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survivance et altération du classicisme

 
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Fouad
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MessagePosté le: Ven 17 Juin - 17:58 (2011)    Sujet du message: survivance et altération du classicisme Répondre en citant

     I.            Survivance et altération du classicisme


1 -Classicisme en poésie.





              Les critiques formulées à l’égard de la poésie par La Motte-Houdar et Fénelon auraient pu inciter les poètes à chercher de nouveaux modes d’expression. Mais ils n’en ont pas l’idée. Paralysés par le respect de la tradition, ils continuent d’employer un langage pseudo-poétique : termes nobles, inversions, périphrases, ornements mythologiques. Le 18ème siècle présente cette singularité d’être à le fois subjugué par le prestige de la poésie et incapable d’atteindre à la poésie véritable.      
              L’épopée est délaissée. On la juge très difficile. Il faut être audacieux comme le jeune Voltaire pour aborder ce genre ingrat. Sa Henriade, œuvre artificiellement conçue et laborieusement écrite, obtient un vif succès, il sent bien qu’il existe un problème du poème épique. Mais il n’en voit pas la portée et il le règle hâtivement en répétant le mot son ami Malézieu : « les Français n’ont la tête épique ».      
               Le lyrisme d’apparat n’a pas évolué depuis Malherbe. Il développe dans des strophes éloquentes, sonores, bien rythmées, des lieux communs de morale et des sujets de circonstance. Les titres sont par eux-mêmes suffisamment parlants : A la fortune, sur l’aveuglement des hommes du siècle (J.-B. Rousseau), Ode sur la mort de J.-B Rousseau (Le Franc de POMPIGNAN), Ode au vaisseau Le Vengeur (Ecouchard-Lebrun). Le public  s’accommode fort bien de ce lyrisme formel. Ecouchard-Lebrun reçoit le surnom aussi flatteur que peu justifié de Lebrun-Pindare. Plusieurs générations verront en lui le type même du poète inspiré. Chateaubriand l’admire. C’est à Lebrun et à J.-B Rousseau que plusieurs grands romantiques, Lamartine, Hugo emprunteront la structure de leurs odes.      
              La poésie légère à la façon de Marot et de Voiture a fait les délices du 18ème siècle. Jamais on ne s’est autant appliqué à dire spirituellement des riens, à enrober sous l’aimable propos quelque pensée galante. Tout homme de gout, toute femme un peu cultivée se mêlent d’écrire en vers. Cette vulgarisation de la poésie n’en élève pas le niveau. De vieux poètes libertins, survivants du 17ème siècle, Chaulieu, La Fare, donnent le ton à l’époque. Voltaire se proclame disciple de Chaulieu. Lui-même excellera comme poète léger. Si l’on veut un bon exemple de cette poésie facile, on lira les jolis Vers à la duchesse du Maine, où La Motte-Houdar réussit à dire d’un air innocent les choses les plus osées. 
      
                    Mais rien ne répond mieux aux tendances de ce siècle raisonneur que le discours en vers, variante de la satire et  de l’épitre telles que les concevait Boileau. Voltaire écrit des discours sur l’homme, un Poème sur la loi naturelle, qui seront admirés au point de servirent de modèles à Lamartine pour certaines de ses Méditations. Il arrive que le discours en vers s’étende jusqu’à devenir un poème en plusieurs chants. Louis Racine, second fils de Jean Racine est l’auteur de deux poèmes de cette sorte, fort édifiants : La Grace, La Religion. Dans la seconde moitié du siècle, les poèmes didactiques se multiplieront. Chénier lui-même verra dans cette poésie à prétention philosophique  la forme la plus haute de la littérature.    
 
 
      
2 – classicisme au théâtre.

               La tragédie garde tout son prestige. Une multitude d’auteur s’y essaient, mais la plus grande partie de leur production est médiocre. Selon le mot cruel de Victor Hugo, « sur le Racine mort le Campistron pullule ». Bien que l’imitation soit ici le principe essentiel, quelques innovations sont suggérées ou pratiquées. La Motte-Houdar rêve d’une tragédie affranchie des règles et l’abbé Trublet d’une tragédie en prose. Les tragédies de Crébillon (astrée et Thyeste, Rhadamiste et Zénobie) sont fondées sur l’horreur. Celles de Voltaire font place à la philosophie. La proportion des sujets pris dans l’histoire moderne plutôt que dans l’antiquité tend à s’accroitre. En voici quelques exemples : Inès de Castro (La Motte-Houdar), Gustave Vasa (Piron), Adélaïde Du Guesclin et Tancrède (Voltaire).   
 
               La comédie, tout en conservant la forme que lui a donnée le 18ème siècle, évolue de plus en plus vers l’étude des mœurs. La comédie de caractères est en effet peu susceptible de renouvellement. Et dans ce domaine comment ne pas redouter l’inévitable comparaison avec Molière ? ses successeurs préfèrent donc définir les types sociaux, entrer dans les détails circonstanciés de la vie, particulièrement de la vie bourgeoise. Suivant leur tempérament, ils insistent sur le comique (REGNARD, DUFRESNY). Sur la satire (DANCOURT, LE SAGE) ou sur la morale (DESTOUCHES, GRESSET). Parfois c’est surtout à l’intrigue qu’ils semblent donner leurs soins. Aussi distingue-t-on entre comédie d’intrigue (Le Légataire universel de Regnard) et comédie de mœurs (Turcaret de Le Sage). Mais en dehors de quelques cas extrêmes, la discrimination est difficile à établir : les deux éléments ne vont guère l’un sans l’autre et c’est seulement le dosage qui diffère.   
 
                 Un seul auteur comique a su, tout en restant classique par son gout de l’analyse, renouveler la tradition. C’est MARIVAUX. Ecrivains inimitable, plus proche de Racine que de Molière, il a transformé la comédie en un genre éminemment poétique. Il est sans conteste le plus grand dramaturge de son temps.  
 
            
3- classicisme dans le roman.  
 
                 C’est au 18ème siècle que commence la grande faveur du roman, peu à peu il va prendre la place que tenait antérieurement la tragédie. L’anglomanie, les gouts du public féminin contribuent à le mettre en faveur. D’autre part, les auteurs se sentent à leur aise dans ce genre pour lequel il n’existe pas de règles. Ils gardent cependant les yeux fixés sur leurs devanciers du siècle précédent et, comme eux, ils mêlent diversement, selon leur humeur, récit d’aventures, analyses des caractères, peinture sociale. 
 
                 La facilité d’invention est un de leurs traits dominants. Qu’ils s’appellent PREVOST, MARIVAUX ou LE SAGE, ils imaginent des aventures aux multiples rebondissements. La rigueur de la composition leur importe assez peu. La plupart de leur roman sont longs, diffus, encombrés de digressions, de récits secondaires qui s’intercalent dans le récit principal. Toutefois, si leur technique continue d’être celle des écrivains précieux, ils cèdent moins volontiers à l’extravagance romanesque. Et même, ils se contentent parfois de données assez simples. La forte simplicité qui se voit dans l’agencement de certaines grandes œuvres, Manon Lescaut, Paul et Virginie, est pour beaucoup dans leur succès. 
 
                 A mesure que le roman gagne en dignité littéraire, il accorde à l’analyse une place de plus en plus importante. Le 17ème siècle n’avait produit qu’un seul roman d’analyse, La Princesse de Clèves. Ce roman ne pouvait manquer d’avoir au 18ème siècle des imitateurs : Mme de Tencin par exemple, aussi bien dans les Mémoires du comte de Comminges que dans Les Malheurs de l’amour, est obsédée par ce modèle illustre. Mais cette forme d’analyse qu’aimait Mme de Lafayette et qui ne laissait rien d’inexpliqué, tend à faire place maintenant à une psychologie moins soucieuse de logique. Marivaux prête à ses personnages des sentiments ambigus. Plutôt que de les enfermer dans le cadre d’une définition donnée une fois pour toutes, il tache de les faire vivre devant nous, avec leurs incertitudes et leurs contradictions. Désormais dans les romans, on aura non plus des caractères tout d’une pièce, mais des êtres qui se cherchent, à la fois candides et perfides comme Manon, courageux et faibles comme Julie.  
 
                Quant à la peinture des mœurs, elle s’insinue partout, chez Marivaux, chez l’abbé Prévost, dans La Nouvelle Héloïse. Elle constitue l’élément essentiel des romans de Le Sage. Héritier des burlesques du 17ème siècle, mais influencé par l’exemple des Lettres Persanes, cet écrivains applique ses dons d’observation satirique à l’analyse des types sociaux. 
 
                Se développant dans des conditions de liberté extrême, le roman va prendre des aspects nouveaux : philosophique, sentimental, licencieux. Ces aspects, par lesquels il se différencie de la tradition classique, seront examinés plus loin.                     
 
 
 
 
 
 
 

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MessagePosté le: Ven 17 Juin - 17:58 (2011)    Sujet du message: Publicité

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