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Chapitre I. Pendant 500 ans la Gaule partage la vie de Rome

 
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zakaria
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MessagePosté le: Jeu 16 Juin - 14:44 (2011)    Sujet du message: Chapitre I. Pendant 500 ans la Gaule partage la vie de Rome Répondre en citant

Chapitre I
Pendant 500 ans la Gaule
partage la vie de Rome

Il y a probablement des centaines de siècles que l'Homme s'est répandu sur la terre. Audelà
de 2.500 ans, les origines de la France se perdent dans les conjectures et dans la nuit.
Une vaste période ténébreuse précède notre histoire. Déjà, sur le sol de notre pays, des
migrations et des conquêtes s'étaient succédé, jusqu'au moment où les Gaëls et Gaulois
devinrent les maîtres, chassant les occupants qu'ils avaient trouvés ou se mêlant à eux. Ces
occupants étaient les Ligures et les Ibères, bruns et de stature moyenne, qui constituent
encore le fond de la population française. La tradition des druides enseignait qu'une partie
des Gaulois était indigène, l'autre venue du Nord et d'outre-Rhin, car le Rhin a toujours paru
la limite des Gaules. Ainsi, la fusion des races a commencé dès les âges préhistoriques. Le
peuple français est un composé. C'est mieux qu'une race. C'est une nation.
Unique en Europe, la conformation de la France se prêtait à tous les échanges de
courants, ceux du sang, ceux des idées. La France est un isthme, une voie de grande
communication entre le Nord et le Midi. Il y avait, avant la conquête romaine, de
prodigieuses différences entre la colonie grecque de Marseille et les Cimbres d'entre Seine et Loire ou les Belges d'entre Meuse et Seine. D'autres éléments, au cours des siècles, se sont
ajoutés en grand nombre à ceux-là. Le mélange s'est formé peu à peu, ne laissant qu'une
heureuse diversité. De là viennent la richesse intellectuelle et morale de la France, son
équilibre, son génie.
On dit communément que, dans cette contrée fertile, sur ce territoire si bien dessiné, il
devait y avoir un grand peuple. On prend l'effet pour la cause. Nous sommes habitués à voir à
cet endroit de la carte un État dont l'unité et la solidité sont presque sans exemple. Cet État ne
s'est pas fait tout seul. Il ne s'est pas fait sans peine. Il s'est fait de, main d'homme. Plusieurs
fois, il s'est écroulé mais il a été rebâti. La combinaison France nous paraît naturelle. Il y a
eu, il aurait pu y avoir bien d'autres combinaisons.
Harmonieuse à l'oeil, la figure de notre pays est fort défectueuse à d'autres égards. Du côté
du Nord et de l'Est, la France a une mauvaise frontière terrestre qui l'expose aux invasions
d'un dangereux voisin. De plus, Flandres, Allemagne, Italie, Espagne, l'inquiètent, la
sollicitent, l'écartèlent presque. Si elle possède l'avantage unique de communiquer avec
toutes les mers européennes, elle a. en revanche, des frontières maritimes trop étendues,
difficiles à garder et qui exigent un effort considérable ou un choix pénible, l'Océan voulant
une flotte et la Méditerranée une autre. Si la France n'est pas dirigée par des hommes d'un
très grand bon sens, elle risque de négliger la mer pour la terre et inversement, ou bien elle se
laisse entraîner trop loin, ce qui lui arrivera à maintes reprises. Si elle n'a soin d'être forte sur
mer, elle est à la merci d'une puissance maritime qui met alors obstacle à ses autres desseins.
Si elle veut y être forte, la même puissance maritime prend ombrage de ses progrès et c'est un
nouveau genre de conflit. Près de mille ans d'une histoire qui n'est pas finie seront partagés
entre la mer et la terre, entre l'Angleterre et l'Allemagne. Ainsi l'histoire de la France, c'est
celle de l'élaboration et de la conservation de notre pays à travers des accidents, des
difficultés, des orages, venus de l'intérieur comme de l'extérieur, qui ont failli vingt fois
renverser la maison et après lesquels il a fallu la reconstruire. La France est une oeuvre de
l'intelligence et de la volonté.
À qui devons-nous notre civilisation? À quoi devons-nous d'être ce que nous sommes? À
la conquête des Romains. Et cette conquête, elle eût échoué, elle se fût faite plus tard, dans
des conditions différentes, peut-être moins bonnes, si les Gaulois n'avaient été divisés entre
eux et perdus par leur anarchie. Les campagnes de César furent grandement facilitées par les
jalousies et les rivalités des tribus. Et ces tribus étaient nombreuses : plus tard,
l'administration d'Auguste ne reconnut pas moins de soixante nations ou cités. À aucun
moment, même sous le noble Vercingétorix, la Gaule ne parvint à présenter un front vraiment
uni, mais seulement des coalitions. Rome trouva toujours, par exemple chez les Rèmes (de
Reims) et chez les Eduens de la Saône, des sympathies ou des intelligences. La guerre civile,
le grand vice gaulois, livra le pays aux Romains. Un gouvernement informe, instable, une
organisation politique primitive, balancée entre la démocratie et l'oligarchie : ainsi furent
rendus vains les efforts de la Gaule pour défendre son indépendance.
Les Français n'ont jamais renié l'alouette gauloise et le soulèvement national dont
Vercingétorix fut l'âme nous donne encore de la fierté. Les Gaulois avaient le tempérament militaire. Jadis, leurs expéditions et leurs migrations les avaient conduits à travers l'Europe,
jusqu'en Asie Mineure. Ils avaient fait trembler Rome, où ils étaient entrés en vainqueurs.
Sans vertus militaires, un peuple ne subsiste pas; elles ne suffisent pas à le faire subsister. Les
Gaulois ont transmis ces vertus à leurs successeurs. L'héroïsme de Vercingétorix et de ses
alliés n'a pas été perdu : il a été comme une semence. Mais il était impossible que
Vercingétorix triomphât et c'eût été un malheur s'il avait triomphé.
Au moment où le chef gaulois fut mis à mort après le triomphe de César (51 avant l'ère
chrétienne), aucune comparaison n'était possible entre la civilisation romaine et cette pauvre
civilisation gauloise, qui ne connaissait même pas l'écriture, dont la religion était restée aux
sacrifices humains. À cette conquête, nous devons presque tout. Elle fut rude : César avait été
cruel, impitoyable. La civilisation a été imposée à nos ancêtres par le fer et par le feu et elle a
été payée par beaucoup de sang. Elle nous a été apportée par la violence. Si nous sommes
devenus des civilisés supérieurs, si nous avons eu, sur les autres peuples, une avance
considérable, c'est à la force que nous le devons.
Les Gaulois ne devaient pas tarder à reconnaître que cette force avait été bienfaisante. Ils
avaient le don de l'assimilation, une aptitude naturelle à recevoir la civilisation gréco-latine
qui, par Marseille et le Narbonnais, avait commencé à les pénétrer. Jamais colonisation n'a
été plus heureuse, n'a porté plus de beaux fruits, que celle des Romains en Gaule. D'autres
colonisateurs ont détruit les peuples conquis. Ou bien les vaincus, repliés sur eux-mêmes, ont
vécu à l'écart des vainqueurs. Cent ans après César, la fusion était presque accomplie et des
Gaulois entraient au Sénat romain.
Jusqu'en 472, jusqu'à la chute de l'Empire d'Occident, la vie de la Gaule s'est confondue
avec celle de Rome. Nous ne sommes pas assez habitués à penser que le quart de notre
histoire, depuis le commencement de l'ère chrétienne, s'est écoulé dans cette communauté :
quatre à cinq siècles, une période de temps à peu près aussi longue que de Louis XII à nos
jours et chargée d'autant d'événements et de révolutions. Le détail, si l'on s'y arrêtait, ferait
bâiller. Et pourtant, que distingue-t-on à travers les grandes lignes? Les traits permanents de
la France qui commencent à se former.
Il est probable que, sans les Romains, la Gaule eût été germanisée. Il y avait, au-delà du
Rhin, comme un inépuisable réservoir d'hommes. Des bandes s'en écoulaient par intervalles,
poussées par le besoin, par la soif du pillage ou par d'autres migrations. Après avoir été des
envahisseurs, les Gaulois furent à leur tour envahis. Livrés à eux-mêmes, eussent-ils résisté?
C'est douteux. Déjà, en 102 avant Jésus-Christ, il avait fallu les légions de Marius pour
affranchir la Gaule des Teutons descendus jusqu'au Rhône. Contre ceux qu'on appelait les
Barbares, un immense service était rendu aux Gaulois : il aida puissamment la pénétration
romaine. L'occasion de la première campagne de César, en 58, avait été une invasion
germanique. César s'était présenté comme un protecteur. Sa conquête avait commencé par ce
que nous appellerions une intervention armée.
Dès que la conquête fut achevée, Rome se trouva associée aux Gaulois pour repousser les
Germains. Avec l'attrait de la civilisation gréco-latine, rien n'a autant servi à former l'amitié gallo-romaine. En somme, on fut deux pour défendre le bien commun. C'est le sens du
célèbre discours aux Gaulois que Tacite prête à Cérialis après sa victoire sur les Bataves :
« Nous ne nous sommes pas établis sur le Rhin pour défendre l'Italie, mais pour empêcher un
nouvel Arioviste de conquérir les Gaules... Les Germains ont toujours une même raison qui
les pousse sur votre territoire : l'inquiétude, l'avidité, la passion du changement, passion
naturelle quand, au lieu de leurs marais et de leurs déserts, ils espèrent posséder un sol d'une
fertilité extrême et devenir vos maîtres. »
La politique romaine était si clairvoyante, l'Empire romain se rendait si bien compte du
rôle qu'il jouait dans le monde que Tacite prêtait encore ces paroles au général Cérialis :
« Supposez que les Romains soient chassés de leurs conquêtes : qu'en peut-il résulter, sinon
une mêlée générale de tous les peuples de la terre? »
Ce jour devait venir. L'Empire romain tomberait. La digue serait rompue, la prophétie
réalisée. Cette catastrophe, qui a laissé si longtemps aux Européens le regret de la paix
romaine, nous enseigne que le progrès n'est ni fatal ni continu. Elle nous enseigne encore la
fragilité de la civilisation, exposée à subir de longues éclipses ou même à périr lorsqu'elle
perd son assise matérielle, l'ordre, l'autorité, les institutions politiques sur lesquelles elle est
établie.
Jusqu'au siècle terrible, où les Barbares submergèrent tout, la Gaule, de concert avec
Rome, avait dû refouler de nombreuses invasions : annonce des luttes que la France de
l'avenir aurait à soutenir contre l'Allemagne. En 275, l'empereur Probus repousse et châtie
durement les Germains qui s'étaient avancés fort loin en Gaule et qui, en se retirant, avaient
laissé derrière eux des ruines et un désert. Dans leur retraite, ils avaient même, comme en
1918, coupé les arbres fruitiers. Quatre-vingts ans plus tard, Julien, celui qui aimait tant le
séjour de Paris, est assiégé par les Allemands jusque dans la ville de Sens, puis les chasse audelà
du Rhin et leur impose un tribut pour la « réparation » (c'est déjà la chose et le mot) des
destructions auxquelles ils s'étaient encore livrés.
À mesure que l'Empire s'affaiblissait, se consumait dans l'anarchie, ces invasions
devenaient plus fréquentes et le nombre des Barbares qui se pressaient aux portes semblait
croître. Il en surgissait toujours de nouvelles espèces, heureusement rivales : ainsi la Gaule
fut nettoyée des Vandales, par les Goths. Pourtant, au Ve siècle, la collaboration de la Gaule
et de Rome s'exprima encore d'une manière mémorable par Aétius, vainqueur d'Attila, aux
Champs Catalauniques. Le roi des Huns, le « fléau de Dieu » était à la tête d'un empire qu'on
a pu comparer à celui des Mongols. Lui-même ressemblait à Gengis-Khan et à Tamerlan. Il
commandait à des peuplades jusqu'alors inconnues. Aétius le battit près de Châlons avec
l'aide des Wisigoths et des Francs, et cette victoire est restée dans la mémoire des peuples
(451).
C'est la première fois que nous nommons les Francs destinés à jouer un si grand rôle dans
notre pays et à lui donner leur nom. Il y avait pourtant de longues années qu'ils étaient établis
le long de la Meuse et du Rhin et que, comme d'autres Barbares, ils servaient à titre d'auxiliaires dans les armées romaines. C'étaient des Rhénans et l'une de leurs tribus était
appelée celle des Ripuaires parce qu'elle habitait la rive gauche du Rhin (Cologne, Trèves).
Pourquoi une aussi grande fortune était-elle réservée aux Francs? Connus de Rome dès le
premier siècle, ils lui avaient donné, non seulement des soldats, mais, peu à peu, des
généraux, un consul, et même une impératrice. Ce n'était pourtant pas ce qui les distinguait
des autres barbares que Rome avait entrepris d'attirer, d'assimiler et d'utiliser contre les Allemands
d'outre-Rhin. Les Francs étaient même, d'une manière générale, en retard sur les
peuples d'origine germanique installés comme eux dans les limites naturelles de la Gaule.
Les Goths et les Burgondes admis à titre d' « hôtes » depuis longtemps étaient plus avancés et
plus dégrossis. Cette circonstance devait tourner à leur détriment.
Au moment où l'Empire d'Occident disparut, les Francs, établis dans les pays rhénans et
belges, étaient encore de rudes guerriers que rien n'avait amolli. Ils étaient soldats et leur
gouvernement était militaire. Clodion, Pharamond, Mérovée, n'étaient que des chefs de
tribus, mais des chefs. Voilà pourquoi la tradition qui fait remonter à ces roitelets la
fondation de la monarchie française n'est pas absurde, bien que, dans la réalité, les rois
francs, avant Clovis, aient compté, pour les Gallo-Romains, beaucoup moins que les chefs
des Goths, Alaric et Ataulphe, ou Gondioc le Burgonde, père du fameux Gondebaud.
Voilà ces Francs, peu nombreux mais ardents à la guerre, et qui se tiennent sur les points
d'où l'on domine la France, ceux qui commandent les routes d'invasion et par où l'on va au
coeur, c'est-à-dire à Paris. Ils étaient les mieux placés. Une autre circonstance leur fut peutêtre
encore plus favorable : les Francs n'étaient pas chrétiens. Cette raison de leur succès
semble surprenante d'abord. On va voir, par quel enchaînement naturel elle devait les servir.
De bonne heure, la Gaule était devenue chrétienne et elle avait eu ses martyrs. L'Église de
Lyon, illustrée par le supplice de Pothin et de Blandine, fut le centre de la propagande. De
bonne heure, ce christianisme gallo-romain eut pour caractère d'être attaché à l'orthodoxie.
Dès qu'elle avait commencé à se répandre, la religion chrétienne avait connu les hérétiques,
Nulle part les dissidents ne furent combattus avec autant d'ardeur qu'en Gaule. Saint Irénée
avait pris la défense du dogme contre les gnostiques. Saint Hilaire lutte contre une hérésie
plus grave et qui faillit l'emporter : l'arianisme. Les Barbares déjà établis en Gaule, s'étant
convertis, étaient tout de suite devenus ariens. Lorsque les Francs parurent à leur tour, il y
avait une place à prendre. La Gaule elle-même les appelait. Et l'Église comprit que ces
nouveaux venus, ces païens, rivaux naturels des Burgondes et des Goths, pouvaient être
attirés dans la vraie croyance. Ce fut le secret de la réussite de Clovis et c'est une des raisons
pour lesquelles on ne peut pas dire qu'il y ait eu de conquête franque.
Depuis longtemps déjà l'Empire romain agonisait. En mourant, il laissait une confusion
épouvantable. Plus d'autorité. Elle tomba naturellement entre les mains de ceux qui
possédaient l'ascendant moral : les évêques. On se groupa autour de ces « défenseurs des
cités ». Mais l'Église savait bien que sa mission n'était pas d'exercer le pouvoir. Chez elle
vivait une tradition, la distinction du temporel et du spirituel, et aussi une admiration, celle de
l'ordre romain. Rétablir une autorité chez les Gaules, obtenir que cette autorité fût chrétienne et orthodoxe, telles furent l'idée et l'oeuvre du clergé. Deux hommes d'une grande
intelligence, le roi Clovis et l'archevêque de Reims, saint Remi, se rencontrèrent pour cette
politique. Mais on aurait peine à en comprendre le succès si l'on ne se représentait l'angoisse,
la terreur de l'avenir qui s'étaient emparées des populations gallo-romaines depuis que
manquait Rome et sa puissante protection.
Ce pays fertile, industrieux, couvert de riches monuments, où une classe moyenne tendait
toujours à se reconstituer comme un produit du sol après chaque tempête, était d'instinct
conservateur. Il avait horreur de l'anarchie. Les communistes du temps, les Bagaudes, dont
les tentatives révolutionnaires avaient toujours été vaincues, n'étaient pas moins redoutés que
les Barbares du dehors. La Gaule romaine désirait un pouvoir vigoureux. C'est dans ces
conditions que Clovis apparut.
À peine Clovis eut-il succédé à son père Childéric qu'il mit ses guerriers en marche de
Tournai, sa résidence, vers le centre du pays. Il entreprenait de dominer les Gaules. À
Soissons, gouvernait le « patrice » Syagrius, pâle reflet de l'empire effondré. Saint Remi vit
que le salut n'était pas là. Quelle autre force y avait-il que le Barbare du Nord? Qu'eût-on
gagné à lui résister? Clovis eût tout brisé, laissé d'autres ruines, apporté une autre anarchie. Il
y avait mieux à faire : accueillir ce conquérant, l'aider, l'entourer pour le mettre dans la bonne
voie. De toute évidence, c'était l'inévitable. Il s'agissait d'en tirer le meilleur parti pour le
présent et pour l'avenir.
Clovis, de son côté, avait certainement réfléchi et mûri ses desseins. Il était renseigné sur
l'état moral de la Gaule. Il avait compris la situation. Ce Barbare avait le goût du grand et son
entreprise n'avait de chances de réussir, de durer et de se développer que s'il respectait le
catholicisme, si profondément entré dans la vie gallo-romaine. L'anecdote fameuse du vase
de Soissons prouve à quel point il voyait juste. L'exécution sommaire d'un soldat sacrilège fit
plus que tout pour le triomphe de Clovis. On reconnaît le grand homme d'État à ces audaces
qui créent des images immortelles.
Il fallait encore que Clovis se convertît. Sa conversion fut admirablement amenée. Ce
Barbare savait tout : il recommença la conversion de l'empereur Constantin sur le champ de
bataille. Seulement lorsque, à Tolbiac (496), il fit voeu de recevoir le baptême s'il était
vainqueur, l'ennemi était l'Allemand. Non seulement Clovis était devenu chrétien, mais il
avait chassé au-delà du Rhin l'ennemi héréditaire. Dès lors, il était irrésistible pour la Gaule
romanisée.
On peut dire que la France commence à ce moment-là. Elle a déjà ses traits principaux.
Sa civilisation est assez forte pour supporter le nouvel afflux des Francs, pour laisser à ces
Barbares le pouvoir matériel. Et elle a besoin de la force franque. Les hommes, elle les
assimilera, elle les polira. Comme sa civilisation, sa religion est romaine, et la religion est
sauvée : désormais le fonds de la France religieuse, à travers les siècles, sera le catholicisme
orthodoxe. Enfin, l'anarchie est évitée, le pouvoir, tout grossier qu'il est, est recréé en
attendant qu'il passe en de meilleures mains, et ce pouvoir sera monarchique. Il tendra à réaliser l'unité de l'État, l'idée romaine aussi. Rien de tout cela ne sera perdu. À travers les
tribulations des âges, ces caractères se retrouveront.
Cependant il s'en fallait encore de beaucoup que la France fût fondée et sûre de ses
destins. La monarchie franque n'avait été qu'un pis aller dans la pensée des hommes d'Église
qui l'avaient accueillie. Malgré ses imperfections, elle va servir, pendant près de trois cents
ans, à préserver les Gaules de la ruine totale dont les avait menacées la chute de l'Empire
romain.

  
  


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MessagePosté le: Jeu 16 Juin - 14:44 (2011)    Sujet du message: Publicité

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MessagePosté le: Jeu 16 Juin - 19:54 (2011)    Sujet du message: Chapitre I. Pendant 500 ans la Gaule partage la vie de Rome Répondre en citant

Vers l'avant, c'est trés bien fréro!!!
_________________
toujours!!!


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MessagePosté le: Aujourd’hui à 03:56 (2016)    Sujet du message: Chapitre I. Pendant 500 ans la Gaule partage la vie de Rome

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