d'entendre.
Le fqih du Msid :
Maître de l'école coranique. Il somnole pendant que les écoliers récitent les versets du Coran. Il distribue des coups de baguette au hasard.Un grand maigre à barbe noire, dont les yeux lançaient des flammes de colère et qui habitait rue Jiaf.
Lalla Aicha :
Une ancienne voisine de lalla Zoubida, c'est une Chérifa qui a su rester digne malgré les déception du sort et dont la connaissance flattait l'orgueil de lalla Zoubida.
Driss le teigneux :
Fidèle serviteur de Sidi Abdessalem, il garnissait (= remplissait) les canettes et faisait les commissions.


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MessagePosté le: Ven 20 Mai - 12:18 (2011)    Sujet du message: La Boîte à merveilles Répondre en citant

L’ESPACE

Fonction

Il permet un itinéraire. Le déplacement de l’enfant s'associe à la rencontre de "l'aventure". Et à la quête de la connaissance. On peut réduire l'itinéraire dans le cas de Sefrioui à un schéma simple, deux types de base dominent. (L’aller - retour….L’initiation et la conquête.). L’enfant revient toujours à son point de départ, la maison, plus exactement la pièce occupée par la famille. L'espace offre un spectacle, plus qu’il ne sert de décor à l'action, cette dernière n’étant pas privilégiée. Il est soumis au regard du personnage. I' enfant se dresse en spectateur. La relation entre le lieu et son état d'âme est forte. Une correspondance symbolique s'établit entre l’enfant et les lieux décrits.

Organisation

On peut facilement constater des oppositions symboliques et fondamentales, souvent binaires.( clos / ouvert …sombre / éclairé…espace réel /rêvé). Ceci permet une mise en place de l’ambiance du secret, de l’étrange, et du mystère imprégnant le récit dès son ouverture de l’ambiance des contes merveilleux.

Représentation

La narration prend en charge les éléments descriptifs concernant le cadre de l’action. L’enfant explore progressivement ce cadre : la ruelle, le msid , La rue Jiaf et le bain maure. La description est dynamique.

La ruelle (p3) « Il court jusqu’au bout de la ruelle pour voir passer les ânes et revient s’asseoir sur le pas de la maison »

La maison(P3 ) « au rez-de chaussée….Au premier….Le deuxième étage. »


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MessagePosté le: Ven 20 Mai - 12:19 (2011)    Sujet du message: La Boîte à merveilles Répondre en citant

LE TEMPS

Comme dans les contes de fée, le temps est vague, imprécis, flou. Premier repère, l’âge du personnage principal : six ans.

L’enfant - narrateur a une conception du temps motivée par l’attente, celle de son père chaque soir et celle de grandir. L’écoulement du temps est saisi dans une logique arithmétique. Matin et soir font une journée, les jours font des mois, les mois des saisons et les saisons l’année.

Une journée ordinaire est marquée par le réveil, le msid, les jeux, les conversations des voisines, et le retour du père, tard le soir. Les jours de la semaine retracent plus des activités habituelles (Lundi, jour de lessive, mardi, journée particulièrement redoutée au msid.). Un événement exceptionnel comme un retour précipité du père à la maison ou la visite d’un étranger constituera un repère. Ainsi, l’Achoura, fête qui va bouleverser le train train quotidien de l’enfant, les différentes visites de Lalla Aicha, le départ du père vont permettre de construire une suite justifiant un déroulement chronologique. Les indicateurs de temps renforceront cette chronologie par le marquage des saisons (L’hiver / 3 chapitres, le printemps / 4 chapitres et l’été / 5chapitres). On peut alors aisément estimer la durée du récit à trois saisons et avancer que le narrateur enfant approche de ses sept ans à la fin du roman.


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MessagePosté le: Ven 20 Mai - 12:20 (2011)    Sujet du message: La Boîte à merveilles Répondre en citant

Le nœud de l'histoire:

La faillite du père du narrateur, Abdesslam qui a perdu son capital dans le souk.

Le "happy-end ":

- Le thème du retour est crucial dans la boîte à merveilles :
1- Le retour du père déclenche de nouveau la joie et le bonheur de la famille
du narrateur.
2- Le retour de Moulay Larbi: Lalla Aîcha reprendre du coup sa vie conjugale
Heureuse.
3- Le retour de l'enfant: Sidi Med réouvre sa boite à merveilles.

L'ethnographie:

A.Sefrioui se livre à décrire minutieusement des lieux à vocation, à la fois religieux et culturelle. Le sanctuaire,) titre d'exemple, ainsi que des personnages tels que sidi El Arafi, Chouafa etc. Parallèlement, les remets non traduits du dialecte renforce ce souci ethnographique flagrant.

Le regard de l'enfant:

Tant donné qu'il est enfant, le narrateur à le droit de s'insinuer dans des zones bel et bien intimes et sans aucun doute infranchissable: prenons à titre d'illustration "le bain maure". Effectivement, la scène du bain maure fait de l'enfant un espion qui guette le monde féminin en franchissant toutes les frontières (description des corps des femmes: mamelles pendantes, cuisse humides, ventre ballonnés, fesses grises…


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MessagePosté le: Ven 20 Mai - 12:21 (2011)    Sujet du message: La Boîte à merveilles Répondre en citant

Guide de lecture de La Boite à Merveilles


1- La Boîte à merveilles et son auteur : entre le rejet et la consécration

1.1- La littérature marocaine de langue française Pendant à peu près quatre décennies (c’est-à-dire de 1912, date où le Maroc entre sous le protectorat français, jusqu’au 1937, date de publication des premières œuvres de Sefrioui), la littérature marocaine est demeurée "exclusivement française sur le Maroc" . Aussi était-il normal que le roman marocain d’expression française fût, pendant un moment, le prolongement de cette littérature dite "littérature coloniale". En effet, les premiers écrivains nationaux, désireux de présenter leur propre vision de la société, produiront d’abord des œuvres imprégnées de ce caractère "ethnographique" (appellation péjorative qui désigne une forme inconsciente d’aliénation culturelle). Mais cette étape sera vite dépassée puisque la littérature marocaine va s’inscrire dans la modernité avec des écrivains talentueux et courageux comme Driss Chraïbi, Abdelatif Laâbi, Mohamed Khair-eddine …. 2.2- Place de Sefrioui et son oeuvre dans cette littérature Ahmed Sefrioui, en tant que pionnier de cette littérature, appartient évidemment à la première génération, celle des écrivains marocains qui, ayant été éduqués dans l’école instaurée par le protectorat, ont choisi "la langue de l’occupant" pour exprimer leur intimité et donner " de la réalité socioculturelle une vision de l’intérieur, en opposition avec les représentations mythiques et idéologiques des écrivains français." . A la littérature coloniale et ethnographique ils opposaient cette fois-ci une littérature jaillissant de l’âme même des autochtones. "C’est la littérature du Maroc profond ou ce que Sefrioui nomme lui-même “La littérature des profondeurs natales” . 2.3- Caractéristiques de l’oeuvre de Sefrioui

Selon des critiques peu cléments, l’auteur de La Boite à Merveilles, ne pourra pas s’affranchir de l’héritage exotique et pittoresque de ses maîtres .Il adoptera un style et une technique d’écriture qui laissent entendre que ses œuvres sont destinées à un lectorat étranger plutôt que marocain. Certains ont vu dans l’œuvre de Sefrioui, en plus du caractère "ethnographique", une absence d’engagement contre l’occupant français et un manque d’intérêt vis-à-vis de tout ce qui se passait dans le pays. Le lecteur de son roman est plongé dans une sorte d’"autofiction" où la réalité se meut avec la rêverie. « On y relève certes, une authenticité et une fraîcheur que lui permet la focalisation par le regard d’enfant, mais aussi des procédés qui rappellent le roman exotique comme l’insistance sur le pittoresque et la présence de mots arabes traduits en bas de page ou commentés dans le contexte, dont la visée implique un lecteur étranger à la culture marocaine. » (Gontard, op.cit.) En plus de ces deux caractéristiques, des critiques vont jusqu’à percevoir chez Sefrioui une certaine aliénation . Mais des spécialistes de la littérature marocaine d’expression française, moins virulents, estiment au contraire que l’absence manifeste du colon dans le récit est une façon biaisée d’ignorer "cet Autre" et "avec beaucoup de mépris". Ils n’hésiteront pas, dans un effort de réhabilitation de Sefrioui, à dire que l’intégration, par ce dernier, de "l’oralité" et des "expressions culturelles populaires" ou de " la vision soufie de l’existence" dans ses romans est une méthode savante de combattre l’ethnocentrisme et l’égocentrisme de l’européen colonisateur, qui considérait ces formes d’expression comme du "folklore" ou comme de la "sous culture. " (Vous trouverez en annexe trois extraits développant ces points de vue sur les écrits de Sefrioui)

2- Contenu de l’oeuvre et biographie de son auteur

2.1- La Boîte à merveilles, un genre indéterminé ? En dépit des efforts des critiques, de nombreuses œuvres manifestement autobiographiques, mais ne posant aucun pacte ou se déclarant appartenir à un genre fictionnel, restent indéterminées. Dans le cas de "La Boite à merveille ", pourtant considérée par la critique spécialisée comme l’une des toutes premières autobiographies de la littérature marocaine d’expression française, les événements sont rapportés à la 1ère personne ; mais à aucun moment, ce pronom ne s’identifie explicitement à l’individu de l’auteur qui s’appelle Sefrioui et se prénomme Ahmed alors que le personnage principal de l’intrigue s’appelle sidi Mohamed fils de Zoubida et du mâalem Abdesslam le tisserand. Dès la page de couverture l’auteur se plaît à brouiller les pistes, en qualifiant son œuvre de " roman". Le lecteur est obligé de vérifier si le côté anecdotique dans l’œuvre correspond aux éléments biographiques de l’auteur, pour décider du genre de ce récit.

2.2- Biographie de l’auteur, pour quelles traces dans son œuvre ? Écrivain marocain qu’on a tendance à considérer comme le pionnier de la littérature marocaine d’expression française. Il est né à Fès, en 1915, de parents berbères. Le parcours de cet écrivain, est celui de ces petits marocains scolarisés sous le protectorat : l’école coranique est un passage obligatoire pour tout élève avant que celui-ci n’accède aux écoles du colon (dites écoles de fils de notables ou d’indigènes). Dans ce genre d’établissement, il aura comme professeur l’un des auteurs français progressistes, François Bonjean, qui lui préface son premier livre et le sollicite plus tard pour écrire la préface d’une réédition marocaine d’un de ses ouvrages en 1968. Il signe son nom, en 1949, en recevant le grand prix littéraire du Maroc pour son premier livre " Le Chapelet d’Ambre". Mais auparavant, il aura fait ses preuves de journaliste dans l’organe « l’action du peuple », avant d’être nommé conservateur au musée d’« Al Batha », qu’il va fonder à Fès. Il accèdera par la suite à quelques hauts postes administratifs :

d’abord aux services des Arts et Métiers de sa ville natale.
puis à partir de 1938 au sein des ministères de la Culture, de l’Education Nationale ou à la Direction du Tourisme à la capitale Rabat. Ahmed Sefrioui va nous quitter en mars 2004, après nous avoir légué une œuvre littéraire riche et variée qui sera rééditée ou traduite dans d’autres langues : le Chapelet d’ambre (le Seuil, 1949), la Maison de servitude (SNED, Algérie, 1973), le Jardin des sortilèges ou le parfum des légendes (l’Harmattan, 1986).

2.3- Ce que raconte la Boîte à merveilles La ville de Fès, capitale spirituelle du royaume est omniprésente dans la majorité des écrits d’Ahmed Sefrioui. Dans la Boîte à merveilles, le lecteur suit le regard du jeune « Mohammed », un enfant de six ans, qui lui fait découvrir le quotidien de sa famille, colocataire d’une maison de la médina où elle occupe deux chambres au deuxième étage. Au gré de jeux de ce gamin, de ses déplacements et de ceux de sa mère, dans les ruelles, pour une raison ou une autre, on découvre la médina de Fès, avec ses souks et ses fondouks ; on visite ses marabouts, ses mausolées et ses bains ; on assiste à ses fêtes et ses rites ; on hume ses senteurs et ses arômes ; on pénètre dans ses écoles coraniques et on rencontre ses "fqihs" ses artisans et leurs apprentis ; on côtoie ses porteurs et leurs bêtes…. Notre guide est un môme, grand rêveur. Il est le fils unique d’une famille dont le père est un tisserand qui trime et sue pour le bonheur de son petit foyer. Un ménage qui a quitté son village dans les montagnes pour s’installer à Fès comme d’autres. Cette famille semble ne manquer de rien jusqu’au jour où le "Mâalem" Abdeslem perd tous les frais de roulement de son atelier et toutes ses économies lors d’une visite au souk pour l’achet de bracelets à sa femme Zoubida. Cet événement va bouleverser le train de vie de cette petite famille habituée au partage et au commérage avec les autres occupants de la grande maison. Le père va être obligé de quitter Fès pour aller travailler (temporairement) comme moissonneur dans les villages avoisinants de Fès. Tout rentra dans l’ordre quand le chef de famille va retourner dans son foyer avec l’argent nécessaire pour relancer son atelier. Sur cette intrigue intégrée dans l’action principale (celle de la quête par le héros d’une compagnie idéale pour réparer le manque né d’un sentiment de solitude implacable) viennent se greffer une série de petites histoires anecdotiques (la disparition de la petite voisine Zineb, la vie conjugale de l’oncle Othman, la ruine puis le second mariage de Moulay Larbi, l’époux de Lalla Aïcha, l’amie de Zoubida, etc.) dont la narration est prise en charge par un ou plusieurs autres personnages et rapportée au discours direct par le héros. Deuxième partie : des personnages et un espace (Regardez les articles précédentes), un contenu (Regardez ci-dessus):

1- Le synopsis de l’oeuvre

Ce synopsis contient les faits et événements majeurs de chacun des douze chapitres ainsi que leurs circonstances :

Chapitre. 1 (pp. 7-8) Pour illustrer l’inéluctable sentiment de solitude qui l’empêche encore de dormir le je narrant (personnage adulte) effectue un retour au passé qu’il entame par l’image d’une impasse et d’un enfant anonyme, solitaire lui aussi mais triste, car il ne parvient pas à piéger les moineaux dont il voulait faire ses compagnons. Après ce songe, le narrateur nous introduit dans la demeure familiale qui se trouvait, à deux pas de son école coranique de Derb Nouala. Plusieurs familles se partageaient cette grande maison de deux étages :

Les deux pièces et le patio du rez-de-chaussée étaient occupés par Kanza la voyante.
Au 1er étage la famille de Driss Elaouad disposait d’une pièce.
La famille du narrateur, disposant de deux chambres, partageait depuis trois ans, avec Allal le jardinier et sa femme Fatma Bziouia, le 2ème étage de cette maison de la médina de Fès. Ayant campé cet espace familial, le narrateur nous présente une des grandes figures de ces colocataires : Kanza la voyante dont les activités de prédiction connaissaient, par moment, une grande affluence d’une clientèle féminine "en quête du bonheur", comme elles connaissaient, aussi, une basse saison, où la cartomancienne "s’occupait de sa propre santé" p.9 Le narrateur semble justifier cette plongée dans son passé comme une cure de jouvence pour sa solitude d’adulte. Toutes les images et les moments retrouvés constituent un instant de bonheur et de gaieté pour l’auteur. Il pense qu’il n’était "ni heureux, ni malheureux, mais un enfant seul".Il peint un autoportrait où il se présente comme un petit enfant avide de savoir, qui baignait dans un univers particulier, à l’écart des ses condisciples. Dans ce chapitre liminaire, le maître de l’école coranique, a lui aussi, droit à une brève présentation qui précède le compte rendu de la journée de maman au bain maure. Le narrateur en garde un sentiment d’appréhension qui l’empêche toujours "de franchir les portes de ces lieux." Il en a toujours gardé, le souvenir d’une scène animée de femmes nues, se mouvant dans cet espace de promiscuité, de moiteur et de chaleur insupportables. Un lieu qui serait la réplique exacte d’"un enfer sur terre." L’enfant attendait le retour de sa mère, en jouant dans la rue ou en contemplant sa "boite à merveilles". Cet objet éponyme était une boite de pacotille pleine de choses hétéroclites sans valeur mais qui n’avaient de sens que pour lui. Dans sa solitude, ces"objets" étaient ses uniques compagnons, gisant "là, dans leur boite rectangulaire, prêts à (lui) porter secours dans (ses) heures de chagrin."p, 14. Le lendemain de la journée du bain était un jour de commérage pour les voisines. La maman du narrateur leur faisait le compte rendu détaillé et amusant de toutes les scènes auxquelles elle avait assisté. Le bain était un lieu de potins et de purification pour toutes les femmes du quartier. La maman du narrateur, avait l’habitude d’attendre son mari pour lui faire le résumé des évènements "futiles"de sa journée, ou celui de ses altercations avec les autres voisines,telle que celle qui l’opposa dans ce premier chapitre à Rahma, l’épouse de Driss Aouad(le fabricant de charrues). En fait, cette voisine qui ne disposait pas d’assez d’espace pour faire ses activités ménagères, avait l’habitude de faire sa cuisine sur le palier. Or, elle eut le malheur de laver son linge un lundi - jour réservé à Zoubida, la maman du narrateur - ; Celle-ci y vit une sorte de provocation de la part de cette voisine sans origines et se permit de la corriger en la traitant de toutes les bassesses. Le soir, en rapportant à son mari l’incident, la mère se fit passer pour une victime inoffensive et clémente, tout en manifestant sa véritable nature de langue déliée. Elle ne se retint pas, dans sa plainte, de traiter Rahma de pouilleuse. Celle-ci riposta immédiatement et le chapitre se referme sur l’évanouissement de l’enfant témoin, à la suite d’une tempête d’apocalypse provoquée par un nouvel échange de cris et d’injures véhéments.
Chapitre 2 (pp. 19-32) Le narrateur se souvient du msid et de ses mardis " au couleur de cendre". Il s’y rendait souvent le matin, après des nuits pleines de cauchemars, et n’en revenait que vers midi pour le déjeuner. Le lendemain de la dispute, Lalla Aicha, une ancienne voisine et amie de la famille leur rendit visite. Elle prodigua mille conseils à Zoubida qui souffrait encore des suites de sa querelle. La visiteuse lui fit deux propositions :

aller voir un fqih dont les talismans et les gris-gris étaient réputés efficaces pour guérir tout type de ||||| | était fatigué de sa seconde épouse, qu’il voulait retourner dans son premier foyer, mais qu’il n’avait pas le courage nécessaire pour cela. Salama ajouta que tout allait rentrer dans l’ordre parce que cet époux ingrat ne trouverait jamais d’épouse meilleure que sa première femme. Pendant que Salama mettait les deux femmes au courant des derniers événements, Zhor, une voisine de Lalla Aïcha, vint demander un peu de menthe ; mais en vérité, elle était venue pour participer à la diatribe contre la seconde femme du babouchier. D’après les propos de ces femmes, toute la famille du coiffeur était maudite et indigne de Moulay Larbi. Les agissements de la fille du barbier montraient le caractère insolent de cette famille et des jeunes filles de l’époque. Impressionné par la singularité et la délicatesse de Salama, qui lui offrit des gâteaux et prit sa défense contre une locataire acariâtre, et séduit par la fraîcheur et l’éclat de jeunesse de la voisine Zhor, qu’il souhaita voir assise à ses côtés, l’enfant se laissa entraîner par sa rêverie et oublia qu’il tenait un verre plein à la main.
Chapitre 12 (p179 à la fin) Ce matin, la maison se réveilla sur chant de Kanza la voyante qui entonnait un air vite repris par Rahma et les autres voisines. Elles chantaient la beauté de la Femme. Emporté par ce concert, le narrateur se mit à composer des vers en hommage à une beauté incarnée de son point de vue par la jeune Zhor vue chez Lalla Aicha. Malheureusement, ses rêveries furent interrompues par l’arrivée de son condisciple Allal Yakoubi, envoyé par le fqih s’enquérir de ses nouvelles. Toute la maison dut se taire lorsque Zineb vint annoncer le retour de Maâlem Abdeslem. Surprise, Zoubida, sa femme, resta "les bras ballants" au milieu de la pièce car elle ne croyait pas ses yeux, "elle nageait dans la joie au point de perdre l’usage de la langue."p183 Le voisin Driss ElAouad, venu saluer son voisin et invité par lui à partager le thé, fit part à la famille du divorce de Moulay Larbi d’avec la fille du coiffeur, ce que Maâlem Abdeslem approuva comme un geste de bon sens. Quant à Sidi Mohammed, après avoir servi fièrement le grand et lourd plateau de thé, tout en appréciant l’estime partagée entre les deux voisins et amis, il se retrouva seul ; mais cette fois, il se refusa à se laisser envahir par le pénible sentiment de solitude et alla chercher dans sa boîte à merveilles la compagnie de ses amis à lui.


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MessagePosté le: Ven 20 Mai - 12:23 (2011)    Sujet du message: La Boîte à merveilles Répondre en citant

I) Le Genre Autobiographique

Le mot "autobiographie" est composé de trois racines grecques : "autos" ("soi-même"), "bios" ("la vie"), "graphie" ("écrire"). Une autobiographie est le récit qu'une personne fait elle-même de sa vie passée : elle est à la fois l'auteur, le narrateur, et le protagoniste. Dans le texte autobiographique, "je" renvoie à la fois à l'auteur qui signe et raconte et au héros qui vécut l'histoire racontée. Contrairement au "je" romanesque, le "je" autobiographique désigne donc une personne réelle ; cependant cette personne peut avoir beaucoup changé entre le moment vécu (son enfance, par exemple) et le moment ou elle écrit : la première personne du texte autobiographique renvoie donc à des "moi" différents. D'où la double énonciation.

- Narration et commentaire : le récit des évènements vécus est "rétrospectif" ce qui implique l'utilisation des temps du passé (passé simple ou imparfait) où le présent de narration.

- Mais très souvent l'auteur commente ses évènements : il utilise alors le passé composé, le futur.

-« Le pacte autobiographique » : Philippe Lejeune désigne par cette expression les conventions qui règlent la relation auteur-lecteur dans les œuvres autobiographiques. L’auteur s’engage :
* à relater les évènements vécus dans l’univers réel
* à ne pas mentir
* à tout dire
L’autobiographe est un auteur sincère, le lecteur est invité à lire l’œuvre en tenant compte de ces données : on lui demande d’accepter d’être un témoin, un confident, un juge, un complice et parfois un voyeur.

- Ces pactes autobiographiques sont souvent exprimés dans le texte, ils peuvent aussi être souscrits hors du texte, sur la couverture, dans d’autres récits, dans des interviews…


II) Les enjeux de l’autobiographie
Parler de soi : L’autobiographe raconte sa propre vie et tout particulièrement les épisodes et époques marquants. Son enfance, ses relations avec ses parents et amis, ses premières amours, ses premiers chagrins. Il est confronté au problème du temps qui fuit, du souvenir qui se brouille, des changements irréversibles de la mort. Le lecteur est son confident, de son point de vue, l’autobiographe relève du registre lyrique.

Parler pour soi : L’autobiographie sert aussi à expliquer la formation d’une personnalité et à justifier des choix, des actes. Ainsi, Rousseau entreprend-il d’écrire des « Confession » pour faire comprendre qui il est vraiment et pour persuader le lecteur qu’il est un homme bon, malgré ce que disent de lui ses détracteurs. De ce fait, l’autobiographie relève aussi de l’argumentation : elle peut se faire plaidoyer ou réquisitoire.

Faire œuvre d’art : Quel que soit son désir de sincérité et de vérité, l’écrivain qui rédige son autobiographie a préoccupation esthétique. Il choisit l’ordre de la narration, développe plus ou moins certains épisodes, adopte un ton et un style d’écriture particuliers. L’autobiographie d’écrivain n’est pas un « document » qui aurait une valeur de vérité historique, mais un mouvement qui se signale par ses qualités esthétiques.


III) Les genres proches de l’autobiographie

L’autoportrait : c’est une œuvre dans laquelle l’auteur analyse sa personnalité mais sans raconter le déroulement de sa vie (Montaigne dans « Les essais » ; 1560-1595).

Le journal intime : ce n’est pas non plus un récit rétrospectif et global puisqu’il est écrit au jour le jour avec l’énonciation du discours.

Les mémoires : ces textes ne sont pas centrés sur la vie intime de l’auteur, mais sur les évènements historiques dont il a été le témoin (Saint Simon dans « Mémoires » ; 1694-1752).

Les correspondances : les lettres apportent des informations biographiques sur leur auteur mais elles le font de manière partielle et discontinue : on ne s’écrit que lorsqu’on est séparés, de plus les sujets abordés ne sont pas les mêmes selon les correspondants. Les correspondances d’écrivain relèvent à la fois de l’entreprise biographique et de la critique littéraire : on y trouve des éclairages sur les projets de l’auteur et la genèse des œuvres.

Les biographies : elles racontent la vie de personnes célèbres et sont rédigées pas des spécialistes (historiens, critiques) ou des journalistes.

Les récits de vie : ce genre apparu récemment propose la biographie de personnes inconnues mais dont la vie est originale. Ces récits sont souvent écrits sur commande à partir de confidences recueillies au cours d’entretiens. Ce genre est très populaire mais souvent encore méprisé par les cercles lettrés.


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MessagePosté le: Ven 20 Mai - 12:23 (2011)    Sujet du message: La Boîte à merveilles Répondre en citant



L'objectif de "La boite à merveilles" pour le petit enfant 'Sidi Mohammed' :

Boîte sous le lit:

La Boîte à Merveilles est une boîte ordinaire contenant des objets ordinaires. Des objets hétéroclites, en matière transparente, en métal, en nacre. Un bouton de porcelaine, des boules de verres, des anneaux de cuivres, un minuscule cadenas sans clef, des clous à tête dorée, des encriers vides, des boutons décorés, des boutons sans décor (p12), des épingles (p55) un cabochon en verre taillé en diamant offert par Rahma (p38), une chaînette de cuivre rongée de vert-de-gris offerte par sa mère, (p96).

Pour les autres, ce sont des vieilleries, le « bijou fabuleux et barbare »aux yeux de l’enfant est pour la mère « un bout de verre qui peut causer une blessure » (p39)

La métamorphose et ses secrets:

La transformation est de deux ordres. Le savoir faire et l’imagination. Ainsi, une opération de nettoyage transforme le métal vil en métal noble. « je savais transformer le cuivre, cette vile matière, en or pur ». L’imagination se charge du reste, l’objet devient fabuleux, chargé de vertus, porteur d’une histoire merveilleuse (p38). Ainsi, « Les plus humbles de mes boutons et de mes clous, par une opération de magie dont j’avais seul le secret, se muèrent en joyaux. » p96.

Les objets du plaisir et du mystère:

L’enfant découvre le plaisir des sens très tôt grâce à ses objets. L’objet est regardé, contemplé et caressé. Il a une âme et une vertu de talisman. Il est source de jouissance, « Il met les sens en extase » p13, et avait un goût qu’il ne pouvait goûter de la langue et le pouvoir d’enivrer, p13. L’impuissance à en jouir pleinement est un moment difficile pour lui. « Je sentais toute mon impuissance à en jouir pleinement. Je pleurais… ». Ce moment est penible quand le sommeil empêche la contemplation, « mes yeux, hélas ! n’avaient plus la force de regarder » ; sinon encore plus cruel quand les objets perdent leur pouvoir magique et deviennent des objets ordinaires, « cette constatation fut cruelle. J’éclatais en sanglots.».

L’enfant, friand de contes découvre aussi que ses objets racontent des histoires. « un bijou fabuleux provenant à n’en pas douter de quelque palaissouterrain où demeurent les puissances de l’Invisible. »(p39). Chaque objet parle son langage (p13), c’est un ami (p13 ; 249), peut être un message, un talisman où une pierre maudite.

Les heures de chagrin! :

Les objets qui fascinent l’enfant et l’enchantent ont une autre fonction. Ils lui permettent de conjurer tristesse et solitude. « La nuit, la maison tomba dans le silence, je me sentis triste. Je sortis ma, Boite,..(p54).

La Boîte à Merveilles lui permet de s’évader d’un monde de contraintes et de malheur, le monde réel, celui des adultes. Ce motif revient chaque fois qu’il est question de la Boîte à Merveilles : « Pour échapper au bruit des tambours qui bourdonnait encore sous mon crâne, j’ouvris ma Boite à Merveilles,… » (p150). « Moi, j’avais des trésors cachés dans ma Boite à Merveilles. J’étais seul à les connaître. Je pouvais m’évader de ce monde de contraintes... » (P71).

L’enfant fait appel dans ses moments de détresse à ses objets « prêts à me porter secours » (p12). Grâce à sa boîte, il se sentira moins seul, moins triste. C’est dans de pareilles circonstances que l’enfant la retire de dessous son lit : « Je me sentis triste et seul. Je ne voulais pas dormir, je ne voulais pas pleurer. Moi aussi, j’avais des amis. Ils sauraient partager ma joie. Je tirai de dessous le lit ma Boite à Merveilles je l’ouvris religieusement.»(p249).


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MessagePosté le: Ven 20 Mai - 12:24 (2011)    Sujet du message: La Boîte à merveilles Répondre en citant

La structure de l'œuvre: 12 chapitres.

v Chapitre 1:
- La solitude de l'enfant.
- Les habitants de Dar Chouafa.
- Les cérémonies de la voyante.
-La dispute: Zoubida et Rahma.

v Chapitre 2:
- Le Msid: un espace étouffant.
- La visite du sanctuaire: L.Aicha / L.Zoubida.
- (Le mausolée): Ali Boughaleb.

v Chapitre 3:
- Le fqih du Msid: une misère ridicule.
- La disparition de Zineb __ son retour était l'occasion
d'organiser une cérémonie.

v Chapitre 4:
- La visite de Lalla Aîcha: Zoubida et Aîchase livrent à leur commérage et Sidi part à aux jeux avec les enfants.
- My escrocé par Abdelkader. (Déboires).

v Chapitre 5:
- La faillite de My Larbi (L.Aicha vend ses bijoux).
- La mort du coiffeur Sidi Mohamed Ben Taher.

v Chapitre 6:
- Le nettoyage du Msid fait par les enfants: rixe enfantine.
- L'achat des nouveaux vêtements à l'occasion de Achoura.

v Chapitre 7:
-Les festivités de l'Achoura: Sidi Mohamed part au Msid pour festoyer
l'occasion.

v Chapitre 8:
- Le combat entre le père du narrateur avec le dellal rusé. (Le jour où il
emmène Zoubida pour lui acheter des bracelets).
- Le remariage de My Larbi.

v Chapitre 9:
- Ruiné, après avoir perdu son capital, Abdesslam laisse sa famille pour aller travailler aux tau bourgs de Fès: afin de rétablir son atelier.
- La visite de Lalla Aicha:
Changement de celle-ci.
Décision d'aller consulter le voyant Sidi El Arofi.

v Chapitre 10:
- La visite de Sidi El Arofi: La voyant aveugle a pu remédier aux
commentaires féminins.
- Le père, absent, parvient à ravir sa petite famille délaissée par l'envoi d'une somme d'argent.

v Chapitre 11:
- Le martyre dont souffre My Larbi auprès de sa nouvelle épouse.
- Salma, la marieuse, avoue sa responsabilité.

v Chapitre 12:
- L'abstinence du petit Sidi Mohamed aller au Msid.
- Le retour: - du père (joie de la fille).
- de My.Larbi (tranquillité d'âme de Lalla Aicha).
- La réouverture de la boite merveilleuse par le petit enfant, qui s'insinue
de nouveau dans son petit monde.


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