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Créateurs du symbolisme

 
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Fouad
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MessagePosté le: Jeu 23 Juin - 14:57 (2011)    Sujet du message: Créateurs du symbolisme Répondre en citant

     Charles Baudelaire 
      Poète controversé et violemment attaqué de son vivant, Charles Baudelaire a été salué après sa mort comme "le vrai Dieu" (Rimbaud), "le premier surréaliste" (Breton), "le plus important des poètes" (Valéry), "le plus grand archétype du poète à l’époque moderne et dans tous les pays" (TS Eliot). Baudelaire est aussi considéré comme le chef de file des décadents (Charles Cros, Germain Nouveau, Huysmans), le maître à penser des symbolistes (Ghil, Samain, Moréas). En bref, par son oeuvre novatrice et provocante, Baudelaire incarne à lui seul la modernité littéraire. L’oeuvre de Baudelaire est étroitement liée à l’histoire de sa vie, qui commence peut-être à la mort de son père, alors qu’il n’a que six ans. Cette tragédie entraîne le second mariage de sa mère avec le général Aupick, un militaire représentant aux yeux du jeune Baudelaire l’horreur de la discipline, de la morale bourgeoise et de la religion établies.

     A 18 ans, Baudelaire est expulsé du lycée Louis le Grand à Paris, et son beau-père décide de le faire voyager jusqu’à Calcutta, en Inde. Baudelaire n’ira pas plus loin toutefois que la Réunion, dans l’Océan Indien. Revenu à Paris et majeur légal, Baudelaire encaisse l’héritage qui lui revient de son père, une grosse fortune dont il dilapide la moitié en six mois. Aupick met alors le reste de l’héritage sous le contrôle d’un huissier, et Baudelaire ne reçoit désormais que de maigres dividendes qui lui permettent d’éviter la misère. Pour survivre, Baudelaire commence à publier des articles dans des revues, ainsi que ses traductions des oeuvres d’Edgar Poe.

     En 1857, Baudelaire publie Les Fleurs du mal, qui font immédiatement scandale et sont interdits à la vente un mois après leur parution. Baudelaire est condamné par le tribunal à payer une amende – ce qui le plonge plus encore dans la misère, et à remanier les passages incriminés. Une nouvelle version du recueil est publié en 1861, mais ne se vend guère. Malgré ses efforts, Baudelaire ne parvient pas à se sortir de la misère, et sa créativité en souffre. Il se rend en Belgique dans l’espoir de trouver un éditeur, mais il en revient déçu, n’y ayant rencontré "qu’une très grande avarice". Il se venge en publiant un pamphlet, Pauvre Belgique.

     La pauvreté et les excès prédisposaient Baudelaire à une maladie, qui se déclare vers 1850. A partir de 1857, pour soulager ses violents maux de tête, Baudelaire utilise l’opium, comme son contemporain Thomas de Quincey, dont il analyse les Confessions d’un mangeur d’opium dans Les Paradis artificiels. Son "rhumatisme à la tête" ne le quitte plus à partir de 1860, et en 1866, alors qu’il est en Belgique, une crise plus grave le laisse paralysé et aphatique. Il meurt le 31 août 1867 après une longue agonie. La propriété de ses oeuvres complètes sera vendue pour une somme dérisoire, et sur son compte restait encore des sommes de l’héritage de son père.

     Au centre de l’expérience existentialiste et poétique de Baudelaire est le spleen, cette sorte de langueur de l’esprit qui empêche le poète de vivre la réalité dans sa consistance ordinaire. Le seul moyen de surmonter ce sentiment d’écoeurement pour l’existence est d’écrire : "Subir le spleen, mais savoir le peindre, c’est passer d’une extrême faiblesse à l’effort créateur."

    Dans les Fleurs du mal, qui rassemble plus de cent vingts poèmes, Baudelaire évoque son expérience de la dualité entre divinité et enfer, le Spleen et l’Idéal, ses amours maudits (Jeanne Duval la mulâtresse) ou platoniques (Madame Sabatier, sa muse et protectrice), l’expérience douloureuse ou spirituelle de la solitude, les paradis artificiels (vin, opium, haschich), la débauche et les voluptés interdites (homosexualité, plaisirs sadiques). Baudelaire parle encore de ses rapports avec la religion, qu’il exècre, de la tentation qu’il éprouve envers la mort. Toutes ces expériences sont des tentatives pour échapper au spleen, les Fleurs du mal sont des fleurs vénéneuses, l’oxymore qui nomme cette somme poétique reflète bien cette tension, cette tentation de trouver l’extase dans les plaisirs interdits de la morale bourgeoise.

     La poésie de Baudelaire est de facture classique, utilisant les artifices traditionnels du vers, et de l’alexandrin en particulier. Rimbaud en a critiqué la forme mesquine parfois. Mais cette poésie est lourdement fardée, jusqu’à apparaître comme un masque, recouvrant une grande détresse. Pourtant, dans les Petits poèmes en prose (1862), Baudelaire se libère un peu des formes traditionnelles, même s’ils restent minutieusement métrés. L’éclatement de la forme classique ne viendra que plus tard, avec Rimbaud, puis Mallarmé.

     L’oeuvre de Baudelaire, dans son romantisme exacerbé et sombre, située au seuil de la modernité poétique, expose longuement le déchirement d’un individu, pris dans le mouvement contradictoire entre le bien et le mal, la laideur et la beauté, Dieu et Satan, l’enfer et le ciel, la félicité et la douleur.

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MessagePosté le: Jeu 23 Juin - 14:57 (2011)    Sujet du message: Publicité

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MessagePosté le: Jeu 23 Juin - 15:02 (2011)    Sujet du message: Arthur Rimbaud Répondre en citant

Arthur Rimbaud

     1854-1868 - Rimbaud est né le 20 octobre 1854 à Charleville (et non à Charleville-Mézières car ces 2 villes étaient distinctes à cette époque et n'ont fusionnées qu'en 1966), une petite ville des Ardennes, de l'Est de la France, tout près de la Belgique. Son père, Frédéric Rimbaud, est capitaine d'infanterie, il a épousé en 1853 Vitalie Cuif, fille de paysans ardennais. Le père quitte très vite le foyer familial. Il laisse Vitalie seule avec cinq enfants : Frédéric, né un an avant Arthur, Vitalie (née en 1858), Isabelle (née en 1860) et une autre fille née en 1857 qui meurt en bas-age. Dès l'age de huit ans, Rimbaud fréquente l'Institut privé Rossat, à Charleville. En 1865, il entre au collège. C'est sur les bancs du collège qu'il rencontre Ernest Delahaye. Né un an avant Rimbaud, Delahaye noue avec le jeune Arthur des liens d'amitié qui se prolongeront toute sa vie. Certaines des lettres échangées entre les deux hommes ont été conservées et sont importantes pour retracer la vie du jeune poète, mais aussi pour comprendre son rapport à la création littéraire. Au collège, Arthur se révèle vite être un « fort en thème » remarqué et encouragé par ses professeurs.

     1869 - Rimbaud a quinze ans. Toujours collégien, c'est un excellent latiniste : « Jugurtha », publié avec trois autres de ses compositions latines dans « Le moniteur de l'enseignement secondaire » lui vaut le premier prix du Concours Académique. C'est de cette année que datent ses premiers vers en français : « Les étrennes des orphelins », publiés un an plus tard. 1870 - Entré en classe de rhétorique, Rimbaud rencontre Georges Izambard. Cet enseignant lui fait lire Victor Hugo, Théodore de Banville, Rabelais et lui ouvre sa bibliothèque. La mère de Rimbaud n'apprécie pas l'amitié entre le jeune garçon et le professeur : elle ne correspond pas à l'éducation stricte qu'elle entend donner à ses enfants. Izambard jouera un rôle important pour Rimbaud ; il conserve notamment ses premiers textes (voir par exemple Un coeur sous une soutane).

      Le 24 mai, Rimbaud envoie à Banville trois poèmes, espérant leur publication dans la revue du « Parnasse contemporain »: Sensation, Ophélie, et Credo in unam ... (intitulé plus tard « Soleil et Chair »). Ces vers ne seront pas publiés mais une revue, « La Charge », lui ouvre deux mois plus tard ses pages pour « Trois Baisers » (connu sous le titre « Première Soirée »). À la fin du mois d'août, Rimbaud quitte brusquement Charleville pour gagner Paris. Le 19 juillet, la France est entrée en guerre contre la Prusse : Rimbaud espère sans doute assister à la chute de l'empereur, affaibli par la bataille de Sarrebrück. Il est arrêté dès son arrivée dans la capitale. Il appelle Izambard à l'aide. Le professeur parvient à gagner Paris, fait libérer le jeune homme et le reconduit à Charleville à la fin du mois de septembre.

    En octobre Rimbaud fugue une nouvelle fois. Il part pour Bruxelles, puis Douai où il débarque dans la famille de Georges Izambard. Il y recopie plusieurs de ses poèmes. Ce recueil que Rimbaud confiera au poète Paul Demeny, ami d'Izambard, est connu sous le nom de « Cahier de Douai ».

    1871 - En février, Rimbaud part pour Paris, il rentre à pied à Charleville début mars. En mai, il est encore à Charleville, d'où il écrit à Georges Izambard et Paul Demeny les deux « lettres du Voyant ». Suit une période dont on sait peu de choses. Rimbaud participe probablement aux événements de la Commune de Paris pour laquelle il semble s'être passionné. C'est sans doute à ce moment qu'il compose « Les déserts de l'amour », où mûrit déjà ce qui fera le corps de la « Saison en enfer ».

    Cette année-là, Rimbaud rencontre Auguste Bretagne. Cet employé aux contributions indirectes de Charleville a connu Paul Verlaine à Arras. Bretagne, passionné de poésie, féru d'occultisme et buveur d'absinthe encourage le jeune poète à écrire à Verlaine. Rimbaud, aidé de Delahaye qui joue les copistes, envoie quelques poèmes. Verlaine s'enthousiasme pour ces textes qu'il diffuse dans son cercle d'amis. Il prie Rimbaud de le rejoindre à Paris. 

    À la fin du mois de septembre, Rimbaud débarque dans la capitale. C'est sans doute juste avant ce voyage qu'il compose le « Bateau ivre ». À Paris, Rimbaud loge d'abord chez les parents de Mathilde, la femme de Verlaine, mais il se rend indésirable, et est bientôt contraint à se réfugier chez des amis de Paul (Charles Cros, Forain et Banville). Rimbaud participe avec Verlaine aux dîners des « Vilains Bonshommes » et aux réunions du « Cercle Zutique » au cours desquelles la joyeuse bande compose des pastiches dont certains sont consignés dans un cahier, désigné par les éditeurs de Rimbaud sous le nom « d'Album Zutique » (voir notamment le fameux « Sonnet du trou du cul » ou encore « Les remembrances du vieillard idiot » et « Aux livres de chevet... »).

    1872 - Les deux poètes hantent les cafés du Quartier Latin. Ils mènent une vie dissolue, de provocation en beuverie. Mathilde Verlaine, excédée, quitte Paris pour Périgueux avec son fils. Verlaine, troublé par ce départ, écrit à sa femme une lettre suppliante. Mathilde lui fait savoir qu'elle n'acceptera de rentrer que si Rimbaud est renvoyé. En mars, Rimbaud regagne les Ardennes. Mais Verlaine parvient à le faire revenir à Paris en mai. Il ne loge plus chez les Verlaine, mais dans une chambre rue Monsieur-le-Prince, puis à l'hôtel de Cluny. 

    Le 7 juillet, Rimbaud et Verlaine partent pour la Belgique. Mathilde découvre alors à Paris les lettres que Rimbaud a adressées à son mari de février à mai. Elle part aussitôt pour Bruxelles pour tenter de récupérer Paul. Verlaine accepte dans un premier mouvement de rentrer à Paris mais s'esquive au dernier moment. Début septembre, Rimbaud et Verlaine sont en Angleterre. Leur misère est grande et Verlaine est préoccupé par le procès en séparation de corps que Mathilde vient de lui intenter. Les deux poètes se séparent, Rimbaud retrouvant les Ardennes à la fin du mois de décembre.

    1873 - A la mi-janvier, Rimbaud reçoit une lettre de Verlaine qui se dit malade et mourant de désespoir à Londres. La mère de Paul, toujours prompte à tout faire pour son fils, se rend à son chevet; elle offre à Rimbaud l'argent du voyage. En avril, Verlaine et Rimbaud passent d'Angleterre en Belgique.

    Peu après, Rimbaud rentre à la ferme familiale de Roche. Il commence à rédiger « Une saison en enfer » (évoquée dans une lettre adressée en mai à Ernest Delahaye). Rimbaud s'ennuie à Roche, il y rencontre de temps en temps Delahaye et Verlaine à Bouillon, à la frontière franco-belge. C'est là que Verlaine entraîne à nouveau Rimbaud vers l'Angleterre, à la fin du mois de mai.

    Les deux hommes se querellent et Paul prend au début du mois de juillet l'initiative d'une rupture. Il laisse Rimbaud sans un sou à Londres et gagne la Belgique, espérant renouer avec sa femme. L'échec de cette tentative de réconciliation le conduit à rappeler Rimbaud auprès de lui à Bruxelles, mais les deux hommes se querellent encore. Verlaine tire deux coups de feu sur son ami qu'il blesse au poignet. Rimbaud est conduit par Verlaine et sa mère à l'hôpital Saint-Jean où il est soigné.

    Mme Verlaine persuade son fils de laisser partir Rimbaud mais, sur le trajet qui mène le trio à la gare du Midi, Verlaine porte la main à la poche où se trouve son revolver. Rimbaud s'affole et trouve la protection d'un agent de police. Arthur ne souhaite pas porter plainte, mais l'affaire est aux mains de la justice belge et Verlaine écope de deux ans de prison. Rimbaud n'est que légèrement blessé : il sort de l'hôpital le 20 juillet. Rimbaud passe l'hiver dans la ferme familiale de Roche.

    1874 - En mars, Rimbaud se trouve à Londres en compagnie de Germain Nouveau, un ancien du cercle zutique qui l'aide à copier des poèmes des « Illuminations », mais ce dernier décide bientôt de rentrer à Paris; Rimbaud se retrouve seul et désemparé. Il donne des leçons de français puis se résigne à retourner dans les Ardennes.

    1875 - Rimbaud part pour l'Allemagne. Il est embauché comme précepteur à Stuttgart. Verlaine vient de sortir de prison, il est revenu aux pratiques catholiques et décide de se rendre à Stuttgart. Il voudrait renouer avec Rimbaud, mais aussi « sauver son âme ». L'attitude de Verlaine irrite fortement Arthur qui le renvoie après deux jours seulement. En mai, Rimbaud quitte l'Allemagne pour la Suisse et entre en Italie à pied. Lorsqu'il arrive à Milan, il est malade et doit s'arrêter.

     Rimbaud reprend en juin sa route vers le sud peut-être pour embarquer vers l'Afrique. Terrassé par une insolation sur la route de Livourne à Sienne, il est rapatrié à Marseille par le consulat français. Il rêve de s'enrôler dans l'armée carliste, mais ne donne pas suite à son projet et remonte à Paris en juillet. Il retrouve Charleville en Octobre. De ce passage dans les Ardennes, on a conservé la dernière « manifestation poétique » de Rimbaud : Rêve, un texte inclus dans une lettre à Ernest Delahaye.

    1876 - Rimbaud part à Vienne. Il se fait détrousser par des brigands puis expulser d'Autriche, repart pour la Hollande et signe, le 19 mai, à Harderwijk un engagement de six ans dans l'armée coloniale hollandaise. Mercenaire étranger, il doit rétablir l'ordre à Java. Il s'embarque le 10 juin et arrive à Batavia (aujourd'hui Djakarta) le 19 juillet. Au bout de quelques semaines, Rimbaud déserte et regagne l'Europe sur un voilier écossais. Il est à Charleville à la fin du mois de décembre.

    1877 - Au printemps, Rimbaud part pour Brême, où il semble avoir envisagé de s'engager dans la marine américaine, puis à Hambourg, parcourt la Suède et le Danemark avec un cirque ambulant. Il revient quelque temps à Charleville puis tente une autre évasion. On le trouve à Marseille, d'où il s'embarque en septembre pour Alexandrie. Malade à bord, il est débarqué à Civita-Vecchia, visite Rome, et passe l'hiver dans les Ardennes.

     1878 - Au printemps, Rimbaud éprouve une nouvelle fois le besoin de fuir. Se rend-il à Hambourg dans le but de gagner l'Orient ? Fait-il le tour de la Suisse ? On l'ignore. Il se replie sur Roche où il passe l'été, repart fin octobre, traverse les Vosges, la Suisse et le Saint-Gothard à pied. A Lugano, il prend le train pour Gênes, d'où il s'embarque pour Alexandrie. Il semble chercher activement du travail en Égypte, allant même jusqu'à demander à sa mère dans une lettre écrite en décembre de certifier qu'il est en règle avec l'armée, et bon travailleur. Il gagne à la fin de l'année l'Île de Chypre où il a trouvé un emploi de chef de chantier au service d'une maison française.

     1879 - En juin, Rimbaud, épuisé par une fièvre typhoïde, doit regagner précipitamment la France. Il revient à Roche où il se soigne et travaille à la ferme. A Delahaye qui lui rend visite, Rimbaud dit son détachement de la littérature : « Je ne pense plus à ça ».

     1880 - Rimbaud regagne Chypre au printemps. Il est embauché dans une entreprise chargée d'édifier un palais destiné au gouverneur britannique. Mais Rimbaud démissionne de son poste et quitte l'île en juillet, s'embarque pour l'Egypte et gagne Aden en août. Il trouve un emploi à la maison Viannay, Mazeran, Bardey et Cie, spécialisée dans le commerce des peaux et du café. Bardey vient d'ouvrir une succursale à Harar : Rimbaud accepte de s'en charger et arrive le 13 décembre à Harar après avoir traversé à cheval le désert somali. 

    1881 - Rimbaud est acheteur pour la maison Bardey. Après une période d'enthousiasme, il commence à s'ennuyer, se plaint du climat, se heurte à la jalousie des négociants. Il charge sa mère de lui faire parvenir des ouvrages techniques, des instruments, un appareil photographique. Il rêve d'explorations. En juin-juillet, expédition à Bubassa, qui le fatigue et le rend malade. Rimbaud se lasse de Harar, s'exaspère des retards du courrier, a des ennuis avec ses patrons. Il quitte la ville pour Aden en décembre.

   1882 - Rimbaud travaille à Aden pour la maison Bardey. Il s'occupe toujours de science et d'exploration, et commande du matériel de photographie, activité dont il espère tirer quelque profit.

   1883 - Rimbaud repart d'Aden pour Harar où Bardey le charge d'entreprendre des explorations dans le Somali et le pays Galla. Rimbaud décide alors de reconnaître l'Ogadine qui est encore mal connu. Il y pénètre en août et rédige peu après un rapport d'ensemble sur la région. Cette étude sera publiée l'année suivante dans le bulletin de la Société de Géographie (c'est le « Rapport sur l'Ogadine »). La fortune tarde à venir : Rimbaud se voit découvreur, explorateur, bâtisseur... Il continue à commander dans ses lettres à sa famille (et surtout à sa mère) des manuels et du matériel technique tout en donnant des instructions sur le placement de ses économies. Le poète devenu commerçant sans succès semble, tout en se plaignant de sa situation à ses employeurs, se plaire à imaginer une vie de rentier, il pense même à se marier !

    1884 - La maison Bardey, en difficulté, liquide. Rimbaud reprend en avril la route d'Aden où il demeure au chômage, désespéré de voir s'amenuiser ses économies. Par chance, Bardey, qui a réussi à monter une nouvelle affaire, engage Rimbaud pour six mois, jusqu'à la fin de l'année.

    1885 - Rimbaud signe en janvier un nouveau contrat d'un an avec Bardey.
Lorsque, en octobre, il entend parler d'une affaire d'importation d'armes dans le Choa, il dénonce son contrat et s'engage dans l'aventure. Il s'agit de revendre cinq fois plus cher à Ménélik, roi du Choa, des fusils d'un modèle devenu obsolète en Europe, achetés à Liège. Parti en novembre pour Tadjourah prendre livraison des fusils et organiser une caravane qui les acheminera jusqu'au roi, Rimbaud est bloqué plusieurs mois par une grève des chameliers.

    1886 - En avril, la caravane est enfin prête à partir quand Rimbaud apprend l'ordre transmis par le gouverneur d'Obock : à la suite d'accords franco-anglais, toute importation d'armes est interdite dans le Choa. Rimbaud cache son stock dans le sable afin d'éviter une saisie. Il se plaint auprès du Ministère des affaires étrangères français, fait diverses démarches. Apprenant en juin qu'une expédition scientifique italienne est autorisée à pénétrer dans le pays, il s'arrange pour se joindre à elle. Malgré l'abandon de Labatut, principal instigateur de l'affaire et la mort de l'explorateur Soleillet, Rimbaud prend en septembre la tête de la périlleuse expédition. Une chaleur de 70 degrés pèse sur la route qui mène à Ankober, résidence de Ménélik. Rimbaud ignore que, pendant ce temps, La Vogue publie en France des vers de lui et une grande partie des Illuminations.

   1887 - Rimbaud arrive à Ankober le 6 février, mais le roi est absent. Il doit gagner Antotto à 120 kilomètres de là. Le roi l'y reçoit, accepte les fusils mais fait des difficultés au moment de payer; il entend déduire de la facture les sommes que Labatut mort récemment d'un cancer lui devait, et invite Rimbaud à se faire régler le reste par Makonen, le nouveau gouverneur de Harar.

    Rimbaud fait donc route vers Harar, avec l'explorateur Jules Borelli. Il parvient à se faire payer par Makonen, mais il n'a rien gagné sinon, comme il l'écrit au vice-consul de France à Aden le 30 juillet, « vingt et un mois de fatigues atroces ». À la fin du mois de juillet, il part au Caire pour se reposer ; Rimbaud est épuisé, vieilli, malade. « J'ai les cheveux absolument gris. Je me figure que mon existence périclite », écrit-il à sa famille dans une lettre du 23 août. Dans une lettre au directeur d'un journal local, le « Bosphore égyptien », il raconte son voyage en Abyssinie et au Harar.

    Les lettres envoyées à sa famille à la fin de cette année témoignent de ce découragement. Rimbaud se plaint de rhumatismes et son genou gauche le fait souffrir. Il a pourtant assez de courage pour faire paraître dans le journal Le Bosphore égyptien une étude traitant de l'intérêt économique du Choa. Ce travail sera transmis à la Société de Géographie.
Rimbaud songe un moment à se rendre à Zanzibar, puis à Beyrouth, mais un procès, lié à l'affaire Ménélik, le rappelle en octobre à Aden où il tente sans succès de faire du commerce.

   1888-1890 - Rimbaud est à Aden au début de l'année 1888. En mars, il accepte de convoyer une cargaison de fusils vers Harar, mais renonce à une seconde expédition. Peu de temps après, il fait la connaissance d'un important commerçant d'Aden, César Tian, qui lui offre un poste de représentation à Harar. Rimbaud accepte, d'autant plus qu'il pourra en même temps travailler à son compte. Pendant trois ans, Rimbaud importe, exporte, mène ses caravanes à la côte. Pourtant, il s'ennuie beaucoup et n'a pour relations que la petite poignée d'Européens fixés ou de passage dans le pays. Il entretient avec eux une importante correspondance.

    1891 - Rimbaud est atteint d'une tumeur cancéreuse au genou droit, aggravée par une ancienne syphilis. Le 15 mars, il ne peut plus se lever et se fait transporter à Zeilah sur une civière. Il s'embarque pour Aden : « Je suis devenu un squelette : je fais peur », écrit-il à sa mère le 30 avril. Le 9 mai, il se fait rapatrier et arrive le 22 mai à Marseille où il entre à l'hôpital de la Conception. L'amputation immédiate de la jambe s'avère nécessaire. La mère de Rimbaud accourt à Marseille le 23 mai. Le 25, l'opération a lieu. Rimbaud est désespéré. « Notre vie est une misère, une misère sans fin. Pourquoi donc existons-nous ? », écrit-il à sa soeur Isabelle le 23 juin.

     A la fin du mois de juillet, Rimbaud, en a assez de l'hôpital. Il retourne à Roche où sa soeur Isabelle le soigne avec dévouement. Mais la maladie progresse et l'incite a revenir à Marseille où il compte sur les bienfaits du soleil et aussi sur la possibilité d'un retour en Afrique où ses amis l'appellent. Il arrive à Marseille à la fin août, en compagnie d'Isabelle qui l'assistera jusqu'à sa mort.

    Rimbaud doit aussitôt retourner à l'hôpital de la Conception. Son état empire, il se désespère. Après une courte période de rémission, Rimbaud connaît plusieurs semaines d'atroces souffrances. Sa soeur parvient à lui faire accepter la visite d'un aumônier qui conclura bien légèrement à la foi du moribond.

   La veille de sa mort, il dicte, en proie au délire, une lettre adressée au directeur des Messageries Maritimes : « Je suis complètement paralysé, donc je désire me trouver de bonne heure à bord, dites-moi à quelle heure je dois être transporté à bord.» Rimbaud meurt le 10 novembre. Il est âgé de trente-sept ans. Il sera enterré le 14 au cimetière de Charleville.

 

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MessagePosté le: Jeu 23 Juin - 15:06 (2011)    Sujet du message: Paul Verlaine Répondre en citant

Paul Varlaine 
 
 
    Verlaine enfant Le 30 mars 1844, naissance à Metz de Paul-Marie Verlaine, fils de Nicolas-Auguste, militaire de carrière, et d' Élisa-Stéphanie Dehée. C'est une famille bourgeoise aisée. Ils ont recueilli leur nièce Elisa Moncomble en 1836 et elle jouera auprès de Paul à la fois le rôle de grande soeur et de cousine. Enfant unique longtemps désiré, il est choyé par sa mère et sa cousine qui lui passent tous ses caprices. En 1849, le père de Verlaine démissionne de l'armée après de nombreuses mutations et la famille s'installe à Paris. De 1851 à 1861 : Verlaine fait toutes ses études à Paris, en temps qu'interne à l'institution Landry, rue Chaptal, puis au lycée Bonaparte (Condorcet aujourd'hui). De 1862 à 1864 : Verlaine est bachelier ès lettres à 18 ans. Il s'inscrit en droit mais fréquente surtout les cafés et les poètes. Il renonce rapidement à ses études pour travailler d'abord dans un cabinet d'assurances, puis comme expéditionnaire à la mairie du IXème arrondissement.

     Il est ensuite expéditionnaire de l'ordonnancement à la préfecture de la Seine. Avec son ami Edmond Lepelletier, il fréquente le salon de la marquise de Ricard et rencontre chez elle les premiers Parnassiens ainsi qu' Alphonse Lemerre, futur éditeur. Son premier poème publié est Mr Prudhomme dans la revue de son ami Louis Xavier de Ricard : La Revue du Progrès. Son père décède en 1865. Paul vit avec sa mère. Il est amoureux fou, mais sans espoir aucun, de sa cousine Elisa, mariée depuis 1858.

     En 1866, à vingt-deux ans, Verlaine publie sept poèmes dans le Parnasse Contemporain, puis sa première plaquette à compte d'auteur chez Lemerre, Poèmes Saturniens. En 1867, Elisa meurt à l'âge de trente et un ans. Miné par le chagrin, Verlaine se réfugie dans l'alcool. Publication discrète à Bruxelles par Poulet-Malassis, ami et éditeur de Baudelaire, des "Amies, Scènes d'amour sapphique".

     En 1868, Verlaine rencontre Charles de Sivry, musicien au Chat noir, demi-frère de Mathilde Mauté de Fleurville et membre du groupe des futurs Vilains Bonshommes. Il fréquente le salon de Nina de Villard (séparée de son mari Hector de Callias). Le 20 février 1869, ll fait paraître "Fêtes galantes" chez Lemerre, toujours à compte d'auteur. Ayant rencontré Mathilde chez Sivry en juin, il lui fait la cour. La Bonne Chanson est un témoignage de cette époque. Il mène une existence crapuleuse à Arras. Début juillet, en état d'ivresse, il tente par deux fois de tuer sa mère à quelques jours d'intervalle. En octobre, il demande officiellement Mathilde en mariage. A côté, il se lie d'amitié avec Lucien Viotti, ex-condisciple avec lequel il s'essaye au théâtre (Vaucochard-fils 1er).

     En juin 1870, la Bonne Chanson paraît chez Lemerre. Le 11 août, apparemment assagi, il épouse Mathilde, âgée de dix-sept ans à peine. En septembre, au début du siège de Paris, il s'engage comme Garde national tout en restant commis-rédacteur de la Ville.

     Durant la Commune, du 18 mars au 28 mai 1871, Verlaine conserve son poste à l'Hôtel de Ville puis se réfugie en province avec sa famille. Le 11 juillet, il est révoqué. En août il rentre à Paris et est hébergé par les Mauté, rue Nicolet. En septembre, il invite Rimbaud à le rejoindre à Paris. Celui-ci a seize ans et lui a envoyé ses premiers poèmes de Charleville. Ils visitent Paris et traînent les cafés ensemble. Ils fréquentent le cercle des poètes Zutiques qui se réunit à l'Hôtel des Etrangers, boulevard Saint-Michel, et collaborent à l'Album collectif du groupe. Malgré leur largeur d'esprit, ces jeunes poètes (parmi eux Mallarmé) sont scandalisés par la violence et l'attitude grossière de Rimbaud. Verlaine est écartelé entre sa vie de famille et son amour pour Rimbaud. Indécis, il boit de plus en plus.

     En janvier 1872, victime de violences conjugales, Mathilde s'enfuit avec son fils Georges, né le 30 octobre. Elle se réfugie à Périgueux. Verlaine vit jusqu'à la mi-mars à Paris avec Rimbaud, pour qui il écrit "Ariettes oubliées". Puis ayant promis à sa femme de rompre avec Arthur rentré à Charleville, elle accepte de reprendre la vie commune. De retour à Paris en mai, Arthur contacte Verlaine et arrive à le convaincre de partir avec lui. Tous les deux s'enfuient pour la Belgique à Bruxelles au mois de juillet 1872 (futurs Paysages belges de Romances sans paroles). Décidée à ramener son mari à la maison, Mathilde part les rejoindre avec sa mère le 22 juillet. Toutes les deux parviennent à entraîner Verlaine jusqu'à la frontière mais il les abandonne brusquement dans la gare et choisit de rejoindre Rimbaud. Mathilde rentre à Paris et demande la séparation de corps et de biens.

      Le 7 septembre, Verlaine et Rimbaud voyagent entre Ostende et Douvres, puis gagnent Londres. Sur les conseils de sa mère, Rimbaud rentre à Charleville en décembre. Resté seul, Verlaine déprime et tombe malade. Il est soigné par sa mère en janvier 1873. Rimbaud vient le rejoindre. Ex-communard, Verlaine est surveillé de loin par la police et se cache. Il repart à Namur le 4 avril pour essayer de se réconcilier avec sa femme, mais elle ne veut rien entendre. Fin mai, Verlaine et Rimbaud sont de retour à Londres. Le couple vit de l'argent de la mère de Verlaine, et de leçons de français.

     Le 3 juillet, à la suite d'une violente dispute qui n'est qu'un prétexte, Verlaine quitte Rimbaud. Il veut essayer une dernière fois de parlementer avec sa femme et menace de se brûler la cervelle si elle ne vient pas au rendez-vous. Le 5, Mme Verlaine mère retrouve son fils à Bruxelles. Rimbaud arrive le 8, convoqué par télégramme. Le 10, ivre et sachant que Rimbaud veut le quitter définitivement, Verlaine tire sur lui deux coups d'un revolver qu'il a acheté. Rimbaud est légèrement blessé au poignet gauche. Après avoir reçu des soins à l'hôpital, comme Verlaine semble persister à vouloir empêcher à tout prix son départ alors qu'ils sont sur le chemin de la gare, Rimbaud prend peur et fait intervenir un agent de police. Verlaine est arrêté et subit un examen médico-légal qui conclut à des pratiques homosexuelles.

     Le 8 août, il est condamné à deux ans de prison ferme à Bruxelles, et 200F d'amende, bien que Rimbaud ait retiré sa plainte. Après appel, le jugement est confirmé le 27 août. D'abord en prison à Bruxelles, Verlaine est transféré à Mons en octobre 1873. Le 27 mars 1874 paraissent les Romances sans paroles. Le 24 avril le jugement de séparation est rendu et donne à Mathilde la garde de son fils. Verlaine est condamné à lui verser une pension alimentaire de 1200F par an.
En juin, le poète se déclare converti au catholicisme et rédige en prison certains des poèmes de Sagesse.

      Il sort de prison le 16 janvier 1875, ayant bénéficié de presque un an de remise de peine pour bonne conduite. Il se rend avec sa mère à Fampod (Pas-de-Calais) chez son oncle maternel, puis après une autre tentative de réconciliation avec Mathilde, il part pour Stuttgart rejoindre Rimbaud qui est précepteur et qui lui fait en deux jours et demi " renier son dieu". C'est au cours de cette dernière rencontre que Rimbaud lui confie le manuscrit des Illuminations. 

      Le 20 mars, Verlaine est à Londres, professeur de grec, latin, français et dessin. Il rencontre Germain Nouveau, ancien du Cercle Zutique et également ami de Rimbaud. Verlaine envoit des poèmes au 3ème Parnasse contemporain qui les refuse. En décembre, il envoie une dernière lettre à Rimbaud, restée elle aussi sans réponse, depuis qu'il a refusé de le dépanner financièrement. Verlaine continuera cependant à essayer de rester informé des faits et gestes de son ami en restant en contact avec leurs amis communs, Ernest Delahaye et Germain Nouveau.

      En 1876, il est professeur en Angleterre : Stickney, Boston, puis Bournemouth. Il passe régulièrement ses congés en France, chez sa mère. Fin juin 1877, il quitte l'Angleterre. En octobre, il est engagé comme professeur à Rethel. Il enseigne le français, l'anglais, l'histoire et la géographie. En 1878, toute l'année Verlaine essaye en vain de fléchir Mathilde par l'intermédiaire de Sivry avec lequel il travaille à une Opérette, La Tentation de Saint-Antoine. A Rethel, à la rentrée suivante, il noue avec un de ses élèves, Lucien Letinois, 18 ans, une amitié équivoque.

      Le 4 septembre 1879, il est renvoyé de Notre-Dame de Rethel et il part aussitôt pour Londres avec Lucien Létinois, qui trouve un poste de professeur à Stickney, où avait enseigné Verlaine. Lui enseigne à Lymington, près de Southampton et de l'île de Wight. A Noël, ils se retrouvent à Londres. A la suite d'une dispute, ils reviennent subitement en France. En mars 1881, Verlaine achète une ferme à Juniville pour les parents de Lucien, près de Rethel, et s'y installe avec eux.
En été, il est à Arras avec Germain Nouveau. En automne, il suit partout Lucien qui fait son service militaire comme artilleur. En novembre, Sagesse paraît à compte d'auteur à la Société générale de Librairie catholique. La Revue du Monde catholique refuse de publier Voyage en France par un Français.

     En janvier 1882, le domaine de Juniville (dans le Rethelois) est revendu à perte et Verlaine retourne à Paris. Il a trente-huit ans, engage des démarches pour se faire réintégrer dans l'administration, renoue avec les milieux littéraires, publie en novembre Art poétique dans Paris moderne. Après enquête administrative qui remonte juqu'à l'affaire de Bruxelles et découvre l'expertise médico-légale de 1873 qui mentionne son homosexualité, il n'est pas réintégré dans l'administration. En avril 1883, Lucien Létinois meurt, à vingt-trois ans, d'une fièvre typhoïde. Le désespoir de Verlaine se traduira dans une série de vingt-cinq poèmes à la mémoire de son "fils adoptif", qui termine Amour. En juillet, Mme Verlaine mère achète pour les Létinois une propriété (Malval) à Coulommes, près de Rethel. Verlaine s'y installe avec elle en septembre et y mène une vie de débauche et d'ivrognerie.

      En mars 1884, publication chez Vanier du texte en prose Les Poètes maudits avec un chapitre sur l'Homme aux semelles de vent. Divers poèmes qui trouveront leur place dans Jadis et Naguère paraissent en revue. En avril, Mme Verlaine mère fait la donation à son fils du domaine de Malval.

      En janvier 1885, parution de Jadis et Naguère chez Vanier. Le 9 février, le jugement de divorce entre Mathilde et Verlaine est rendu, aux torts de ce dernier. Verlaine manque d'étrangler sa mère qui se réfugie chez des voisins. Le 8 mars, le domaine de Malval est revendu. Le 24 mars, Verlaine est condamné par le tribunal de Vouziers à un an de prison pour coups, blessures et menaces de mort envers sa mère. Il est libéré le 13 mai sur l'intervention de celle-ci. Il vagabonde jusqu'en juin, où il s'installe de nouveau à Paris, hôtel du Midi, avec sa mère. Il souffre d'hydarthrose du genou. A l'hôtel du Midi, il fait la connaissance de la prostituée Marie Gambier, trente ans, la première de ses trois dernières maîtresses importantes, la "Princesse Roukhine" de Parallèlement.

 

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MessagePosté le: Jeu 23 Juin - 15:10 (2011)    Sujet du message: Stéphane Mallarmé Répondre en citant

Stéphane Mallarmé 

     De son vrai nom Étienne Mallarmé, Stéphane Mallarmé naquit le 18 mars 1842, à Paris. Orphelin de mère, enfant sensible et solitaire, il fut placé dans diverses pensions, à Auteuil puis à Sens, où il passa des années malheureuses. Il était destiné par sa famille à entrer dans l’administration mais, passionné par Edgar Allan Poe, «!le poète las que la vie étiole!», il préféra se tourner vers l’enseignement de l’anglais, à Tournon, Besançon, Avignon et enfin à Paris à partir de 1871. L’essentiel de l’existence de Mallarmé réside en vérité dans son expérience poétique et spirituelle.

     Influencé par Théophile Gautier mais plus encore par Charles Baudelaire et par Edgar Poe, Mallarmé commença très jeune à écrire des poèmes dans l’ombre des parnassiens. Ceux qu’il envoya en 1866 au Parnasse contemporain furent tous acceptés!; parmi eux, «!l’Azur!» («!Je suis hanté. L’Azur!! l’Azur!! l’Azur!! l’Azur!!!») ou «!Brise marine!» sont devenus célèbres. Ces premiers poèmes, écrits entre 1862 et 1864, reprennent l’écriture et les motifs baudelairiens pour exprimer la douleur d’un idéal inaccessible. En 1866, l’œuvre connut un tournant («!je suis mort et ressuscité!»).

    Mallarmé collabora encore à diverses revues, publiant une traduction de Poe, «!le Corbeau!», dans la Renaissance artistique et littéraire (1874) et donnant divers essais, comme «!le Démon de l’analogie!», paru dans la Revue du monde nouveau (1874).

    C’est à partir de 1870 que sa poésie devint plus personnelle et plus hermétique!; les audaces lexicales et syntaxiques signent alors la «!disparition élocutoire du poète, qui cède l’initiative aux mots!» : citons «!Le vierge et le vivace et le bel aujourd’hui…!», «!Une dentelle s’abolit…!», et le sonnet en yx («!Ses purs ongles très haut dédiant leur onyx…!»).

    Mallarmé composa alors un de ses chefs-d’œuvre, Hérodiade, pièce poétique sur la difficulté d’être et sur l’absence se présentant comme un fragment de drame en vers. Mallarmé déclarait que son but était d’y «!peindre, non la chose, mais l’effet qu’elle produit!». La pièce fut publiée à l’état fragmentaire dans le deuxième Parnasse en 1871, mais ne fut jamais achevée.

    Son poème l’Après-midi d’un faune ayant été refusé par Lemerre en 1874, Mallarmé se consacra à des travaux littéraires plus «!aisés!», comme la rédaction d’une préface au conte Vathek de William Beckford (1876)!; il écrivit aussi, parmi d’autres «!tombeaux et hommages!», le Tombeau d’Edgar Poe (1877), un livre scolaire (les Mots anglais) et l’adaptation française d’un essai de mythologie de G. W. Cox, les Dieux antiques (1880). Ces deux derniers ouvrages gardent des traces des réflexions de Mallarmé sur le langage. L’Après-midi d’un faune fut finalement publié en 1876. En 1877, Mallarmé mit au point un recueil de ses poèmes, les Poésies de Stéphane Mallarmé (1887), puis son Album de vers et de prose (1887). L’année suivante, il fit paraître ses traductions des poèmes de Poe.

     Peu à peu, son œuvre poétique avait été reconnue, notamment grâce à Paul Verlaine et ses Poètes maudits (1883) et grâce à Joris-Karl Huysmans (avec À rebours, 1884), à qui en retour le poète rendit hommage avec Prose pour Des Esseintes en 1885. Mallarmé commença alors à être connu dans un milieu restreint et ses «!mardis!», au 89 de la rue de Rome, attirèrent bientôt, aux côtés des vieux symbolistes, une cour de jeunes écrivains : Gustave Kahn, Saint-Pol Roux, Henri de Régnier, Paul Claudel, Paul Valéry, André Gide et Pierre Louÿs.

     À sa retraite en 1893, Mallarmé s’installa dans sa maison de campagne à Valvins, près de la Seine, pour composer son Grand œuvre, le «!Livre!», mais il fut emporté prématurément, le 9 septembre 1898, alors qu’un poème qui condensait une grande partie de ses aspirations poétiques venait de paraître dans la revue Cosmopolis, «!Un coup de dés jamais n’abolira le hasard!» (1897).

     Ce poème se présente comme une vaste phrase dont la typographie complexe forme une constellation noire sur les pages blanches. Le Grand œuvre inachevé de Mallarmé resta donc simplement une «!étude en vue de mieux!» : «!Il n’y a pas d’héritage littéraire […] croyez que ce devait être très beau.!»

     Les articles réunis en 1897 (Crise de vers, la Musique et les Lettres, etc.) sous le titre de Divagations donnent une idée de la méditation de Mallarmé sur la crise de la littérature et la nécessité de lui restituer sa valeur sacrée.

     Une grande partie des textes de Mallarmé fut publiée après sa mort : une édition augmentée des Poésies de Stéphane Mallarmé parut en 1899, ses Vers de circonstance en 1920 et Igitur ou la Folie d’Elbehnon (conte fantastique et philosophique écrit entre 1867 et 1870) en 1925. Son abondante correspondance a également fait l’objet d’une édition entre 1959 et 1985. On a en outre réédité la Dernière Mode, un magazine féminin que le poète écrivit et publia.

     Stéphane Mallarmé avait perdu sa mère à l’âge de six ans, et vu mourir sa sœur Maria alors qu’il en avait treize : cette double mort et ce double amour enfantin expliquent selon certains l’irrésistible nostalgie des premiers poèmes.

      L’érotisme de sa poésie restait marqué par ces deux femmes absentes, donc idéalisées et inaccessibles : il évoqua d’une part les jeunes filles chastes, farouches, intangibles mais nues et désirables (c’est la chasteté d’une Hérodiade), et il peignit par ailleurs des amantes sous des traits maternels.

     Peu à peu, cependant, «!en creusant le vers!», Mallarmé se dégagea de cette sensualité originelle pour prendre une direction sans précédent. Son œuvre est en effet la première qui rompt toute attache avec l’expérience humaine pour devenir expérimentation sur la littérature. Mallarmé souhaite égarer son lecteur par le jeu des coupes, des inversions, des rejets, par la complexité de la construction et la rareté du vocabulaire (utilisé pour son sens étymologique plus que pour son sens actuel), cela afin de l’engager dans l’obscurité sacrée d’un poème qu’il ne peut éclairer qu’à condition de le reconstruire. Mallarmé souhaite faire du vers «!un mot total, neuf, étranger à la langue et comme incantatoire!» qui «!rémunère le défaut de la langue!».

     Car, pour ce poète, le mot poétique est l’absence de la chose : «!Je dis une fleur!! et, hors de l’oubli où ma voix relègue aucun contour, en tant que quelque chose d’autre que les calices sus, musicalement se lève, idée même et suave, l’absente de tous bouquets.!» L’enjeu de cette poésie est la création d’un Poème qui constituerait un absolu (Mallarmé propose ainsi, en quelque sorte, le versant poétique de l’idéalisme hégélien).

     L’œuvre inachevée de Mallarmé nous suggère aussi que l’échec de la littérature est peut-être une des conditions mêmes de l’expérience littéraire.

 

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MessagePosté le: Aujourd’hui à 09:50 (2016)    Sujet du message: Créateurs du symbolisme

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