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Le feminin pluriel

 
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zakaria
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MessagePosté le: Sam 18 Juin - 14:39 (2011)    Sujet du message: Le feminin pluriel Répondre en citant

Le féminin pluriel

  
Qu'elles soient trois, neuf ou cinquante, elles doivent leur nombre à la lune. L'Europe ancienne
n'avait pas de dieux. C'était bien avant les Grecs. Il y avait une Mère, immortelle, immuable et
toute-puissante, que les hommes révéraient. Cette mère s'appelait a" Triple Déesse Lune ". Elle
était triple parce que la lune a trois phases: nouvelle, pleine et vieille. Exactement comme la
femme a trois âges: la jeune fille, la femme mariée, la vieille femme. Exactement comme les
plantes ont trois saisons qui donnent les bourgeons, puis les fleurs et enfin les fruits, les beaux
fruits mûrs! Voilà d' où vient le caractère sacré du nombre trois. Et plus on le multipliait par lui
même, plus on le rendait divin. Dans cette très ancienne religion grecque, la lune est terriblement
importante, beaucoup plus importante que le soleil. Car le soleil perd de son intensité au fur et à
mesure que l'année décroît. La lune, non. On lui attribue d'immenses pouvoirs, comme de fournir
de l'eau aux cultures ou au contraire de provoquer la sécheresse. Elle est femme et multiple. Tous
ces féminins pluriels viennent d'elle.

Les Trois Charités

Voici Aglaé (la brillante), Thalie (la verdoyante) et Euphrosyne (la joie intérieure). Elles sont filles
de Zeus et d'Eurynomé, elle-même fille du Titan Océanos. Elles sont toujours ensemble, à danser
devant les dieux aux doux sons de la lyre d'Apollon. Mais elles ravissent aussi les hommes qui
quelquefois ont la chance de les apercevoir, comme une gracieuse nuée qui fait fleurir la vie. On
les appelle les " charités " parce que Charis veut dire " grâce ". Elles sont toutes les trois en une,
tellement que certains Grecs les appelaient d'un seul nom qui était une phrase en trois mots : " pasithea-
cale " : la déesse que tous les hommes trouvent belle.

Les Trois Érinyes

Elles s'appellent Alecto, Tisiphoné et Mégère. Elles sont monstrueuses, vengeresses et affreuses à
voir. Ce sont les déesses de l'épouvante et les filles du sang! Nées des gouttes de sang versé par
Ouranos sur la Terre-Mère, elles pourchassent les méchants de la terre, les meurtriers, les
parricides, ceux qui ne peuvent offenser que leur Mère. Elles les traînent jusqu'aux Enfers pour
qu'ils y subissent leur punition. Elles sont capables d'enflammer la haine dans les coeurs humains,
de déchaîner des guerres. L'une d'entre elles est devenue si célèbre qu'elle en est devenue
commune : Mégère... Un simple adjectif.   


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MessagePosté le: Sam 18 Juin - 14:39 (2011)    Sujet du message: Publicité

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MessagePosté le: Sam 18 Juin - 14:43 (2011)    Sujet du message: Le feminin pluriel Répondre en citant

Les Trois Moires

Clotho, Lachésis et Atropos. Elles distribuent aux hommes,
dès leur naissance, tout le malheur ou le bonheur que la vie
leur réserve. Clotho est la fileuse et sa quenouille déroule le
fil de la vie. Lachésis dispense le sort avec sa baguette et
assigne à chacun sa destinée. Et Atropos, l'inflexible, tranche
inexorablement, le jour venu, le fil de la vie de ses grands
ciseaux. Elles sont sans pitié et ne changent jamais d'avis.
Dans leur palais, la destinée est gravée sur le fer et l'airain, de
sorte que rien ne peut l'effacer.
Les Trois Hespérides
L'histoire d'Hespéria, Aeglé et Érythie est jolie. Filles d' Atlas, le Titan qui porte le ciel, et
d'Hespéros, l' étoile du soir, elles habitent en Extrême Occident, là où est le lit du soleil. (Pour les
Grecs, Hespérie, où commence le soir, était en Italie.) Elles vivent dans un jardin, le jardin
merveilleux qu'Héra a donné à Gé, la déesse Mère. Et dans ce jardin des " Hespérides ", il y a des
arbres couverts de " pommes d'or ". Certains prétendent que ce sont en réalité des oranges... Mais
c'étaient peut-être de vraies pommes d' or. Ce qui est sûr c' est que lorsque le soleil disparaît et
qu'Hespéros, l'étoile du soir, apparaît sur l'horizon, le ciel est alors vert, jaune et rouge, comme un
pommier chargé de pommes. Et le soleil, coupé par l'horizon, ressemble à une demi-pomme rouge.
Et quand on regarde une pomme coupée en deux, et que l'on regarde l'étoile à cinq branches, est ce
qu'on ne reconnaît pas l'étoile du soir ?
Les Trois Gorgones
Sthéno (là forte), Euryalé (celle qui erre par le monde) et Méduse (la rusée) ont des yeux
étincelants et exorbités, la langue pendante, des dents pointues et écartées. Derrière un masque
terrifiant luisent des regards de braise. Elles gardent le secret sur les Mystères divins, en écartant,
par leur redoutable apparence, les curieux qui voudraient percer ces Mystères. D'ailleurs, un seul
de leur terrible regard change les hommes en pierre... Les Gorgones sont tellement terrifiantes que
les boulangers grecs les peignaient sur les portes de leurs fours pour décourager les gens de
regarder à l'intérieur du four et d'abîmer le pain !

Les Trois Grées
Voici les soeurs aînées des Gorgones, trois vieilles femmes laides à faire peur,' aux cheveux gris, à
la peau grise, couvertes d'une loque grise. T out est gris chez elles. Les Grées habitent une sombre
région où même le ciel est gris. Un pays toujours entouré de crépuscule. Jamais un rayon de soleil
ne l'éclaire et la lune elle-même s'y montre rarement la nuit. Elles vivent là dans la grisaille, fanées
par le grand âge. Ce sont d'étranges créatures : un seul oeil pour trois. Elles s'en servent chacune à
leur tour! Et elles font la même chose avec leur unique dent ! Elles ont quand même chacune un
nom: Enyo, Péphrédo et Dino.

 


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zakaria
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MessagePosté le: Sam 18 Juin - 14:44 (2011)    Sujet du message: Le feminin pluriel Répondre en citant

Les Neuf Muses
Filles de Zeus et de Mnémosyne, les neuf Muses vivent
sur le mont Hélicon. Zeus, la toute puissance,
Mnémosyne, la Mémoire: les fruits en pouvaient-ils
être autres que les Muses, celles qui font sonner en
l'homme la corde divine ? Les Muses sont cette
mémoire-là : elles chantent et dansent, rappelant pour
l'éternité aux hommes qu'ils portent au plus profond
d'eux-mêmes, au plus secret, comme un trésor, la
poésie, la musique et tous les arts. Et surtout, les
moyens de les chanter tous...
Terpsichore! Muse de la Danse! Sans toi les hommes
ne sauraient pas qu'ils sont aussi des fleurs dansantes,
de sublimes étoiles de mer, une symphonie de nuages
en mouvement : des danseurs nés portes par toi.
Et toi, divine Calliope, immense Calliope, Muse de la
grande poésie, celle qui emporte, comme sur les
océans, la poésie épique! Erato secrète, qui se cache dans les plis de la timidité et dans ceux du
désir, Erato, Muse de la Poésie amoureuse, qui lance ton chant comme un cri ou le susurre comme
un murmure… Et toi, Euterpe, reine de la poésie lyrique et de la musique, divine Muse, sans toi
nos oreilles seraient comme des pierres !
Clio, tu es la mémoire des hommes, Muse de 1 'Histoire, qui garde précieusement pour nous le fil
du Temps... Uranie, brillante Muse, tu es l'Astronomie, par toi nous saurons peut-être le secret des
étoiles et de l'azur qui devient noir quand disparaît le soleil... Melpomène, tu fais pleurer les
grandes foules, ô Muse de la Tragédie; et toi, Thalie, tu inspires aux hommes la Comédie et tu les
fais rire !
Enfin, toi, Polymnie! Muse des chants religieux et du beau-parler, de la Rhétorique! Tu connais
des choses terribles et tu sais tirer de l'ombre opaque des Mystères et du noir des sanctuaires la
voix même des dieux !

Les Cinquante Danaïdes

Pauvres filles de Danaos! Condamnées à verser sans
trêve de l'eau dans un immense tonneau percé! Elles
ont beau être cinquante, elles n'arrivent pas à le
remplir... Cinquante à faire le même geste pour
l'éternité. Et qui devinerait à les voir si douces et
belles, qu'elles se trouvent aux Enfers pour avoir
commis le plus terrible des crimes ?
Danaos était roi de Lydie et il avait cinquante filles,
les Danaïdes. Son frère, Aegyptos, était roi d'Egypte
et il avait cinquante garçons. Jusqu'ici tout va bien.
Oui, mais les cousins voulaient épouser leurs
cousines et les cousines n'en voulaient absolument
pas. Danaos, qui aimait ses filles, leur a alors
construit un bateau, avec l'aide d'Athéna, pour
s'enfuir. Les voilà parties: elles cinglent vers la
Grèce, Danaos est avec elles. Ils abordent à Argos,
dans le Péloponnèse et Danaos devient roi d'Argos.
Mais les fils d'Aegyptos les ont pris en chasse.
Quelque temps plus tard, ils débarquent à leur tour,
réclament leurs cousines, mettent le siège devant la ville. Comprenant que bientôt, ils n'auront plus
rien à manger, Danaos fait mine de capituler. Il dit oui. Oui enfin au mariage détesté! Il donne une
de ses filles à chacun des garçons... mais aussi à chacune des filles, une longue épingle acérée. On
festoie, on boit, on chante. Et pendant la nuit, chacune des Danaïdes transperce le coeur de son
nouveau mari... Toutes sauf une, Hypermnestre, prise d'une violente pitié, qui s'enfuit avec son
mari Lyncée. Peut-être l'aimait-elle ?
Les Ménades
 


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MessagePosté le: Sam 18 Juin - 14:46 (2011)    Sujet du message: Le feminin pluriel Répondre en citant

Les Ménades

Les folles Ménades! Rendues folles par le vin ! Elles
sont ivres, c'est vrai, ivres à vie, ivres de vin, ivres
pour le meilleur et pour le pire, ivres pour leur
seigneur et maître, le grand Dionysos! Le dieu des
orgies et de l'ivresse, et du vin qui fait vivre et aimer
la vie. Ivres pour le meilleur et pour le pire et
souvent pour le pire. Echevelées, hagardes, elles se
précipitent le long des pentes, à travers les bois, sans
voir ce qu'elles piétinent de leurs pieds nus. Les
Ménades vont à travers les collines, délirantes, elles
crient et dévalent les montagnes en agitant leurs
thyrses, des verges emboutées de pommes de pin.
Elles chantent :
" Oh, combien sont doux les chants et les danses sur
la montagne, et la cQurse folle, Oh, combien il est
doux de tomber, épuisée sur a terre, après que la
chèvre sauvage a été pourchassée et rejointe. "
Quand elles sont prises de boisson, les Ménades
deviennent frénétiques, surexcitées. Elles
déchiquettent les veaux vivants, arrachent les membres du malheureux voyageur qui passe par là et
se repaissent de chair toute palpitante. Leur mois de prédilection, c'est octobre, le temps du raisin,
le temps des vendanges, le temps du lierre aussi qu'elles arrachent et dont une substance contribue
à les mettre dans un état de folie totale. Leurs visages sont pleins de tatouages pour mieux les
camoufler quand elles passent derrière les branchages des forêts.

Les Amazones

Voici une nation entière de femmes. Les Amazones sont les filles d' Arès et d'Harmonie. Curieuse
union: la guerre et la paix! Mais vraiment, les Amazones tiennent plus de leur père que de leur
mère... Femmes guerrières, tout le temps à cheval, elles sont vêtues de peaux de bêtes sauvages,
elles portent casque et carquois. Elles ont le sein droit coupé pour pouvoir mieux tirer à l'arc. Elles
sont plus femelles que des femmes et plus mâles que des hommes. Guerrières et séductrices,
dominatrices, sanguinaires, les Amazones échevelées martèlent les rivages de la Scythie, leur pays,
du galop effréné de leurs petits chevaux de bataille qu'elles montent à califourchon. Elles ne
veulent pas d'hommes ou alors uniquement pour leur faire des enfants: Des filles ! Elles tuent tous
les bébés garçons à la naissance.
 


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